Category: Ergothérapeute

Concours d’ergothérapie (IFE) : écoles, épreuves de biologie et de français, annales et corrigés.

  • Concours d’ergothérapie de Créteil ; session 2004. Epreuve de contraction de texte. Résumé de texte.

       

       

    Concours d’entrée en école d’Ergothérapeute de Créteil ; session 2004

    Epreuve de contraction de texte

    Résumez ce texte en 100 mots (+ ou – 10%). Indiquez à la fin de votre résumé le nombre de mots employés.

    Durée : 1 heure

    L’extraordinaire pouvoir des techniques en biologie moléculaire a donné à l’homme une possibilité d’intervenir sur son propre patrimoine génétique, presque une maîtrise de la vie. Pour la première fois peut-être, il se pose aux chercheurs deux angoissantes questions : jusqu’où leurs recherches doivent-elles être pousuivies, et surtout comment leurs résultats doivent-ils être appliqués ? A la première, il faut sans hésitation répondre qu’il n’y a pas de limite à la connaissance, qui est la fierté et l’ honneur de l’espèce humaine, seul être sachant comprendre et intervenir sur son environnement. Les recherches ne doivent en aucun cas être arrêtés ou mêmes ralenties. Elles doivent se poursuivre à la seule condition que les études faites sur l’homme lui-même respectent sa dignité. Où en serait-on si on avait arrêté les progrès sur la métallurgie, par exemple, sous prétexte que l’on pouvait forger un couteau…mais malheureusement aussi des poignards.

    A la deuxième question, en revanche, qui concerne l’usage des nouvelles connaissances, la réponse est théoriquement catégorique, mais soulève néanmoins de graves problèmes. Catégorique en effet, car les nouvelles connaissances ne doivent être appliquées qu’au bénéfice de l’humanité et ne pas être dévoyées et mises au service d’intérêt d’individus ou de collectivités ne respectant pas les droits de l’homme. Dans le cas de la génétique humaine, un mauvais usage des nouvelles techniques pourrait entraîner des dérives fâcheuses.

    Mais, avant de parler des inquiétudes, il est nécessaire de souligner les immenses bénéfices que peuvent en retirer les hommes. Si les chercheurs du monde entier, s’empressent à l’heure actuelle de localiser sur les chromosomes, d’isoler et ensuite de déterminer la fonction des gènes sur notre espèce, c’est bien évidemment en pensant aux millions de malades.

       

       

    Il y a un énorme travail à accomplir pour protéger des populations entières d’infections parasitaires ou virales. Les gènes de résistance à ces infections commencent à être répertoriés. Par ailleurs, les grandes tueuses, comme les maladies cardiovasculaires ou le diabète, et surtout les cancers, restent encore sans thérapeutique curative. Connaissant les fonctions des gènes responsables, on doit pouvoir court-circuiter la maladie, voire l’éviter. il sera alors possible de l’anticiper, et donc de mettre en place les moyens de la prévenir. C’est tout le concept de la future “médecine prédictive” qui ne prédit pas la certitude de la maladie, mais seulement une certaine probabilité de son apparition. Il s’agit de mettre en garde un individu contre un risque potentiel qu’il court de développer une certaine maladie plus facilement qu’un autre individu.

    Mais, il y a, comme dans toute activité humaine, un côté négatif. Un tel avertissement peut entraîner une angoisse inutile, peut déteriorer l’image que chacun se fait de lui-même, et, sur le plan social, peut conduire à une discrimination avec des conséquences parfois graves sur l’emploi ou sur les contrats d’assurances. Des dispositions légales peuvent minimiser largement ces craintes en limitant l’usage de ces tehniques à des cas bien définis et en interdisant la divulgation de leurs résultats. Un grand débat est en cours sur ce sujet. Des solutions seront trouvées. Plus grave est la possibilité technique de modifier le patrimoine génétique d’une cellule humaine, soit par l’interdiction d’un gène étranger, soit par modification d’un gène déjà présent dans la cellule.

    Ainsi, l’homme a désormais la possibilité de corriger un défaut génétique qui entraîne des troubles parfois très sévères. Mais, ici, il faut faire une distinction formelle entre la thérapie génique appliquée à des cellules du corps d’un malade – la thérapie somatique (du grec soma, corps) – et la prétendue thérapie germinale, qui s’adresserait aux cellules reproductrices (spermatozoïdes ou ovules ou tout jeune embryon ) . Dans le premier cas, l’opération peut être assimilée à une simple greffe. elle ne concerne que le malade, et non sa descendance, alors que dans le second cas, la modification serait transmise de génération en génération. On en comprend facilement la gravité puisqu’il ne s’agirait rien de moins que de modifier le patrimoine génétique d’un individu et, pourquoi pas, de multiples individus. Dans l’état actuel de nos connaissances, la thérapie germinale ne doit même pas être envisagée. D’ailleurs, la quasi-totalité de la communauté scientifique est formelle à ce sujet. Toutefois, on ne peut exclure qu’à l’avenir une application utile à l’homme, pouvant soulager ses souffrances, puisse être trouvée. Mais ouvrir actuellement une telle possibilité à des intérêts individuels ou à des idéologies totalitaires serait criminel. Il en va de même du clonage des embryons humains qui permettrait de reproduire en nombre un embryon sélectionné pour tel ou tel caractère.

    Bien d’autres problèmes se posent, mais pas tant aux chercheurs qu’à la société. En particulier la possibilité de breveter la séquence de gènes humains. C’est-à-dire leur composition chimique exacte. Là encore, le principe est simple, l’application plus délicate. le patrimoine génétique de l’homme – comme tout son corps, ses organes et ses tissus – est sans prix, et ne peut être source de profit. En revanche, l’usage bénéfique de connaissances sur la fonction d’un gène peut être breveté.

