Category: Psychomotricien

Concours de psychomotricité : formation, sélection, annales et conseils pour préparer les épreuves.

  • Sujet Toulouse

    Sujet de Français Psychomotricien:Toulouse

    Consignes: Résumez ce texte en 230 mots avec une marge de 10% ( Durée: 2h )

    La victoire de l’équipe de France en coupe du monde, la violence des bandes dans les banlieues… La vie des groupes fait parfois les titres de l’actualité. Selon le tour que prennent ces événements, les représentations que l’on se fait du groupe seront, soit positives, soit au contraire négatives.

    Avant d’être un objet scientifique, le groupe est, en effet, un objet de croyances. Le nous idéal est un groupe dont l’action surmonte les impuissances individuelles- « l’union fait la force »- par la mise en commun des énergies, des enthousiasmes, des capacités, et grâce à la solidarité entre les membres. Mais quand le groupe n’est pas idéalisé, il fait peur. L’individu redoute d’y être contraint, malmené. nié, entrainé malgré lui. De façon plus large, transparaissent couramment à son égard méfiance et suspicion. Les connotations péjoratives présents dans les termes desectes, clans, bandes, rangs, cliques sont associés dans l’imaginaire collectif à l’’dée de secret, de violence, de transgression.Le groupe devient alors une menace. (…)

    Quand il est question de définir le groupe, on s’accord plus volontiers sur des définitions négatives (ce qu’il n’est pas) que sur des définitions affirmatives. il est ainsi classique de signaler que tout regroupement de personnes ne constitue pas forcement un groupe, qu’il peut se réduire à un agrégat, c’est-à-dire à un ensemble d’individus unis par la simple proximité physique, mais sans liens entre eux, comme par exemple dans une file d’attente. Si le groupe se différencie d’une simple collection de personnes, ce ne peutêtre que par l’établissement d’une ou de plusieurs liaisons entre elles.Un premier type de lien est imaginaire : c’est parce que les désirs et les rêves des membres entrent en résonance que le groupe se forme. Un autre type de lien dérive de la technique, de procédés ou de savoir-faire partagés qui créent des liens l’fonctionnels entre les personnes. (…) La liaison se constitue également par l’adhésion commune à un système de valeurs. Si ce type de lien est particulièrement explicite dans des groupes, confessionnels par exemple, en fait, il existe dans de grouper sans normes, et réciproquement, les normes sont produites par des collectifs.

    Ainsi l’agrégat des personnes qui forment cette file d’attente au bureau de poste se transformera en groupe lorsque, se mettant à interagir entre elles, ces personnes échangeront leurs représentations du service public et s’organiseront pour engager ensemble une action de contestation visant à obtenir que plus de guichet soient ouverts. C’est donc dans l’interdépendance implique une triple détermination fonctionnelle, normative, et imaginaire. Ce constat s’applique à toute une série de situations (prise d’otages, panne d’ascenseur, etc.) qui semblent transformer brusquement une collection d’individus hétérogènes en un collectif capable d’une action commune. Dans ce qui précède, le groupe a été défini par l’interaction et l’interdépendance. C’est-à-dire défini de l’intérieur. Or, ce qui se passe dans un groupe, la manière dont il se forme, s’organise, se structure, dépendent pour une bonne part de ce qui se passe à l’extérieur du groupe, et , en particulier, de ses rapports avec d’autres groupes. C’est ce qu’a magistralement démontré le philosophe Jean-Paul Sartre, dans son analyse de la Révolution Française. Sans la l’amine, explique-t-il, ce groupe (des insurgés) ne se serait pas constitué. Mais d’où vient-il qu’il se définisse comme organe de lutte commune ? Pourquoi ces hommes ne se sont-ils pas disputés les aliments comme des chiens. Comme il arrive parfois ? C’est l’encerclement de Paris par les troupes du roi qui a transformé la horde des affamés en groupe. Et c’est contre un autre groupe, le gouvernement qui tentait une politique de force, contre les « dragons » que le peuple de Paris s’est armé. On le voit, le groupe ne peut être défini sans rapport d’extériorité. C’est particulièrement frappant dans l’analyse sartrienne, où la délimitation du groupe est figurée concrètementpar l’encerclement. Mais tout groupe s’établit en rapport avec d’autres groupes, et définit son fondement, son identité, sa raison d’être, même si ce n’est pas immédiatement apparent. Ainsi, à la Poste, la transformation de la file d’attente en groupe s’opère par rapport à une autre entité, aux intérêts antagonistes, l’entreprise publiqueLa Poste qui cherche à faire des économies. Dans une entreprise, le groupe des grévistes s’oppose aux non-grévistes. Certes, le processus de différenciation grâce auquel un groupe se forme par rapport à d’autres n’est pas forcément aussi conflictuel que dans les exemples évoqués mais il est toujours à l’œuvre. (…)

    Enfin l’intégration dans des groupes et l’appartenance catégorielle participent de la définition de soi qu’élabore l’individu. Dans cette perspective, la dépersonnalisation, qui est, certes, un des processus qui sous-tend les phénomènes de groupe, n’implique rien de négatif. Elle ne correspond pas en effet à une perte d’identité mais à un changement d’optique. En effet, notre groupe se transforme en levier de nospensées et de nos actions. Et pour chacun de nous, être membre d’un groupe n’est pas secondaire, mais au contraire constitutif de notre identité.


    Dominique OBERLE (maitre de conférence à l’université Paris Nanterre), extrait du
    « Dossier » de la revue Sciences Humaines n°94, mai 1999

    Vivre ensemble : le groupe en psychologie sociale

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  • Toulouse 2005

    Annales Psychomotricien : Toulouse 2005

    Epreuve de Français : 2 heures

    […] C’est en 1923 que le biologiste britannique John B. S. Haldane a inventé le terme ectogenesis pour caractériser une grossesse qui serait menée hors du ventre de la femme, dans un utérus artificiel. C’est aussi Haldane, proche d’Aldous Huxley, qui a été indirectement à l’origine du Meilleur des mondes, paru en 1932. Quatre-vingts ans plus tard, et contrairement aux prévisions formulées par Haldane, aucune naissance par ectogenèse n’a été obtenue dans l’espèce humaine. Cette situation ne durera pas. Des recherches sont en cours qui doivent permettre d’atteindre cet objectif, chez plusieurs espèces de mammiferes. Le sujet n’est plus un tabou : il a été officiellement débattu des vices et des vertus de l’ectogenèse humaine, lors du dernier congrès mondial de bioéthique organisé, en novembre 2004, à Sydney. Comment assurer in vitro l’ensemble des fonctions physiologiques normalement assurées par le placenta et l’utérus ? Les membres de la petite communauté scientifique en marche vers cette nouvelle frontière sont ici confrontés à des difficultés techniques très importantes.

