Annales Ergothérapie Ile-de-France 2007 Sujet de français Epreuve de contraction de texte

   

   

Annales Ergothérapie : Ile-de-France 2007

Epreuve de contraction de texte

Résumez le texte ci-dessous en 120 mots. Une marge de 5% en plus ou en moins est admise. Le nombre total de mots devra figurer en fin de copie. Il est précisé qu’un mot monosyllabique (à, de, le, un, etc. ), un mot élidé (s’, l’, d’, etc.), un nombre, comptent chaque fois pour un mot.

Certains hommes croient en un dieu. D’autres en plusieurs. D’autres se tiennent pour agnostiques et refusent de se prononcer. D’autres enfin sont athées. Tous ont à vivre ensemble. Et cette vie commune, depuis la première Déclaration des droits de l’homme, doit assurer à tous la liberté de conscience et l’égalité de droits. La liberté de conscience exclut toute contrainte religieuse ou idéologique. L’égalité de droits est incompatible avec la valorisation privilégiée d’une croyance, ou de l’athéisme. La puissance publique, chose commune à tous comme dit si bien le latin res publica , sera donc neutre sur le plan confessionnel : neuter en latin signifie exactement « ni l’un ni l’autre ». Cette neutralité confessionnelle est à la fois garantie d’impartialité et condition pour que chacun, quelle que soit sa conviction spirituelle (humanisme athée ou humanisme religieux par exemple) puisse se reconnaître en cette république, ou Cité, dont tous les membres se retrouvent ainsi sur le même plan d’égalité. Mais si la liberté de conscience exclut tout credo obligé ou interdit, elle en se définit ainsi que de façon négative. Sa définition positive assume les problématiques de l’autonomie intellectuelle et morale, telle qu’entendent la promouvoir l’instruction publique, mais aussi une politique propre à assurer à tous les conditions existentielles d’un accomplissement de soi suffisant. Quant à l’égalité de droits, elle relève aujourd’hui de ces deux soucis. L’émancipation laïque ne se réduit donc pas à un dispositif minimal, ni à la simple abstention de l’Etat Elle appelle plutôt une juste mesure de ses champs d’intervention.

Une telle esquisse du principe de laïcité prend la forme d’une évidence : ce qui n’est que de certains ne peut s’imposer à tous, et les références communes doivent être affranchies de toute tutelle qui consacreraient un privilège. Pour être pleinement acceptée et affirmée, une telle évidence requiert cependant deux conditions simultanées, dont la réalisation explicite le caractère positif de la laïcité. D’une part, que la puissance publique soit dévolue à tous et mette ainsi en avant ce qui unit tous les hommes. Principe d’universalité, dont l’enjeu se mesure au regard des dérives différentialistes et communautaristes dont le monde offre l’inquiétant spectacle. D’autre part, que chacun apprenne à vivre le type de conviction qui lui tient à coeur de façon suffisamment distanciée pour exclure fanatisme et intolérance. Principe de distance intérieure qui sous-tend la tolérance civile, et rend possible le débat dans l’espace public. Celui-ci se prête d’autant mieux à une telle fonction qu’il est davantage affranchi de toute tutelle des groupes de pression. Ainsi comprise, la laïcité n’est pas de l’ordre d’une option spirituelle particulière, mais constitue une condition de possibilité, ce que Kant appellerait un cadre transcendantal. La méconnaissance de ce statut est le point aveugle des conceptions qui entendent la renégocier sans cesse, notamment au gré des fluctuations du paysage religieux et des rapports de sens qui les sous-tendent.

A un double égard, c’est ainsi la possibilité d’un monde commun aux hommes qui se trouve mise en jeu. La laïcité n’est neutralité et réserve qu’en raison de l’esprit de concorde principielle qui la définit positivement : la visée de ce qui peut unir les hommes en amont de leur différentiation spirituelle conduit à exclure tout type de privilège, et prévient ainsi la violence qui pourrait en résulter. ( )

Comment «vivre les différences » sans renoncer aux références communes ? Question d’autant plus cruciale qu’aujourd’hui le pluralisme de fait des convictions peut dessiner une mosaïque de communautés exclusives, dont les membres sont aliénés à leur « différence » avec les risques d’affrontements intercommunautaires que l’on peut imaginer. (…)

Henri PENA-RUIZ. Qu’est-ce que la laïcité ? folio actuel, 2003. pp.9 – 10, introduction

            

   

   

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