    On voit que la responsabilité du chercheur en génétique est partagée entre lui-même et la société.En fait, le chercheur doit, en même temps mais indépendamment , jouer son rôle dans la société. Ce rôle est essentiel . Il est celui d’éclairer pleinement et clairement aussi bien le grand public que les décideurs des conséquences – bénéfiques ou éventuellement néfastes- de ses découvertes. C’est en effet par l’intermédiaire de l’opinion publique éclairée que les autorités, les industriels ou les administratifs, peuvent prendre, en connaissance de cause, leur décision. Le Mouvement universel de la responsabilité scientifique a pour mission première d’établir ce dialogue. Les décisions peuvent être différentes d’une culture à l’autre. Il serait cependant essentiel que des principes universels soient adoptés et appliqués.

    C’est sans doute le rôle de l’Unesco d’y tendre et, espérons-le, d’y parvenir.

    Jean DAUSSET ; extrait de “Manière de voir” ; Le Monde Diplomatique ; mars-avril 1998

      

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  • Concours d’ergothérapie de Paris; session 2009. Epreuve de contraction de texte français

       

       

    Concours Ergothérapeute Paris ; session 2009

    Epreuve de contraction de texte

    Résumez ce texte en 120 mots (+ ou – 5 %). Vous indiquerez à la fin de votre résumé le nombre de mots employés.

    Durée: 1 heure

    Chaque fois que je passe devant l’hôtel des Invalides – et c’est souvent puisque j’ habite tout à côté -, je me demade de quelle façon il aurait été conçu et construit si, en son temps, le mot “invalides” avait été implicitement proscrit du vocabulaire officiel. Sans aller jusqu’à rechercher de mystérieuses correspondances dans l’architecture et les pudeurs de la morale sociale, on peut penser que les remarquables acrobaties linguistiques auxquelles nous nous livrons par respect humain ne sont pas dépourvues de liens avec nos techniques et ce qui nous tient lieu de style. Quoi qu’il en soit de notre peur des mots et des barbarismes qu’elle ne cesse d’inventer, le fait est que pour nous il n’y a plus ni pauvres, ni vieillards, ni primitifs, ni estropiés ; nous ne voulons connaître que des “économiquement faibles”, des personnes du “énième âge”, des pays “en voie de développement” et des handicapés ce qui contribue sûrement à apaiser un peu la mauvaise conscience collective, bien que les intéressés eux-mêmes n’en soient guère soulagés. Faute de pouvoir nettoyer le monde de ses hontes bien réelles, nous évacuons du moins de notre vocabulaire les idiots, déshérités, misérables et miséreux, bonnes à tout faire et bons à rien qui, hier encore, y exhibaient les plaies de l’inférieur, du faible, du taré (jusqu’à présent les malades et les morts ont l’air de résister, il est vrai qu’il n’est pas si facile de s’en débarasser) . En somme, poussés par notre délicatesse, nous travaillons à étouffer le scandale d’être en condamnant les mots qui le disent trop clairement, à s’effacer devant des mots décents mais cette substitution ne traduit pas seulement les bonnes et les mauvaises raisons couvertes par le respect humain, elle force aussi à constater que le mot, investi magiquement du même pouvoir que son contenu, reste pour nous l’objet d’un culte superstitieux : nous le croyons toujours capable de déchaîner, ou, s’il est invoqué spécialement à cet effet, de conjurer les forces actives dont il est le signe indifférent. Contrairement à la leçon des linguistes, que nous ne songeons d’ailleurs pas à discuter, nous sommes toujours convaincus intimement que le mot “chien” mord et qu’il peut même devenir enragé. Parler de “pauvres” expose donc à un double danger : c’est invoquer inprudemment les puissances liées à l’argent, contre lesquelles le démuni pourrait fort bien se dresser ; mais c’est aussi attaquer le “riche” en lui lançant à la tête le symbole explosif de sa situation privilégiée – de là “économiquement faible”, un composé lui-même trop faible et , trop mou pour qu’il y ait lieu de le redouter.

    Cela dit, nous n’avons peut-être pas tellement tort de nous en tenir aux lois de cette magie primitive, en dépit de la logique et de remontrances de la théorie. S’ils sont mieux faits pour masquer les réalités gênantes que pour aider à les supprimer, nos euphémismes disgracieux ont cependant le mérite d’épargner aux défavorisés le surcroît d’humiliation que leur valait leur nom. Ne serait-ce qu’en cela ils représentent bien plus que des voeux pieux, car ils n’abolissent pas le passé rien qu’en le déclarant périmé, ils montrent du moins la direction que la vie veut prendre pour changer. Aussi, bien que leur rôle dans l’évolution des moeurs et des idées soit difficile, voire impossible à apprécier, la morale sociale y gagnera peut-être à la longue de ce que le langage de l’esthétique y ont déjà perdu (l’opération, qui ne se fait que grâce à eux, ne peut réussir qu’à leur dépens ) . Mais qui maintenant mettra ce “peut-être” et ce “sûrement” en balance ? Aucune “employée de maison” ne fournira jamais de servante Félicité à la littérature, de cela au mois nous pouvons être surs, mais qu’importe après tout si l’euphémisme par quoi la condition servile est implicitement réprouvée doit passer dans les faits ? La perte des coeurs simples à venir peut bien laisser inconsolables ceux-là mêmes que la servilité révolte sincèrement, elle est en effet irréparable dans son domaine exclusif – et parfaitement insignifiante au regard de la vie, cela va de soi, puisque si haut que nous l’estimions, elle n’ a de prise que sur les grands livres de la littérature, où les comptes des vivants ne sont jamais portés.

    Marthe ROBERT ;La peur des mots ; 1977

       

       

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  • Annales Ergothérapie Ile-de-France 2007 Sujet de français Epreuve de contraction de texte

       

       

    Annales Ergothérapie : Ile-de-France 2007

    Epreuve de contraction de texte

    Résumez le texte ci-dessous en 120 mots. Une marge de 5% en plus ou en moins est admise. Le nombre total de mots devra figurer en fin de copie. Il est précisé qu’un mot monosyllabique (à, de, le, un, etc. ), un mot élidé (s’, l’, d’, etc.), un nombre, comptent chaque fois pour un mot.