    Henri Atlan estime toutefois, avec d’autres, que ces difficultés n’ont rien de fondamental. On n’est ici, toute proportion gardée, qu’à un degré supérieur de complexité par rapport à celle du rein artificiel. Pour l’auteur, ancien membre du Comité consultatif national d’éthique, l’acceptation de cette pratique se fera, selon toute vraisemblance, en deux temps. La première phase sera thérapeutique : il s’agira notamment de prévenir les conséquences des naissances très prématurées, en proposant une fin de gestation hors du corps maternel, sans mise en oeuvre de la fonction pulmonaire. La seconde phase verra ensuite dans le recours à des utérus artificiels efficaces une nouvelle possibilité de donner la vie. Comment, et en invoquant quels arguments, pourra-t-on interdire à des femmes et à des couples d’avoir recours à cette possibilité dès lors qu’ils souhaiteront échapper de la sorte aux risques, aux contraintes et aux souffrances de la grossesse et de l’accouchement ? La question ne se posera plus dans les termes retenus par Huxley dans son célèbre roman de science-fiction.

    Il ne s’agira pas, en effet, de l’utilisation étatique d’une technique d’élevage industriel des futurs humains. On parlera plus simplement de l’usage, dans un espace démocratique et marchand, d’une nouvelle technique de procréation scientifiquement assistée. De ce point de vue, l’utérus artificiel constituera bien une nouvelle étape du processus de dissociation de la sexualité et de la reproduction. A vrai dire, la dernière, sauf à imaginer que le clonage reproductif humain puisse devenir une réalité.Cette perspective ne peut pas, aujourd’hui, ne pas être rapprochée des contradictions émergentes au sein du mouvement féministe quant au respect qui doit ou non être accordé aux liens entre grossesse et maternité. L’arrivée de l’utérus artificiel dans le champ du possible, puis du probable, permet de rendre plus lisible une opposition fondamentale entre les féministes radicales (ou « libertaires») et celles qui le sont moins. Les premières plébiscitent les multiples potentialités offertes par l’ectogenèse. Les secondes jugent cette technique a priori inacceptable. Elles y perçoivent en résumé, le dernier outil en date forgé par une technoscience d’essence patriarcale, une sorte de nouveau «complot mâle» d’autant plus dangereux qu’il menace l’essence même de cette caractéristique de la féminité moderne qu’est la gestation désormais maîtrisée.

    En France, il faut ainsi compter avec le discours provocateur récemment développé par Marcela lacub dans L’Empire du ventre (Fayard). Cette juriste dénonce la toute-puissance maternelle et la «sacralisation» de la fonction de gestation qui font que la maternité est devenue indissociable de l’accouchement. Face à un tel énoncé, on observe une multiplication des prises de parole de leaders féministes qui demandent notamment le maintien de l’interdit de la pratique des mères porteuses et de la commercialisation de la fonction de gestation. L’arrivée de l’utérus artificiel dans le champ de l’assistance médicale et technique à la procréation conduira aussi immanquablement à s’intéresser à la nature et à la fonction de tous les échanges-physiologiques et psychologiques- entre l’enfant à naître et celle qui le porte. Plus généralement, elle imposera de prendre la mesure des multiples dimensions biologiques et symboliques de la grossesse.« Les enfants nés d’une machine, auront des organes génitaux mais pas d’ombilics, a expliqué, à Sidney, Rosemarie Tong, féministe et spécialiste de bioéthique (université de Caroline du Nord). ils seront de simples créatures du présent et des projections dans l’avenir, sans connexions signifiantes avec le passé. C’est là une voie funeste et sans issue.» L’utérus artificiel serait aussi la porte ouverte de manière irréversible vers la création de corps définitivement posthumains.

    L’utérus artificiel ou la dernière frontière humaine par Jean-Yves Nau in Le Monde du 12/03/2005

    Résumez ce texte en 180 mots ( plus ou moins 10% ) et indiquez le nombre de mots.

    Rappel : on entendra par mot l’unité typographique limitée par deux blancs, par un signe typographique et un blanc ou l’inverse. Ainsi l’ compte pour un mot et c’est-à-dire pour quatre.

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  • Paris ISRP 2003

    CONCOURS D’ENTRÉE A L’INSTITUT SUPÉRIEUR DE RÉÉDUCATION PSYCHOMOTRICE

    ISRP Paris 2003

    17 mai 2003 – EPREUVE DE FRANÇAIS

    (Durée : 2 heures)

    Éloge de la différence

    « Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente », Saint Exupéry, Lettre à un otage. Cette évidence, tous nos réflexes la nient. Notre besoin superficiel de confort intellectuel nous pousse à tout ramener à des types et à juger selon la conformité aux types; mais la richesse est dans la différence.

    Beaucoup plus profond, plus fondamental, est le besoin d’être unique, pour «être» vraiment. Notre obsession est d’être reconnue comme une personne originale, irremplaçable; nous le sommes réellement, mais nous ne sentons jamais assez que notre entourage en est conscient. Quel plus beau cadeau peut nous faire l’«autre » que de renforcer notre unicité, notre originalité, en étant différent de nous ? Il ne s’agit pas d’édulcorer les conflits, de gommer les oppositions; mais d’admettre que ces conflits, ces oppositions doivent et peuvent être bénéfiques à tous.

    La condition est que l’objectif ne soit pas la destruction de l’autre, ou l’instauration d’une hiérarchie, mais la construction progressive de chacun. Le heurt, même violent, est bienfaisant; il permet à chacun de se révéler dans sa singularité; la compétition, au contraire, presque toujours sournoise, est destructrice, elle ne peut aboutir qu’a situer chacun à l’intérieur d’un ordre imposé, d’une hiérarchie nécessairement artificielle, arbitraire.