    Certains hommes croient en un dieu. D’autres en plusieurs. D’autres se tiennent pour agnostiques et refusent de se prononcer. D’autres enfin sont athées. Tous ont à vivre ensemble. Et cette vie commune, depuis la première Déclaration des droits de l’homme, doit assurer à tous la liberté de conscience et l’égalité de droits. La liberté de conscience exclut toute contrainte religieuse ou idéologique. L’égalité de droits est incompatible avec la valorisation privilégiée d’une croyance, ou de l’athéisme. La puissance publique, chose commune à tous comme dit si bien le latin res publica , sera donc neutre sur le plan confessionnel : neuter en latin signifie exactement « ni l’un ni l’autre ». Cette neutralité confessionnelle est à la fois garantie d’impartialité et condition pour que chacun, quelle que soit sa conviction spirituelle (humanisme athée ou humanisme religieux par exemple) puisse se reconnaître en cette république, ou Cité, dont tous les membres se retrouvent ainsi sur le même plan d’égalité. Mais si la liberté de conscience exclut tout credo obligé ou interdit, elle en se définit ainsi que de façon négative. Sa définition positive assume les problématiques de l’autonomie intellectuelle et morale, telle qu’entendent la promouvoir l’instruction publique, mais aussi une politique propre à assurer à tous les conditions existentielles d’un accomplissement de soi suffisant. Quant à l’égalité de droits, elle relève aujourd’hui de ces deux soucis. L’émancipation laïque ne se réduit donc pas à un dispositif minimal, ni à la simple abstention de l’Etat Elle appelle plutôt une juste mesure de ses champs d’intervention.

    Une telle esquisse du principe de laïcité prend la forme d’une évidence : ce qui n’est que de certains ne peut s’imposer à tous, et les références communes doivent être affranchies de toute tutelle qui consacreraient un privilège. Pour être pleinement acceptée et affirmée, une telle évidence requiert cependant deux conditions simultanées, dont la réalisation explicite le caractère positif de la laïcité. D’une part, que la puissance publique soit dévolue à tous et mette ainsi en avant ce qui unit tous les hommes. Principe d’universalité, dont l’enjeu se mesure au regard des dérives différentialistes et communautaristes dont le monde offre l’inquiétant spectacle. D’autre part, que chacun apprenne à vivre le type de conviction qui lui tient à coeur de façon suffisamment distanciée pour exclure fanatisme et intolérance. Principe de distance intérieure qui sous-tend la tolérance civile, et rend possible le débat dans l’espace public. Celui-ci se prête d’autant mieux à une telle fonction qu’il est davantage affranchi de toute tutelle des groupes de pression. Ainsi comprise, la laïcité n’est pas de l’ordre d’une option spirituelle particulière, mais constitue une condition de possibilité, ce que Kant appellerait un cadre transcendantal. La méconnaissance de ce statut est le point aveugle des conceptions qui entendent la renégocier sans cesse, notamment au gré des fluctuations du paysage religieux et des rapports de sens qui les sous-tendent.

    A un double égard, c’est ainsi la possibilité d’un monde commun aux hommes qui se trouve mise en jeu. La laïcité n’est neutralité et réserve qu’en raison de l’esprit de concorde principielle qui la définit positivement : la visée de ce qui peut unir les hommes en amont de leur différentiation spirituelle conduit à exclure tout type de privilège, et prévient ainsi la violence qui pourrait en résulter. ( )

    Comment «vivre les différences » sans renoncer aux références communes ? Question d’autant plus cruciale qu’aujourd’hui le pluralisme de fait des convictions peut dessiner une mosaïque de communautés exclusives, dont les membres sont aliénés à leur « différence » avec les risques d’affrontements intercommunautaires que l’on peut imaginer. (…)

    Henri PENA-RUIZ. Qu’est-ce que la laïcité ? folio actuel, 2003. pp.9 – 10, introduction

                

       

       

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  • Concours d’ergothérapie de Rennes; session 2010. Epreuve de contraction de texte français

       

       

    Concours d’entrée Ergothérapeute ; session 2010

    Epreuve de contraction de texte

    Résumez ce texte en 120 mots (+ ou – 10 %) . Indiquez à la fin de votre résumé le nombre de mots employés.

    Durée : 1 heure

    La civilisation urbaine.

    La civilisation commence avec la construction de la première hutte, avec le labour du premier champ. Elle a besoin de fixité. Elle ne naît pas dans le camp volant du nomade qui plante sa tente où il veut et qui la plie le lendemain. Celui-ci est condamné à ne posséder que les biens meubles qu’il entasse à la hâte sur le dos de quelques bêtes. il s’en contente et, poussant devant soi son troupeau vers des prairies neuves, il part toujours sans rien abandonner.

    Gengis Khan, qui hait la civilisation et qui, avant Rousseau, l’accuse de tous les maux, se montre conséquent avec lui-même quand il donne pour consigne à ses hordes la destruction des villes, afin de rendre par force l’humanité à ce vagabondage ancestral, qui seul, selon lui, la maintient saine et vigoureuse. Les cités furent les plus fortes. Elles retinrent les cavaliers mongols dans les palais corrupteurs qu’ils devaient abattre. L’irréversible histoire suivit son cours (…)

    Aujourd’hui, plus que jamais, la civilisation est urbaine. Elle l’est jusqu’à l’asphyxie. dans les fourmilières où se pressent , se gênent, s’écrasent des multitudes accrues, l’homme finit par être privé de l’espace et de l’indépendance nécessaires à la moindre joie. Les aménagements qui rendent la vie plus pure, plus commode et plus agréable deviennent de plus en plus nombreux et complexes, c’est-à-dire moins sûrs, moins commodes et plus impérieux. Une panne d’ascenseur rend un gratte-ciel inutilisable. Une centrale électrique est-elle accidentée, c’est la catastrophe pour une métropole entière : paralysie, obscurité et affolement. Chesterton, depuis longtemps, a fait remarquer combien un canif est plus utile qu’un taille-crayon. Je ne vitupère pas le machinisme, n’étant pas de ceux qui, riches, expliquent aux pauvres que l’argent ne fait pas le bonheur. Je rappelle seulement que la civilisation industrielle entraîne avec elle ses inconvénients.

    En même temps, l’éducation, la publicité, les divers moyens d’information et de persuasion dont disposent les pouvoirs pénètrent l’intimité même de l’individu, lui dictent ses raisonnements et ses goûts. Aussi risque-t-il de voir diminuer sans cesse la marge consentie à ses mouvements, à ses fantaisies, à ses ambitions et jusqu’à ses vertus. Le monde citadin est un monde mécanique. Des machines elles-mêmes construites en série produisent d’énormes quantités d’éléments interchangeables entre eux, au format et aux propriétés calculés d’avance pour s’adapter au calibre et à la formule d’éléments complémentaires pareillement débités pour satisfaire aux besoins du plus grand nombre possible d’usagers. A long terme, rien de variable qui ne doive d’abord avoir été normalisé ou qui ne le devienne obligatoirement : système des mesures, écartement des rails ou format des enveloppes.

    Il y a là un péril insidieux pour le désir, pour l’idée et pour les réflexes mêmes de liberté. Ce n’est pas seulement la contrainte qui rend esclave, ce peut être le manque de place, d’envie, de choix et d’imagination.

    Roger CAILLOIS.

       

       

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  • Concours d’ergothérapie de Créteil ; session 2010. Epreuve de contraction de texte. Résumé de texte.

       

       

    Concours d’entrée Ergothérapeute ; session 2010

    Epreuve de contraction de texte

    Résumez ce texte en 100 mots. (+ou – 5 %). le nombre total de mots devra figurer en fin de copie.

    Durée : 1 heure

    (…) Nous étions pourtant si certains des vertus que la science enseigne. Nous aimions une science “institutrice” selon la belle expression d’ Yves Quéré, celle qui instaure chez l’enfant créativité et honnêteté, tolérance et écoute, admiration pour la beauté du monde que célèbre François Cheng, ces valeurs que la science met en œuvre depuis sa naissance et chaque jour dans nos laboratoires. Nous pensions que la recherche de la vérité, l’humilité devant les faits, le primat de l’expérience, l’échange d’arguments fondés en raison étaient la rude et bienfaisante discipline qui instillait, chez l’enfant ou l’adolescent, des germes d’une plus grande humanité. Nous serions-nous trompés, pour que l’éducation à la science soit aujourd’hui soupçonnée d’être inutile sauf pour les spécialistes ? Au lycée, la majorité de nos futurs bacheliers n’étudiera-t-elle désormais de la science que quelques éléments de mathématiques, considérés comme utiles aux gestionnaires et financiers ? Face à l’essor de la science contemporaine, à l’ubiquité de la technique, sa sœur, aux moyens de diffusion de l’information, aurions-nous cultivé une illusion ? Que s’est-il donc passé pour que le pacte ancien vienne à se craqueler ? Avec l’antique “leçon de choses”, notre école primaire obligatoire avait, dès sa naissance, donné place à la science pour tous. Mais vingt ans après que se fut calmé le tourbillon né en 1968, cette école abandonna les sciences expérimentales au profit d’un retour aux “fondamentaux”, énoncés aujourd’hui sous forme d’un slogan claquant comme un drapeau : un “lire, écrire, compter” où même les mathématiques perdent leur goût savoureux.

    Que notre école primaire ne tienne pas ses promesses pour un nombre trop grand d’élèves est indiscutable et désastreux, mais cette focalisation, quelque peu incantatoire, est aussi bien étroite : on peut aussi lire et écrire avec la science ! Au collège unique, mathématiques et sciences n’éveillent plus guère la passion des jeunes. Bien souvent, ils ne les cultivent que parce qu’ au lycée la lettre S signifie plutôt sélection que science . Cette science qui se voulait promesse d’égalité, la voici désormais qui instaure la différence sociale. Quant à la pédagogie, alors que nos élèves sont avides de savoir comment fonctionne le monde et veulent assouvir leur curiosité, ils comprennent mal que tiennent tant de place la résolution de problèmes formels, portant sur des sujets étroits dont ils recherchent la pertinence pour leur propre vie, lors d’une adolescence où le cœur s’emplit de désirs.

    Enfin, la complexité des contenus mêmes de la science contemporaine et de la technologie, sa sœur jumelle, ne rend-elle pas illusoire l’espoir de les communiquer à tous ?

    Entre nous mais surtout devant l’opinion et le pouvoir politique, il nous faut donc ranimer le pacte ancien. Nous avons évoqué le consensus, qui va de l’Europe à la Chine, de l’Allemagne – où manquent aujourd’hui 40 000 ingénieurs – aux États-Unis, dont les jeunes scientifiques viennent davantage du reste de la planète qu’ils ne sont issus de leur propre population. (…) Traitant de la scolarité obligatoire, qui en France est identique pour tous les élèves, le législateur français affirme en 2005 la nécessité d’une culture scientifique et humaniste pour favoriser le “libre exercice de la citoyenneté”. Ce n’est donc pas tant la nécessité du développement scientifique qui est mise en question de par le monde que la possibilité d’y faire adhérer les jeunes générations : ne nous y trompons pas, c’est au cœur de l’éducation que le défi trouvera, ou non, sa réponse.

       

       
     
     

    La nécessité d’une science pour tous est si forte et si pressante que nous ne pouvons renoncer. Mais tenir ce but pour une illusion est si partagé, parfois si fondé, que la situation appelle une véritable révolution. Il faut transformer en profondeur nos façons d’enseigner science et technique, dès l’école primaire, puis au collège et au lycée.

    Avec Georges Charpak depuis douze ans, notre Académie des sciences ,soutenue par de généreux mécènes de l’Institut, porte dans la durée, auprès des enseignants et des pouvoirs publics, une volonté de changement et développe, par son action “La main à la pâte”, les outils qui y sont nécessaires, en lien étroit avec l’Europe et le reste du monde qui sont confrontés aux mêmes défis (…) . Elle ne cesse de souligner le lien fondamental qui, depuis toujours, unit la science à la maîtrise et, plus encore, à la beauté de la langue.