    La leçon première de la génétique est que les individus, tous différents, ne peuvent être classés, évalués, ordonnés ; la définition de «races», utile pour certaines recherches, ne peut être qu’arbitraire et imprécise; l’interrogation sur le «moins bon» et le «meilleur» est sans réponse; la qualité spécifique de l’Homme, l’intelligence, dont il est si fier, échappe pour l’essentiel à nos techniques d’analyse; les tentatives passées d’«amélioration» biologique de l’Homme ont été parfois simplement ridicules, le plus souvent criminelles à l’égard des individus, dévastatrices pour le groupe.

    Par chance, la nature dispose d’une merveilleuse robustesse face aux méfaits de l’Homme :le flux génétique poursuit son œuvre de différenciation et de maintien de la diversité, presque insensible aux agissements humains; l’«univers des phénotypes» où nous vivons, n’a fort heureusement que peu de possibilités d’action sur l’«univers des génotypes» dont dépend notre avenir, transformer notre patrimoine génétique est une tentation; mais cette action restera longtemps, espérons-le, hors de notre portée.

    Cette réflexion peut être transposée de la génétique à la culture : les civilisations que nous avons sécrétées sont merveilleusement diverses et cette diversité constitue la richesse de chacun de nous; Grâce à une certaine difficulté de communication, cette hétérogénéité des cultures a pu longtemps subsister ; mais , il est clair qu’elle risque de disparaître rapidement.

    Notre propre civilisation européenne a étonnamment progressé vers l’objectif qu’elle s’était donné: le bien-être matériel. Cette réussite lui donne un pouvoir de diffusion sans précédent, qui aboutit peu à peu a la destruction de tontes les autres; tel a été le sort, pour ne citer qu’un exemple parmi tant d’autres, des Esquimaux d’Ammassalik, sur la côte est du Groenland, dont R, Gessain a décrit la mort culturelle sous la pression de la «civilisation obligatoire».

    Lorsque l’on constate la qualité des rapports humains, de l’harmonie sociale dans certains groupes que nous appelons «primitifs», on peut se demander si l’alignement sur notre culture ne sera pas une catastrophe : le prix payé pour l’amélioration du niveau de vie est terriblement élevé, si cette harmonie est remplacée par nos contradictions internes, nos tensions, nos conflits. Est-il encore temps d’éviter le nivellement des cultures ? La richesse à préserver ne vaut-elle pas l’abandon de certains objectifs qui se mesurent en produit national brut on même en espérance de vie?

    Poser une telle question est grave; il est bien difficile, face à cette interrogation, de rester cohérent avec soi-même, selon que l’un s’interroge dans la calme douillet de sa bibliothèque ou que l’on partage durant quelques instants la vie d’un de ces groupes qui nous émerveillent, mais où les enfants meurent, faute de nourriture ou de soins.

    Pourrons-nous préserver la diversité des cultures sans payer un prix exorbitant ? Subi ou souhaité, un changement de l’organisation de notre planète ne peut être évité; la parole est donc aux «utopistes». Certains d’entre-eux posent le problème en termes inattendus, ainsi Yona Friedman intitulant un de ses livres Comment vivre entre les autres sans être chef et sans être esclave. Même lorsque le monde qu’ils nous proposent nous paraît vraiment trop «différent» du nôtre, nous pouvons être à peu près sûrs que la réalité le sera plus encore.

    Cet effort d’imagination, il semble que la génération si décriée, qui s’apprête à nous succéder l’ait déjà largement entrepris. La révolte contre la trilogie métro-boulot-dodo, contre le carcan du confort douceâtre, l’affadissement du quotidien organisé, la mort insinuante des acceptations, ce sont nos enfants qui nous renseignent Sauront-us bâtir un monde où l’Homme sera moins à la merci de l’Homme ?

    Albert JACQUARD

    La génétique et les hommes (Editions Le Seuil 1978).

    Questions

    1. Vous résumerez ce texte en 180 mots (+ ou -10 %) (sur 14 points)

    2. Vous expliquerez les expressions suivantes : (3 fois 2 pts)

    – édulcorer les conflits

    – hétérogénéité des cultures

    – utopistes

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  • Paris ISRP 2005

    Annales Psychomotricien : Paris 2005 (I.S.R.P)

    Epreuve de Français : 2 heures

    Bonheurs

    La critique constructive, l’admiration, l’approbation, ce qu’on pourrait appeler la chaleur dans les échanges, sont autant des faits de civilisation que des traits de caractère. Or notre civilisation individualiste, en fondant le bonheur collectif sur l’égoïsme des individus, et la richesse générale sur la concurrence des intérêts particuliers, n’a guère favorisé cette ouverture. Chacun vit séparé, méfiant, conscient de ses droits, cloîtré dans son privé, et considère le voisin comme un étranger, peut-être un concurrent, voire un adversaire. La loi du marché, en se généralisant, rend la société de moins en moins conviviale. Situation peu propice ! Il était peut-être possible jadis de s’enfermer dans un bonheur clos, dans un petit monde abrité, étroit mais confortable. De nos jours, aucun abri n’est à l’épreuve des tumultes extérieurs et l’isolement ne fait qu’accroître l’angoisse. Clos sur eux-mêmes par l’esprit du système et l’exemple des autres, les individus peuvent moins que jamais se défendre contre les agressions. Pour être heureux faut-il donc être dur, aveugle, fermé aux autres, toujours occupé à dominer, à se défendre, uniquement soucieux de ses intérêts ?

    C’est exactement le contraire qui est vrai ! Il faut s’ouvrir. Or s’ouvrir a toujours demandé un effort, et cet effort, dans l’ambiance individualiste qui est la nôtre, est plus coûteux que jamais : le principe biologique d’économie d’énergie nous pousserait plutôt à rester dans nos abris. Seule une exigence d’amplitude peut nous attirer au-dehors : le désir de déploiement et d’épanouissement.S’ouvrir, c’est d’abord assouplir son rythme d’existence, le dérationaliser, le démécaniser, y semer des pauses, lever les yeux, regarder autour de soi et se rendre présent à ce qui se passe. Présence à ce qu’apporte le hasard, mais aussi présence aux autres. L’ouverture est sans limite; on sait que, dans l’amour et les sacrifices qu’il implique, elle abat toutes les barrières et peut aller jusqu’à l’oblation. Mais, sans aller si loin, il est clair que dans le quotidien, l’ouverture est un signe de vitalité. C’est par elle que passe le bonheur.