    L’Académie souligne le rôle décisif des professeurs dans l’image que les jeunes se font, très tôt, de la science et de ses liens avec la technique. Elle veut mobiliser le monde scientifique pour accompagner ces professeurs dans leur métier, elle adjure les universités de se consacrer pleinement à la mission de formation continue digne de ce nom. Car il ne s’agit pas tant, pour ces professeurs, de se tenir à jour des derniers résultats d’une science proliférante que de garder vivante leur capacité d’étonnement, d’observation et d’analyse. Elle plaide pour une devise mieux adaptée à notre siècle, celle de “lire, écrire, compter, raisonner”. (…) Comme le souligne une philosophe contemporaine, il existe en langue allemande une belle séquence qui relie la parole – “Wort” – à la réponse -“Antwort”-, puis à la responsabilité- “Verantwortung” . Notre enseignement scientifique s’est jusqu’ici beaucoup soucié des deux premiers termes. Alors que les deux sœurs jumelles, science et technique, façonnent le monde et la vie de chacun, il est temps que l’éducation qui les transmet fasse sa place au troisième terme. Car faire appel à la générosité de la jeunesse, en prélude à sa responsabilité, est peut-être le moyen le plus sûr de lui faire aimer la science pour mieux aimer les hommes.

    Pierre LENA ;La science pour tous : illusion ou nécessité. Discours solennel du 28 octobre 2008

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  • Concours d’ergothérapeute de Berck-sur-mer ; session 2008. Épreuve de contraction de texte

    Concours d’ergothérapeute de Berck-sur-mer ; session 2008

    Épreuve de contraction de texte

    Résumé : Vous résumerez en 140 mots (+ou – 10 %) le texte proposé.

    En cette fin du XXème siècle, dans les pays dits industrialisés, lire, écrire, compter – les trois composantes universelles de l’alphabétisation – passent pour des compétences normales que tout un chacun doit nécessairement maîtriser. D’autant que la scolarité est, dans l’ensemble de ces pays, généralement obligatoire et gratuite, parfois depuis plus de cent ans, et que c’est à l’école, précisément, qu’il incombe d’inculquer ce savoir. L’idée qu’une personne qui a fréquenté l’école des années durant, puisse se retrouver à l’âge adulte dans l’incapacité de lire – dans des sociétés où l’écrit est pratiquement indispensable à la survie quotidienne – paraît invraisemblable au point qu’elle continue, aujourd’hui encore, de susciter stupeur et incrédulité.

    Être analphabète, dans un pays où l’analphabétisme a été battu en brèche depuis plusieurs décennies, suppose que l’on supporte des handicaps autrement plus lourds que dans une population où il demeure encore largement majoritaire. Sujets à une forme insolite de mise à l’écart, les analphabètes des sociétés industrialisées en ont souvent conçu de la honte. Et comme ils se cachaient, on a tardé à les voir.

    (…) Qui sont les analphabètes dont il est question ici ? Ce sont des adultes qui ont été scolarisés et qui, d’une manière ou d’une autre, ont été en contact avec l’écrit. Il se peut qu’ils connaissent l’alphabet, qu’ils sachent même déchiffrer quelques mots, fût-ce avec difficulté, qu’ils écrivent un peu, même mal, qu’ils connaissent les chiffres et parviennent à effectuer quelques opérations, mais les rudiments qu’ils possèdent dans ces différents domaines sont insuffisants pour leur permettre d’évoluer avec aisance dans la vie de tous les jours. Ils ne sont pas analphabètes dans l’absolu, mais en fonction de ce qu’exige la société où ils vivent. C’est pourquoi on parle plus couramment d’”analphabétisme fonctionnel”, notion relative dont le contenu concret peut varier, considérablement dans le temps et d’un pays à l’autre, voire d’une région à l’autre.

    Ces analphabètes fonctionnels ne sont pas apparus soudainement. il existe un analphabétisme propre aux sociétés occidentales contemporaines, où la modification des structures de l’emploi s’est traduite par des exigences accrues quant aux niveaux de formation et de qualification.

    Dans les sociétés rurales, largement pourvoyeuses d’emplois manuels et non qualifiés, les analphabètes trouvaient à s’intégrer socialement et professionnellement. Il n’en va plus de même dans les sociétés industrialisées dont l’économie, à l’horizon 2000, repose de plus en plus sur les secteurs tertiaire et quaternaire. La disparition massive des emplois non qualifiés, jointe à la hausse continue des exigences en formation, laisse des analphabètes fonctionnels sur le sable. Qu’une entreprise effectue une compression de personnel, qu’elle vienne à fermer ses portes ou que l’on y introduise de nouvelles technologies, et des travailleurs hier compétents et efficaces se retrouvent dévalués, incapables d’ entreprendre une reconversion faute de savoir suffisamment bien lire, écrire et compter. Leur nouvelle étiquette d’analphabètes fonctionnels les condamne aux files d’attente des agences pour l’emploi et à une forme ou une autre d’assistance sociale.

    Ce n’est donc pas un hasard si l’analphabétisme fonctionnel a été redécouvert au début des années 70 – époque du premier choc pétrolier, du début de la crise économique mondiale et de la spectaculaire montée du chômage, en particulier chez les jeunes.

    J.-P. Vély


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  • Concours d’ergothérapie de Paris ADERE ; session 2009. Epreuve de contraction de texte

       

       

    Concours d’ergothérapeute ADERE ; session 2009

    Epreuve de contraction de texte

    Résumez ce texte en 120 mots (+ ou – 5 %). Le nombre de mots devra figurer à la fin de chaque alinéa et le nombre total de mots devra être indiqué à la fin du résumé.

    Durée : 1 heure

    Tout l’aspect de l’éducation qui est formation de l’esprit et du caractère tend à passer au second plan. M’étant occupée de ces aspects pendant tant et tant d’années d’enseignement, j’aimerais signaler une ou deux des disciplines ou des méthodes qui se trouvent souffrir de ce divorce, alors même qu’elles apportent une aide considérable dans la vie pratique, et qu’elles présentent une valeur exceptionnelle pour ce développement d’ordre moral.

    Et pour commencer, parlant au nom de l’Académie française; je voudrais placer en tête la maîtrise même de notre langue. C’est un fait que les exigences en ce domaine ont été depuis bien des années amoindries, et le souci d’une langue correcte paraît un luxe vain. Pourtant, toute la vie et même les réussites matérielles les plus simples dépendent de la facilité que l’on a à exprimer clairement et correctement sa pensée, à comprendre celle des autres et à éviter ainsi le malentendu. Cela commence avec le premier entretien pour obtenir un emploi, Cela continue avec la défense de n’importe quel projet parmi ses égaux, soit dans le cadre de son activité professionnelle, soit dans le domaine de la politique. Et cela trouve un achèvement dans le maniement même d’une pensée personnelle, utile à tous. Mais il y a plus : l’incapacité à s’exprimer ou à comprendre l’autre de façon correcte et complète a des conséquences bien connues : c’est le recours à la violence ! Parce que l’on ne trouve pas ses mots, on en vient aux coups ! Et parce que l’on ne comprend pas la langue des adversaires, on s’entête en vaines querelles. Un vrai maniement de la langue française n’est donc pas un luxe plus ou moins périmé, mais le meilleur et le plus nécessaire moyen qui existe pour aboutir à un vrai progrès dans le domaine moral de l’individu et dans la vie collective à laquelle il participe.

    Mais attention ! Comprendre la pensée des autres avec exactitude suppose que l’on comprenne aussi la pensée de ceux qui nous ont précédés, et ici se révèle une autre ignorance qui me paraît dangereuse.Pour trop de jeunes, à l’heure actuelle, bien qu’ils aient étudié l’histoire, la réalité ne commence vraiment qu’avec leur propre naissance. Tout ce qui précède appartient à un domaine confus, à un magma indifférencié que l’on pourrait appeler une sorte de magma virtuel. En fait, les moyens modernes d’information rendent tous les événements comme contemporains les uns des autres et, trop souvent, déforment les oeuvres pour les adapter au goût du jour (…). Il est malgré tout étrange qu’à une époque où se marque une si vive et si louable curiosité à l’égard des peuples différents qui sont nos contemporains à travers la planète, il existe ce refus d’intérêt pour ce qu’a représenté notre passé, encore présent dans notre vie. Il serait urgent de rappeler aux nouvelles générations que tout avenir se construit en fonction d’un passé qui vous aide et vous porte plus loin.

    Mais la connaissance du passé rendu vivant et présent, où la trouve-t-on ? Eh bien, avant tout, dans la littérature ! Et là est à mes yeux la merveille. On la trouve dans les textes français et étrangers, modernes ou anciens. Aussi cela me paraît-il une erreur très grave que de se représenter l’enseignement de la littérature comme une espèce d’élégance superflue et gratuite. En fait, c’est grâce à la littérature que se forme presque toute notre idée de la vie ; le détour par les textes conduit directement à la formation de l’homme. Ils nous apportent les analyses et les idées, mais aussi les images, les personnages, les mythes, et les rêves qui se sont succédé dans l’esprit des hommes : ils nous ont un jour émus parce qu’ils s’étaient exprimés ou décrits avec force ; et c’est de cette expérience que se nourrit la nôtre.

    Jaqueline de ROMILLY ; “Enseignement et éducation “; 2008

       

       

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  • Concours d’ergothérapeute de Berck-sur-mer ; session 2007. Epreuve de contraction de texte

    Concours d’ergothérapeute de Berck-sur-mer ; session 2007

    Epreuve de contraction de texte

    Résumez ce texte en 120 mots (+ ou – 10 %). Vous indiquerez à la fin de votre résumé le nombre de mots employés.

    Notes “comprises à l’envers”, “erreur stupide de jugement”, réunions qui s’éternisent ou tournent au dialogue de sourds faute d’une utilisation assez précise de la langue…on n’en finirait pas de dresser l’inventaire des signes d’un déficit en culture générale dans les entreprises.

    Le problème n’est pas nouveau. Mais l’absence de culture générale est en train de devenir un handicap pour toutes les catégories de salariés . Car il devient de plus en plus nécessaire à chacun d’élargir son horizon mental pour faire un usage pertinent de ses connaissances professionnelles, techniques, scientifiques, voire commerciales ou de gestion.

    Les chefs d’entreprise se sont ainsi mis à parler de “culture d’entreprise”. Si l’expression est trop ambitieuse pour ce qu’elle recouvre, elle est le signe à ne pas négliger d’une évolution importante : la culture est bel et bien en train d’investir le monde de l’entreprise, ou du moins, elle frappe à la porte d’une manière de plus en plus pressante, exigeante, multiforme.

    D’une part, les entreprises sont tenues désormais, pour survivre, de mobiliser non plus seulement des bras et des stocks de connaissances, mais tout le dynamisme créateur des humains qui les constituent. D’autre part, la mondialisation des échanges, l’âpreté de la compétition économique, le poids croissant des opinions publiques imposent de plus en plus aux entreprises de prendre en compte les grandes réalités sociales, politiques, culturelles.