    Une jachère est un terrain qu’on laisse se reposer un ou deux ans avant de le remettre en culture. Coutume disparue : les engrais artificiels permettent désormais une exploitation ininterrompue. Signe des temps, car nous aussi, nous n’arrêtons pas. Notre existence est compacte, organisée dans le détail, sans temps vides. On bouche les moindres fissures avec le sport, la télé, le journal. Nous ne savons plus flâner; perdre du temps nous semble immoral, car le temps c’est de l’argent. Certains psychologues ont appelé jachères ces précieux moments perdus, espaces vierges, espaces de jeux ouverts à l’imprévu, à l’incertain, à la fantaisie, espaces de promenades sans but, de rêveries sans objet. Alors le bloc dense que formait notre existence se délite ; nous cessons de nous confondre avec ce que nous faisons, de coïncider avec notre vie professionnelle ou familiale. Nous prenons des vacances, nous cueillons des fleurs au bord du chemin, nous lâchons, l’espace d’un instant, le fil qui nous tire en avant. A quoi servent ces interruptions ? Que gagne-t-on à perdre son temps ? On y gagne beaucoup puisqu’on sort de la pauvreté et qu’on entre dans le luxe ! Comprenons que le temps consacré au nécessaire, à l’utile est un temps dont nous nous privons; nous n’avons comme temps à nous que celui que nous mettons en jachère. Un robot n’a pas de temps à soi; il n’en a pas besoin. Mais nous avons organiquement besoin de ces jachères pour y déployer nos rêves, nos désirs toujours insatisfaits, nos projets et nos souvenirs : il s’agit de nous ouvrir à nous-mêmes ! C’est le moment de la poésie, de l’art, de la musique, de la contemplation et d’une certaine créativité non professionnelle : le moment où l’on accepte de s’écouter et, à travers cette écoute, d’entendre l’appel au dépassement. Plus loin encore, on approche d’une zone de silence : plus de souvenirs, plus de projets, plus rien que le sentiment d’exister, le plaisir d’exister, l’existence pure. Ces moments perdus sont-ils vraiment un luxe ? Ou plutôt; ne sont-ils pas plus nécessaires que les autres, ceux qui passent pour utiles ? Ce sont des moments où l’on se concentre au lieu de se disperser; l’action n’y perd rien puisqu’on y revient ensuite avec des forces neuves, comme des terres laissées en jachère on tire de belles moissons.

    Les moines de tous les pays et de toutes les religions ont cherché de cette façon à équilibrer une alternance d’action et de recueillement où l’on se met en état de disponibilité dans la solitude et le silence. C’était pour eux la condition de la vie parfaite. Interrompre le tourbillon des soucis, la boulimie qui force à occuper le moindre créneau, se rendre, au contraire, poreux à ce qui s’offre, voire à l’absence même de perceptions et d’idées, au pur silence… Un autre tourbillon surgit alors, beaucoup plus lent, plus secret, qui creuse son chemin dans notre être et met au jour des niveaux refoulés, dont nous ne savions rien. Régression ? Retour à des fantasmes infantiles ? Pourquoi pas ? Ces régressions nous mettent en contact avec le germe qui fait croître; avec la sève qui irrigue.

    Jean Onimus, Bonheurs, bonheur , Ed. Insep, 1998

    Questions :

    1. Vous résumerez ce texte en 155 mots (+ ou – 10%) ( 15 points )

    2. Vous expliquerez les mots ou expressions suivants : une exigence d’amplitude (1 point), notre existence se délite (1 point), l’oblation (1 point), mettre en jachère (1 point), régression (1 point)

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  • Paris ISRP 2006

    CONCOURS D’ENTREE

    A l’INSTTTUT SUPERIEUR DE REEDUCATION PSYCHOMOTRICE

    ISRP Paris 2006

    13 mai 2006 Epreuve de Français

    La Société Incapable de Décider des Alternatives

    Les rédacteurs du rapport annuel de l’ONUSIDA et de l’OMS sur l’épidémie de sida doivent, chaque année, se livrer à un exercice redoutable. Ils doivent d’une part publier les statistiques relatives aux décès provoques par le VIH et aux nouvelles infections, en progression fulgurante dans certains pays, d’autre part se féliciter rituellement des succès obtenus en matière de prévention on de diminution du taux de prévalence.
    On risque parfois de friser le paradoxe dissimulé derrière un understatement très anglo-saxon. C’est ainsi que l’on apprend que le Kenya fait partie des «bons élèves» de la communauté internationale puisque le taux de prévalence du VIH dans la population a été ramené de 10 à 7 % depuis 2003. L’information est soigneusement mise en valeur par une « accroche » de la maquette: « les baisses les plus spectaculaires de la prévalence se sont produites chez les femmes enceintes du Kenya urbain ». Mais le texte dévoile une toute autre réalité; infiniment moins riante : « Les baisses de l’incidence et de la prévalence du VIH ont probablement été partiellement produites par les changements de comportements, mais deux progressions « naturelles » des épidémies de sida pourraient aussi avoir abaissé la prévalence. Premièrement, au fur et à mesure du développement de l’épidémie et de l’augmentation du nombre des personnes qui décèdent de maladies liées au sida, les taux de mortalité peuvent être supérieurs au rythme auquel les nouvelles infections st produisent.