    Les entreprises sont ainsi mises au défi, comme le souligne Bruno Lussato, animateur du Centre culturel pour entreprise des Capucins à Montfort-l’Amaury (Yvelines), “de faire une place grandissante à la pensée qualitative alors qu’elles fonctionnaient jusqu’ici sur le raisonnement quantitatif. ” Et le langage, véhicule de cette nouvelle complexité, prend soudain une importance considérable. D’où, notamment, une floraison de stages sur la “communication”. Mais force est de constater que ce qui pourrait être culture s’y dégrade souvent en recettes pour “motiver”, canaliser, faire dire ce qu’on veut entendre. “Tous tiennent les mêmes propos, ressassent les mêmes mots.”, constate, effaré, un psychanalyste appelé à intervenir dans une entreprise. On est passé, conviennent les plus lucides, de l’entreprise type militaire à ” l’entreprise-couvent, où l’on ensoutane tout le monde, où l’on fait réciter la prière du matin au soir…” Quant aux formations dispensées aux cadres pour réduire leurs lacunes dans le domaine des lettres, des arts et des sciences humaines, elles ne font souvent qu’augmenter le flot d’informations qui déjà les submerge. Car on manque moins, dans l’entreprise, des connaissances, fussent -elles littéraires, que de ce qui est au coeur même de la culture : la capacité de critiquer et d’innover, l’aptitude à assumer l’ampleur, la complexité, l’incertitude du réel.

    Marie-Claude BETBEDER ;Le Monde ; 10 octobre 1990

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  • Annales Ergothérapie Ile-de-France 2006 Sujet de français Epreuve de contraction de texte

       

       

    Annales Ergothérapeutes : Créteil 2006

    Epreuve de contraction de texte

    Le texte ci-dessus est à résumer en 120 mots. Une marge de 5% en plus ou en moins est admise. le nombre total de mots devra figurer en fin de copie. Il est précisé qu’un mot monosyllabique (à, de, le, un, etc.), un mot élidé (s’, l’, d’, etc. ), un nombre, comptent chaque fois pour un mot.

    « Qui a peur de Big Brother ? » Par DENIS DUCLOS

    (article du Monde Diplomatique, août 2004,remanié)

    Sociologue, directeur de recherches au CNRS, auteur notamment du Complexe du loup-garou, La Fascination de la violence dans la culture américaine, réédition 2005, et nouvelle postface, La Découverte, Paris.

    Le contrôle social comme religion d’une société-machine bien huilée progresse depuis l’adoption, par des particuliers, de systèmes réservés auparavant aux autorités. Ou, inversement, par la récupération institutionnelle de produits commerciaux indifférenciant la fonction de police et celle de citoyen ou d’usager. Ainsi de la webcam (caméra branchée à Internet), qui a commencé comme produit d’appel « convivial » (voir son interlocuteur), s’est développée ensuite comme moyen de surveillance privé (voir l’entrée de sa résidence secondaire), puis s’est branchée sur des dispositifs d’alerte de la police.

    Il ne faut pas croire que le contrôle des individus concerne seulement la surveillance ou la sanction. Au contraire, c’est en opposition à ces dernières que le public est de plus en plus conquis par des propositions techniciennes permettant d’éliminer tout problème à la base… Par exemple, pour justifier de dépenses vouées à automatiser la conduite automobile (et brider la capacité de décision individuelle, considérée comme une source majeure d’erreurs et d’accidents), les autorités s’appuient sur l’appel aux sentiments : « 41 000 morts par an sur les routes européennes » semble l’argument sans réplique pour développer des systèmes de transport intelligents (STI) qui prévoient le téléguidage des véhicules (projet « cybercar »).

    Aux Etats-Unis, on prépare déjà des « AHS » (automated highway systems), au Japon aussi, tandis que, en France, le projet Arcos propose une gamme de systèmes allant de l’avertissement à la prise de contrôle du véhicule. Les ingénieurs planchent avec des juristes pour régler les problèmes ” d’ intrusivité ” que cette orientation résolue posera, mais des consultations du public par sondage montrent un accueil assez favorable.

       

       

    Un élément intermédaire entre le public et l’institution est le « professionnel ». De plus en plus de métiers vivent de la promotion du contrôle technique en contrôle social, ce qui contribue à en normaliser l’image auprès des consommateurs et à inciter les institutions à des commandes plus massives. Le policier, par exemple, est sensible à l’argument selon lequel les techniques de répression se sont tellement adoucies qu’elles permettent à son métier de devenir un simple élément « neutre ».

    Le contrôle comme idéologie se diffuse rapidement, comme par imitation, par un recodage « techno-militaire » de la vie en commun. Par exemple, dans une grande gare où se croisent patrouilles et messages appelant à la solidarité vigilante contre le terrorisme, on peut entrer dans une officine où cinq pharmaciens derrière des comptoirs type guichets de banque attendent un client vidéosurveillé et enveloppé d’annonces sonores : « Surveillez votre tension artérielle », « surveillez votre poids »… L’analogie est devenue si frappante entre les styles de contrôle dans les espaces public et privé qu’on en vient à se demander si c’est la police militarisée qui tend – chantage terroriste aidant – à investir la vie quotidenne, ou si c’est, au contraire, un modèle de gestion du « bien-être social » qui est en train de gagner l’ensemble des liens humains.

    Tous les métiers impliqués dans la question de l’ordre social ne témoignent pas de servilité : aux Etats-Unis, de nombreuses associations se sont insurgées contre la vidéosurveillance dans les lieux publics. En France, ce sont les travailleurs sociaux ou les éducateurs qui se sont révoltés contre l’inscription légale de la délation, qui remet en cause toute politique de prévention de la délinquance,

    Les professionnels situés aux premières loges de la production des technologies du contrôle ne sont pas les moins conscients et les moins anxieux de ses dérives possibles. Ainsi, ce cadre chez un grand constructeur automobile constate avec inquiétude que l’on travaille à fabriquer des trains de roues capables de tourner dans une direction différente de ce que commande le volant. L’ordinateur embarqué pourra contredire une fausse manoeuvre, dans la logique affichée par les projets de « STI », On pourra peut-être s’en servir aussi… pour récupérer plus facilement une voiture volée

    Le « contrôle scientifique » des populations ne sera donc jamais une sorte d’adaptation moderne de la démocratie, comme trop de gens – révoltés à juste titre contre l’insécurité contemporaine – seraient prêts à le croire. II contient en lui-même des ferments d’autocratisme inacceptables. C’est pourquoi – qu’il se présente comme directive pour le bien-être sanitaire, comme recherche pour diminuer les accidents de la route ou comme moyen pour identifier les terroristes – il doit faire l’objet d’un suivi citoyen des plus attentif.

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  • Concours d’ergothérapie de Paris; session 2010. Epreuve de contraction de texte français

       

       

    Concours d’ergothérapeute Paris ; session 2010

    Epreuve de contraction de texte

    Résumez ce texte en 120 mots. Indiquez à la fin de votre résumé le nombre de mots employés.

    Durée : 1 heure

    Le corps épanoui.

    La réhabilitation du corps constitue sans doute l’un des aspects les plus importants de l’histoire de la vie privée. Elle modifie en effet le rapport de l’individu avec lui-même et les autres.

    Se maquiller, faire de la gymnastique ou du jogging, du tennis, du ski ou de la planche à voile, c’est prendre son corps à la fois comme fin de son activité et comme moyen. Dans certaines activités, le travail physique par exemple, le corps est un moyen, non une fin. Dans d’autres ,comme la cuisine, le corps est la fin, mais le moyen est un intermédiaire, les plats que l’on prépare dans cet exemple. La nouveauté de la fin du XXème siècle, c’est la généralisation d’activités corporelles qui ont le corps lui-même pour but : son apparence, son bien-être, son accomplissement. “Se sentir bien dans sa peau” devient un idéal.

    L’évolution de la danse traduit bien cette nouveauté. Assurément, la danse implique toujours des partenaires, et le sensualité y est toujours présente, de façon plus ou moins discrète. Mais les danses au début du siècle, la valse, le quadrille, constituaient des rites sociaux complexes : danser, c’était exposer sa maîtrise de ces codes. Après la guerre de 1914, la danse lie les couples, et les moralistes dénoncent la lascivité du tango. Après la Seconde Guerre mondiale, le jazz qui, avec le charleston, n’avait touché jusque-là que des minorités, soutient de ses rythmes des danses populaires, boogie-woogie, be-bop,etc. Ce sont toujours des couples qui dansent mais ils s’écartent , se rapprochent, s’écartent encore. Le plaisir d’éprouver sa propre force, sa souplesse au gré des passes, en accord avec un rythme, accompagne celui, plus sensuel, du partenaire que les slows donnent l’occasion d’étreinde sans les règles de figures et de pas du tango. Avec le jerk et le disco , voici que l’on danse seul, éventuellement sans partenaire. Au rite social a succédé un rite du couple, puis un rite du corps individuel. La maîtrise des usages, l’accord avec un partenaire, la célébration du corps : la danse a connu trois âges successifs.

    S’occuper de son corps prend ainsi une place importante dnas la vie privée, et l’on y recherche des gratifications multiples et complexes. Le plaisir du bain, de la toilette, de l’effort physique est en partie satisfaction narcissique, contemplation de soi-même. Le miroir n’est pas une nouveauté du XXème siècle ; sa banalisation, en revanche, en est une, comme la façon d’en user : on ne s’y regarde pas seulement avec le regard d’un autre, pour voir si l’on respecte les codes vestimentaires ; on s’y regarde comme les autres ne sont pas en général autorisés à le faire : sans maquillage, sans vêtement, nu.

    Mais les satisfactions narcissiques de la salle de bains sont traversées de rêves et de souvenirs. S’occuper de son corps, c’est le préparer pour le donner à voir. Il ne suffit pas de montrer ses parures, ses bijoux, ses décorations. Le vêtement ou bien se fait fonctionnel, confortable, pratique, fût-ce au mépris de usages, ou bien met en valeur le corps, le laisse deviner, le souligne et parfois le révèle. On fait parure désormais de son bronzage, de sa peau lisse et ferme, de sa souplesse, et le dynamisme du cade moderne est attesté par ce que son style suggère de sportif. On laisse d’ailleurs voir de plus en plus son corps : chaque étape de ce dénudement partiel commence par faire scandale, puis se répand rapidement et finit par s’imposer, du moins parmi les jeunes aggravant la coupure entre les générations. C’est l’histoire de la mini-jupe, au milieu des années 1960, comme celle, dix ans plus tard, du monokini sur les plages. Montrer ses cuisses ou ses seins cesse d’être indécent. Et l’on voit l’été, dans les villes, des hommes en short, chemise ouverte ou torse nu. Le corps n’est plus seulement réhabilité et assumé : il est revendiqué et donné à voir.

    Au regard des normes de l’entre-deux guerres, le progrès du nu est celui de l’indécence : à tout le moins, c’est de la provocation. Pour la norme nouvelle, c’est au contraire chose naturelle : une nouvelle façon d’habiter son corps. En témoigne le fait que le nu ne progresse pas seulement dans les lieux publics, mais également dans l’univers domestique.

    Des familles vaquent à leurs occupations et se mettent à table, l’été, en maillot de bain. Des parents vont et viennent nus, de la chambre à la salle de bains, sans se cacher de leurs enfants. Il est difficile de dire l’extension de ces pratiques, qui dépend sans doute à la fois des générations et des milieux. Leur simple possibilité atteste qu’il ne s’agit pas là de dépravation, mais d’un changement de normes.

    En fait, le corps est devenu le lieu de l’identité personnelle. Avoir honte de son corps serait avoir honte de soi-même. Les responsabilités se déplacent : nos contemporaines se sentent moins responsables que les générations précédentes de leurs pensées, de leurs sentiments, de leurs rêves ou de leurs nostalgies ; ils les acceptent comme s’ils étaient imposés de l’extérieur. En revanche, ils habitent pleinement leur corps : c’est eux. Plus que les identités sociales, masques ou personnages d’emprunts, plus même que les idées ou les convictions, fragiles et manipulées, le corps est la réalité même de la personne. Il n’est donc plus de vie sociale du travail , des affaires, de la politique, de la religion : c’est celle des vacances, du corps épanoui et libre. Ce que signifiait à sa façon cet élève de terminale définissant l’animal comme un homme qui serait libre, ou le graffiti de 1968 : “Sous les pavés, la plage”.

    A. PROST ; Histoire de la vie privée ; De la Première Guerre mondiale à nos jours ; 1999

       

       

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