    En conséquence, le nombre total de personnes vivant avec le VIH s’abaisse (et la prévalence chute) mais le rythme des nouvelles infections à VIH n’est pas nécessairement ralenti.
    Deuxièmement, dans les premiers stades de l’épidémie, le VIH se propage surtout par les personnes les plus exposées au risque de contracter et de transmettre le virus. Leur décès finit par les retirer des circuits de transmission du VIH et (toutes choses étant égales par ailleurs) pourrait provoquer un déclin de l’incidence du VIH qui pourrait se traduire aussi par une baisse de la prévalence ». Le taux a chuté car la mortalité a été élevée, on comprendra que la nouvelle ne porte guère à l’optimisme.
    De fait, le rapport 2005 de l’ONUSIDA et de l’OMS montre que la pandémie, loin d’être enrayée, progresse un peu partout dans le monde. On compte aujourd’hui 40,3 millions de personnes vivant avec le VIH, soit deux fois plus qu’il y a dix ans, en 1995. On a enregistré, en 2005, 5 millions de nouvelles infections par le VIH dont 3,2 millions en Afrique sub-saharienne. 2,1 millions d’entre elles concernaient des enfants de moins de quinze ans. Le sida a tué, en 2005, 3 millions de personnes dont 2,4 en Afrique sub-saharienne. « Et le sida est aujourd’hui l’origine en Afrique, de 6,5% des décès d’enfants de moins de cinq ans contre 2% en 1990 »…
    D’où ce constat dramatique : « Le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde a atteint son niveau le plus élevé jamais enregistré, avec 40,3 millions de personnes (contre quelque 37,5 millions en 2003) ». « Malgré des diminutions des taux d’infection dans certains pays, le nombre global de personnes vivant avec le VIH a continué de s’accroître dans toutes les régions du monde à l’exception des Caraïbes ». Les augmentations les plus marquées concernent l’Europe orientale, l’Asie centrale et l’Asie de l’Est, en particulier la Chine ou les statistiques encore lacunaires n’incitent pas à l’optimisme. On pourrait, d’ici 2010, enregistrer 10 millions de séropositifs en Chine (ils sont actuellement 840 000).
    Directeur exécutif de l’ONUSIDA, le Dr Peter Piot conclut : « L’épidémie de sida continue à surpasser les efforts déployés pour la contenir aux niveaux national et mondial… Il est clair qu’un accroissement rapide de l’étendue et de la portée des programmes de prévention du VIH est requis de toute urgence ». Une manière habile de reconnaître la faillite des politiques menées jusqu’à ce jour. En 1981, lors de l’apparition du virus, le sida était le «syndrome imaginaire pour décourager les amoureux ». Aujourd’hui, il est le révélateur d’une « société incapable de décider des alternatives ». Le prix à payer a été particulièrement lourd : 25 millions de personnes sont mortes du sida depuis 1981. Et, au rythme actuel, ce ne pourrait être qu’un acompte.

    Patrick Girard Marianne novembre 2005

    Questions

    1. Vous ferez le résumé de ce texte en 170 mots (+ ou – moins de 10 %) / 14

    2. Vous définirez et expliquerez :

    – Prévalence /1.5 point

    – Pandémie / 1.5 point

    – Statistique encore lacunaires /1.5 point

    – Programme de prévention /1.5 point

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  • Paris ISRP 2002

    Annales Psychomotricien : Paris 2002 (I.S.R.P)
    Epreuve de Français : 2 heures

    1. Résumez ce texte en 180 mots (+ ou — 10%) (16 Points )
    2. Expliquez les expressions soulignées ( 4 Points )
    Opprimées et soumises

    Il faut bien convenir, comme le formule M. Claude Lévi-Strauss cité par M. Alain Decaux, qu’il existe depuis bien longtemps ” une relation fondamentale d’asymétrie entre les sexes “, en fait depuis un million d’années qu’il y a des hommes, et qui exploitent une des deux plus intéressantes moitiés — à coup sûr la plus charmante — de l’humanité. Sommes-nous si loin de la préhistoire ? Le premier tome d’une histoire des Françaises qui nous conduit de la femme de Roquebrune (1 000 000 avant Jésus-Christ) aux premières amours de Louis XIV peut très légitimement s’intituler “la Soumission”. Le temps de la soumission a été un très long temps. Pendant cette période, donc pendant la quasi-totalité de l’histoire humaine, la quasi-totalité des femmes ont été traitées en objet d’échange, de convoitise, de propriété. Et cela, en France aussi bien qu’ailleurs. Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’elles s’en plaignent. Mais cela s’explique-t’ il seulement par la contrainte ? On sait bien que la lutte pour l’égalité n’a pris que très récemment un caractère cohérent.

    Deux faits essentiels ont fort longtemps mis obstacle à l’émancipation des femmes. D’abord, bien entendu, la volonté des hommes, étayée sur la force, les lois, les traditions et des considérations théoriques qu’il est hors de propos de discuter ici. Mais aussi bien l’absence de protestation des femmes, qu’elle s’explique par la résignation, l’impuissance, l’ignorance où elles étaient maintenues, l’égoïsme ou le bonheur auquel certaines d’entre elles atteignaient quand même. Demander la libération de la femme, c’est demander que toute femme bénéficie légalement et pratiquement des avantages conquis individuellement, dans le passé, par quelques femmes. C’est une démarche moderne. S’il y a eu, au cours de la période que traite M. Alain Decaux dans ce premier tome, un mouvement fréquemment interrompu, une résistible ascension comportant des temps morts, des repos, des chutes, c’est bien celui-là. Et si le sujet n’avait jamais été traité, c’est qu’il tient de la gageure. Certes, on peut à toute époque dégager des tendances, des moyennes. La « Gauloise moyenne » était plus libre et plus considérée que la Gallo-Romaine, encore que cette liberté ait également consisté, à la soviétique, en ce qu’on la jugeait apte aux travaux les plus durs. L’époque mérovingienne et le Haut Moyen Age marquent ici comme ailleurs une régression. Les croisades, la guerre de Cent Ans, la Renaissance sont, au contraire, autant d’étapes vers un peu plus de lumière. Mais nous restons ici au niveau du schéma. Comment cerner de plus près cette réalité ondoyante et multiple, l’existence des femmes au long des millénaires ? Comment définir cette créature si diverse ? Aucune ne ressemble à aucune autre, ni d’un siècle sur l’autre, ni d’une région ou d’une condition à l’autre. Et l’exception vient sans cesse infirmer la règle. Ainsi la reine semble-t’elle à tous points de vue plus libre que l’esclave ou la serve, la châtelaine que la religieuse, la femme des villages que la paysanne. Mais dans la pratique médiévale, l’adultère royal ou aristocratique est plus sévèrement châtié que celui des femmes d’humble condition. Dans l’extrême misère, il n’y a guère de distance entre le « vilain » et la « vilaine ». La femme célibataire ouveuve jouit d’une indépendance évidente, par rapport à celle qui est «en puissance de mari ». A condition d’avoir de quoi vivre.

    La vérité est qu’il n’y a jamais eu de statut féminin en France. Ou plus exactement que ce statut, dans ses états successifs, a toujours été troué de dérogations. Il n’est pas d’exemple, et même aux temps les plus barbares, que la ruse, l’amour, la volonté, la loi parfois n’aient transformé la vie de certaines femmes. Il y a toujours eu des femmes qui « portaient la culotte », bien avant que Catherine de Médicis inventât cette pièce d’habillement. Il y a toujours eu des femmes libres de leur corps, de leur propos, de leur destin. Question de caractère ou de circonstances. Ainsi Clotilde, femme de Clovis, ou Judith, épouse de Charlemagne. Ainsi, dans un registre différent, Frédégonde ou Brunehaut. Les reines de France ont, pour la plupart, vécu dans l’ombre de leur mari. Mais en cas de veuvage et de minorité royale, elles devenaient toutes-puissantes. Ainsi Blanche de Castille, Catherine et Marie de Médicis ou Anne d’Autriche. Les deux premières exercèrent la régence avec une grande virilité. Les deux autres n’ont rien eu de plus pressé que de l’aliéner, naturellement entre les mains d’un homme. Où l’on vérifie que le pouvoir et les lois ne sont que ce qu’on en fait. Cela dit, les régentes n’étaient pas considérées comme femmes, mais comme veuves et mères. D’une autre façon, certaines dames ont su régner par les sens. Mais c’est par leur soumission même au désir des souverains et des grands de ce monde, qui n’est rien d’autre, sous le velours et la soie, qu’un bon gros désir de mâle, qu’Agnès Sorel ou Diane de Poitiers sont amenées à jouer un grand rôle. A l’autre bout de l’échelle, la sainte, l’héroïne, l’inspirée ont vu reconnaître leur supériorité, transitoirement ou durablement. Ainsi Geneviève de Nanterre ou Jeanne d’Arc. Mais nous voyons bien qu’il s’agit là de cas très particuliers. Rares, très rares, pendant des siècles, ont été les femmes qui sont parvenues à se faire reconnaître et respecter comme égales sans tomber dans la prostitution ou être auréolées d’une mission divine. Il faut attendre le début du XVII’ siècle pour assister à un changement décisif. Non pas tant du côté des belles amazones qui tirent le canon pendant la Fronde, rivalisant avec les hommes sur le terrain des hommes et ne s’en trouvant pas si bien. Le salon, la conversation, la politesse, inventions féminines, changent les données du problème. La marquise de Rambouillet reçoit sur son lit, mais pour mieux narguer les hommes qui n’ont pas le droit de s’y étendre à ses côtés. Le Puritanisme des précieuses est avant tout volonté de ne pas subir la loi du plus fort. Il ne s’agit plus de briller par la brutalité, le muscle et l’épée. Les femmes exigent désormais des hommes l’élégance, la finesse, l’esprit et elles leur démontrent qu’en ces domaines elles n’ont rien à leur envier.

    Alors autour de la divine marquise, de Magdeleine de Scudéry, de Françoise d’Aubigné, de leurs émules de la cour, de la ville, de la province se groupent des hommes, de plus en plus nombreux qui, pour la première fois, traitent sincèrement les dames en interlocutrices valables. On remet en question l’ignorance des filles, on demande pour elles cette liberté de choisir sans laquelle il n’est pas de mariage humain. Le temps de l’homme subjugué commence avec l’annonce d’un monde plus civilisé.

    Dominique JAMET, Extrait du Figaro, 1972.

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  • Toulouse 2004

    Annales Psychomotricien : Toulouse 2004

    Epreuve de Français : 2 heures

    Les constellations familiales recomposées sont à la fois attirantes et inquiétantes. Si elles sont attirantes, c’est parce qu’elles tendent à concilier les deux temps qui paraissent inconciliables, le temps conjugal de l’histoire, et le temps parental de l’immuable. Mais si elles inquiètent, c’est parce qu’un tel dépassement ne va pas sans une modification profonde de I ‘un et de l’autre de ces temps. De nombreuses recherches contemporaines montrent qu’une constellation familiale recomposée ne peut fonctionner que par une certaine redéfinition du temps conjugal. Ce temps dépend aussi de la permanence, et d’une redéfinition symétrique du temps parental, qui relève aussi de l’histoire.Le réseau recomposé ne peut fonctionner que si les ex-époux parviennent à accepter que, dès lors qu’ils sont parents, leur séparation ne sera jamais totale, leur liberté jamais entièrement retrouvée. Ils doivent accepter que leurs relations perdurent, sous une forme différente.

    Rester deux parents en ne constituant plus un couple : cette contrainte, forte, suppose de faire le deuil de l’aspiration à la table rase, y compris en ce qui concerne leurs relations personnelles d’ex-époux. Si les divorcés sont « une population qui aspire à fuir son passé », ce passé ne se laisse pas oublier. En outre, la collaboration suppose l’élaboration de normes de référence, de limites et de repères qui sont actuellement à peine en train d’émerger. Que penser, par exemple, de la proximité des domiciles ? Doit-elle être considérée comme un devoir ? Comment apprendre à distinguer deux parents et un couple parental ? Et donc, en l’absence d’une éducation commune de l’enfant, comment rendre les principes éducatifs de chaque parent entre lesquels circule l’enfant compatibles avec l’autre ? De là, des négociations permanentes, dans lesquelles se mêlent inextricablement la passion et la raison, les jeux identitaires et l’appel à des principes universalisables. Pour les seconds époux ou compagnons, la constellation recomposée signifie également accepter que le temps de leur propre histoire conjugale ne commence pas à la rencontre, qu’il n’efface pas le passé, mais doit nécessairement l’intégrer. Héritant de la vie conjugale de l’autre, il leur faut apprendre à composer avec les conséquences au quotidien d’une histoire dans laquelle ils n’ont aucune part, gérer Ieurs propres relations avec I ‘ex-époux de l’autre et sa parentèle1 , trouver la « juste distance » qui leur permettra d’émanciper leur propre couple.

    Tout cela bouleverse des repères profondément ancrés, et constitue une fragilité d’autant plus grande que les individus ont le sentiment de ne pas pouvoir s’appuyer sur des normes claires leur permettant de désaffectiver et de dépersonnaliser les conflits qui les opposent. De l’autre côté, la constellation familiale recomposée suppose que Ies parents acceptent que rien ne soit immuable, que le statut ne fait pas le parent sans une actualisation permanente du lien de filiation. Concevoir qu’un parent ne reste un parent que dans des relations concrètes avec l’enfant, suffisamment denses et fréquentes, suppose de modifier progressivement la distinction classique entre gardien et non-gardien au profit d’une co-parentalité, et charge chacun de la responsabilité de maintenir les relations de l’enfant avec son autre parent… Ce qui ne va pas sans difficulté en cas de conflit aigu. Cela signifie aussi, pour les deux parents, accepter que leur place de parent soit unique, mais pas exclusive, et que se surajoute une figure originale inédite, alors qu’ils pensaient être à jamais les uniques références parentales.

    I. THERY, article paru dans Sciences humaines, décembre- janvier 1994.

    Vous résumerez ce texte en 135 mots (+ ou —10 %). Vous indiquerez le nombre de mots utilisé.

    1 Parentèle : ensemble des parents

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  • admis psychomot Hyeres 2012

    LISTE des admis en Institut de Formation

     en Psychomotricité

     

     
    Hyères 2012

    Liste principale par ordre alphabétique : 40 places

    RANG
    NOM
    Prénom
    1
    ANCELY
    Pierre
    2
    BERNADOU
    Yohan
    3
    BERNICAL
    Coralie
    4
    BERREBY
    Audrey
    5
    BERTELLI
    Chloé
    6
    BOTTON
    Louise
    7
    BOUQUET
    Solène
    8
    BROIN
    Barbara
    9
    BRULPORT
    Marie
    10
    CARDOT
    Pierre
    11
    COZZELA
    Amandine
    12
    DE GALVEZ
    Lucie
    13
    DEDELLE
    Sophie
    14
    FOREAU
    Tiphaine
    15
    FRANCAIS
    Claire
    16
    GREBOT
    Aurélie
    17
    GUILLOPE-PIERRE
    Clarisse
    18
    HUSSON
    Camille
    19
    LAPENDRY
    Pauline
    20
    LARRAMONA
    Lucia
    21
    LE MONTAGNER
    Bérénice
    22
    LONGUEVILLE
    Marig
    23
    LORIQUE
    Gwendoline
    24
    LOSSINGER
    Cindy
    25
    MARTEAU
    Sarah
    26
    MARTINEAU
    Marie
    27
    MESLIER
    Cindy
    28
    MOUNIB
    Marion
    29
    MOUSSU
    Marie-eve
    30
    NARO
    Clémence
    31
    PAGGETI
    Marion
    32
    PARATIAS
    Mathilde
    33
    PIGNON
    Laura
    34
    PLATON
    Anthony
    35
    RASCLE
    Amélie
    36
    ROLLAND
    Amandine
    37
    SANTONI
    Lucile
    38
    SCHOEN
    Laure
    39
    SIMONOU
    Sarah
    40
    UNDERNEHR
    Hélène
                                                             Source : cliquez ICI (document non archivé)
  • Paris Salpêtrière 1998

    Concours Psychomotricien Paris Pitié – Salpétrière
    Epreuve de Français

    L’épreuve de Français des psychomotriciens comporte un résumé, une discussion et des questions de vocabulaire. Selon les concours, vous pouvez être amené à traiter les trois sujets en deux heures. Il peut aussi vous être demandé de ne faire qu’un résumé.

    Sujet 1: Concours Psychomotricien. Faculté de médecine Pitié-Salpétrière-Session 1998
    Résumez le texte suivant en 150 mots avec une marge de + ou – 15%

    La société Française était , au début de ce siècle, divisée en trois grandes classes sociales aux barrières rigides, véhiculant chacune des codes de conduite, des valeurs et des styles de vie propres: ouvriers, bourgeois et paysans vivaient dans des mondes clos et étanches. Le paysan vivait dans une société autonome, formant une véritable civilisation à part, centrée sur l’entreprise familiale, l’autoconsommation, les coutumes villageoises, le poids de la tradition et de l’Eglise. L’ouvrier vivait lui aussi dans son monde propre, avec sa conscience de classe assez nette, son langage, ses formes de sociabilité et sa psychologie. La bourgeoisie enfin, que l’on peut diviser en rentiers, industriels et professions intellectuelles, évoluait elle aussi dans une sphère à part, cherchant à tout prix à marquer ses distances avec les couches populaires. L’instruction, le savoir-vivre, la respectabilité en étaient les marques premières. Bref, à chaque classe correspondait une culture, un mode de vie, une morphologie et une psychologie propre.
    En quelques décennies, ces modes de vie distincts sembelent avoir explosé sous l’action de grandes forces d’unification.

    La disparition progressive du monde paysan comme “civilisation autonome” est le premier facteur d’unifiaction. En unn demi-siècle, le nombre de paysans français est passé de cinq millions à moins d’un million aujourd’hui. De plus, les paysans actuels sont devenus peu à peu agriculteurs, c’est-à-dire une catégorie socioprofessionnelle comme les autres, dont les traits distincts s’effacent. Les agriculteurs roulent en automobile, regardent la télévision, s’habillent en blue-jean…La fin de la civilisation agricole a été le premier grand facteur d’unification sociale et culturelle.

    Le resserement des inégalités de revenus et la consommation de masse ont contribué à atténuer les différences. Des années 1950 aux années 1980, la France a vécu une tendance nette au resserrement des inégalités de revenus et de patrimoines. Même si cette tendance à l’égalisation des revenus s’est stabilisée depuis une dizaine d’années, l’évolution sur un demi-siècle a joué dans le sens d’une homogénéisation des conditions de vie. Il y a encore trente ans, le mode de vie du cadre se distinguait nettement de celui de l’ouvrier, l’un était propriétaire, l’autre habitait en HLM. L’un roulait en voiture, l’autre en mobylette. L’un partait en vacances, l’autre non. Les enfants de l’un allaient allaient au lycée, ceux de l’autre en apprentissage. La distinction aujourd’hui est moins tranché. L’un comme l’autre possède télévision, magnétoscope, voiture, téléphone… Ce qui distingue le cadre de l’ouvrier est moins la différence des types de consommation que le prix des produits achetés. De sorte qu’il est moins aisé de reconnaître au premier coup d’oeil un employé ou un cadre supérieur dans un supermarché.

    D’autres facteurs on également joué dans le sens de l’homogénéisation: la mobilité sociale, qui a pertmis une réelle circulation entre les groupes sociaux depuis l’après-guerre; la culture démocratique véhicule également des codes de comportements égalitaires entre les individus. La télévision et l’enseignement de masse ont sans doute également contribué unifier les comportements et à diffuser une culture commune.
    Faut-il conclure de ces évolutions qu’il n’existe plus de classes mais un modèle unique de mode de vie?

    C’est la thèse soutenue par certains théoriciens de la “société postmoderne”. Selon un courant de sociologue anglo-saxons, fortement inspirés par des auteurs français, la société postmoderne se caractériserait -entre autres évolutions- par une disparition des anciennes classes sociales au profit d’un patchwork de “style de vie ” changeants et assez proches. Nicolas Herpin, qui s’est attaché à présenter et discuter les thèses des sociologues postmodernistes, résume ainsi une de leurs propositions principales: “A une stratification sociale hiérarchisée en un petit nombre de classes, bien distinctes les unes des autres, se substitue une structure plus floue: la nébuleuse des classes moyennes.”

    “Vers l’homogénéisation de la société?”J-F. DORTIER, Sciences humaines, septembre-octobre 1995

    Concours Psychomotricien Paris Pitié – Salpétrière
    Corrigé de l’épreuve de Français

    La population française était répartie vers les années 1900 en trois grands types sociaux aux convenances distinctes que sont la paysannerie fondamentaliste et autosuffisante, la caste ouvrière et la fine bourgeoisie.

    Sous l’ascendant de plusieurs éléments, ces attributs se sont confondus. D’abord par l’appauvrissement des particularismes socioculturels de la population paysanne par le rapprochement avec le monde moderne. Puis les modifications des pouvoirs d’achat ont homogénéisé les us et coutumes et amenuisé les caractères ostentatoires d’apparat.

    Cette standardisation se justifie ainsi par l’affaissement des determinismes sociaux et de la démocratisation de la culture par celles de l’école et de la télévision. Cele suffira-t-il pour avoir pour conséquence la fin des classes sociales et miser comme certains sociologues sur l’émergence d’une tradition univoque parsemée de disparités singulières?

    136 mots

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  • Toulouse 2010

    Annales Psychomotricien : Toulouse 2010
    Epreuve de Français : 2 heures

    Vous résumerez ce texte en 165 mots (+ ou – 10%). Vous indiquerez le nombre de mots utilisés et vous aurez soin de faire figurer, tous les 20 mots, un trait vertical.

    Qu’est-ce-que la culture ? Vous avez chacun votre définition, je suggère celle-ci : la culture est une prise de conscience par l’individu de sa personnalité d’être pensant, mais aussi de ses rapports avec les autres hommes et avec le milieu naturel. De telle sorte qu’un homme cultivé est un homme qui se conçoit et qui, en même temps, se situe ; ce n’est pas un anarchiste, ce n’est pas un individu isolé, il est membre de sa collectivité, il est membre de l’univers, il est membre de l’espèce humaine ; il a des rapports avec la terre, avec les autres hommes et il cherche à les connaître. Dans ces conditions, la culture est une conception personnelle de la vie en tant que conçue par un individu. Pour être cultivé, il n’est pas nécessaire d’être instruit livresquement. Ce qui est important, c’est l’opération de la prise de conscience de la personnalité et celle qui consiste à se situer. Je vous dirai tout à l’heure qu’à mon avis, un artisan, un paysan de la tradition française, est, par essence, un homme cultivé ; beaucoup plus cultivé que tel Américain, mécanisé au maximum, chef d’industrie que je considère comme inférieur en tant qu’être humain.
    Ce serait donc une erreur de considérer la culture comme une affaire de livres, comme une affaire de bibliothèque ou de strict enseignement, c’est beaucoup plus profond que cela. Cependant, c’est principalement par les livres et par l’enseignement que l’on peut apprendre la culture.
    Comment est-ce qu’on l’acquiert ? D’abord par l’observation personnelle, par la réflexion personnelle et lorsque votre métier comporte la culture, alors l’expérience du métier est la fondation de la plus belle culture qui soit au monde, la vieille culture de l’artisan, du paysan qui connaît sa terre, ses instruments, son climat, les possibilités de son domaine et ses limitations ; j’appelle cela une culture, même si le paysan ne savait pas lire. Pour moi, la réflexion personnelle est à la base de la culture et celui qui ne réfléchit pas individuellement a beau être un homme chargé de science, il ne sera pas un homme cultivé.

    D’autre part, la lecture est un élément absolument essentiel pour connaître ce que les grands penseurs ont imaginé de la vie et des hommes, de même que la conversation. Cette dernière est un élément fondamental de la culture et même, dans certains cas, elle peut remplacer la lecture. Dans une ville comme Paris, il est plus difficile de lire qu’en province ; les hommes de province sont beaucoup plus cultivés que les Parisiens par la connaissance qu’ils ont de la littérature parce qu’ils disposent de leurs soirées. Mais le Parisien se rattrape dans une certaine mesure par la conversation, conversation mondaine dans le sens le plus général, conversation avec les collègues, et des collègues d’ une formation différente de la sienne. Elle vous sort de votre milieu, par le contact avec des gens qui ont une formation autre que la vôtre. Mais que vous appreniez par la lecture ou par la conversation, par les yeux en lisant ou par l’oreille en écoutant, c’est toujours une affaire de contact.
    Enfin, pour être un homme cultivé, il faut avoir assimilé, consciemment ou inconsciemment, tout l’apport séculaire de la civilisation, tout ce que la tradition des siècles antérieurs a donné à l’ homme. Cette assimilation peut se faire par la lecture, par l’enseignement, par la conversation, par une espèce d’osmose, en respirant dans un certain climat ; de la même manière que l’enfant est formé par l’atmosphère familiale et par les conversations qu’il entend à la table de famille, l’homme appartenant à une civilisation est formé par l’air même qu’il respire, par les maîtres qu’il a, par les amis qu’il rencontre, j’en reviens donc toujours à cette conception que l’opération essentielle ici, c’est la prise d’individualité quel que soit le moyen par où vous l’obtenez.

    André Siegfried «Technique et culture dans la civilisation du xxe siècle», conférence du 6 janvier 1953, publiée par le Centre National de Documentation Pédagogique

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