Category: Annales & corrigés

Sujets d’annales et corrigés classés par concours, par école et par année.

  • Annales concours Infirmier 2016. Ifsi Normandie. CHU Rouen. Epreuve de culture générale : Les jeux

    Annales Concours Infirmier
    IFSI CHU Rouen. Session 2016

    Les jeux ne sont pas faits dès la sortie de l’école

    Source : Ministère de l’Éducation Nationale, novembre 2014

    -140 000 jeunes quittent chaque année le système éducatif sans diplôme équivalent au baccalauréat ou à finalité professionnelle

    -620 000 jeunes âgés de 18 à 24 ans sans diplôme du second cycle restent durablement en dehors de tout dispositif de formation

    230 000 € est le coût évalué pour la France d’un élève ayant décroché tout au long de sa vie, soit près de 30 milliards de dette contractée chaque année. ….Le taux d’échec scolaire en France n’a jamais été aussi élevé, amenuisant les espoirs d’in­sertion professionnelle de centaines de milliers de jeunes. Consciente de cette dure réalité, l’École de la 2e chance se pose comme une alternative pour ceux qui n’ont pu trouver leur place dans le système scolaire. Son but est de les aider à redevenir acteurs de leur vie pour mieux intégrer le monde du travail.

    L’an dernier, plus de 800 000 enfants ont vu le jour en France. Dans trois ans, la plupart d’entre eux entreront en maternelle. En 2020, ils seront en cours préparatoire, embarqués dans la grande aventure de l’école de la République, formellement instituée par Jules Ferry en 1882. En 2032, à l’issue de 15 années de scolarisation, 150 000 d’entre eux sortiront sans aucun diplôme. Privés de ce sésame dans notre pays pour obtenir un entretien d’embauche, ils iront grossir les rangs des « NEET1 » des jeunes qui ne sont ni à l’école, ni en formation professionnelle, ni en emploi, dont le nombre est estimé à 1 900 000, et dont la moitié ont abandonné tout espoir d’insertion professionnelle.

    Telle est, en tout cas, la situation actuelle : un taux d’échec scolaire de 17 %, qui constitue une bombe à retardement, à tous points de vue : économique, social, politique, moral.

    Pourtant, notre système scolaire a considérablement évolué depuis sa fondation, massifiant l’accès à l’enseignement secondaire et universitaire, faisant passer la durée de scolarisa­tion de 7 à 15 années, amenant 80 % d’une classe d’âge au niveau du bac… Mais comme l’écrit Hervé Hamon2, « le niveau monte mais les écarts se creusent ». Sur ce sujet, les ana­lyses fleurissent, souvent acerbes à l’encontre d’un système d’éducation nationale que l’on connaît peu, somme toute, et pour lequel on a du mal à considérer posément, globalement comme un des acteurs de l’insertion sociale et de l’accès à l’emploi. On évoque plus rare­ment la responsabilité partagée du monde de l’entreprise qui ne cesse d’augmenter ses exigences et peine à gérer la formation continue…

    Une recette simple

    C’est dans ce contexte que s’inscrivent les Écoles de la 20 Chance (E2C), créées en 1997 pour offrir une nouvelle chance à ceux qui n’avaient pas trouvé leur place dans le système. Elles s’adressent à des jeunes de 18 à 26 ans, sortis sans diplôme du système éducatif depuis plus d’un an.

    Le principal critère d’admission est la volonté de s’y remettre, de prendre sa vie en main ; le second critère est la capacité à travailler en autonomie dans un collectif dont on respecte les règles.

    Lobjectif est de définir et de mettre en oeuvre un projet professionnel cohérent, qui fasse correspondre les aspirations du jeune avec ses compétences et avec les besoins du marché du travail local.

    Le principal levier d’action, c’est la multiplicité des stages de découverte dans des entreprises, qui permettent de comprendre la vraie nature des métiers, mais aussi de tester ou de révéler des aptitudes ; ces stages s’effectuent en alternance sur des périodes de trois semaines.

    Les périodes de présence à l’école sont dédiées à la réactivation de connaissances en mathématiques, français informatique et culture générale, doublées par un accompagne­ment à l’élaboration du projet professionnel et à la recherche du stage suivant ; des projets collectifs permettent de développer des aptitudes sociales et des capacités d’organisation, en même temps qu’une conscience civique.

    La finalisation du parcours fait l’objet d’une Attestation de compétences acquises (ACA), un document détaillé présentable à un employeur dans le cadre d’un processus de recrutement et qui atteste réellement de compétences mises en oeuvre, au même titre que la VAE (vali­dation des acquis de l’expérience) ou qu’un passeport de compétences (France Bénévolat).

    Pour cela les E2C s’appuient sur des formateurs engagés, motivés par ce combat pour la 2e chance, et sur les relais dans les collectivités locales ou dans des entreprises. Le budget des écoles provient pour 1/3 des régions, l’État contribuant pour 26 % et le Fonds social européen
    (FSE) pour 16 %, et les 25 % restant correspondant à des subventions de
    collecti­vités locales (10 %), à la taxe d’apprentissage (7 %) et à des dons ou
    subventions. Les jeunes sont stagiaires de la
    formation continue et touchent l’allocation correspondante.

    Cette « recette », qui fait l’objet d’un label certifié par l’AFNOR, audité
    tous les 2 ans, per­met d’accueillir 14 000 jeunes par an dans 43 E2C
    françaises, pour des parcours de moins d’un an, avec un taux de sortie positive
    (CD’ ou formation professionnalisante) de plus de 60 %. Les autres ne sont pas
    perdus pour autant, car ils sont rentrés dans une démarche, et celle-ci
    aboutira parfois plusieurs années plus tard. Depuis presque 20 ans, les E2C
    prouvent que les jeux ne sont pas faits à la sortie du système scolaire.

    Les entreprises, partenaires privilégiés

    L’approche des E2C permet surtout d’engager le dialogue entre les
    différentes parties pre­nantes de l’insertion sociale des jeunes : l’école de
    la République ; les structures d’inser­tion professionnelle comme les missions
    locales et Pôle emploi ; les entreprises ; et enfin, qui sont interpellées dans
    leurs capacités à offrir une deuxième chance en acceptant de prendre en compte
    des jeunes que la dictature du diplôme a écarté de leurs portes.

    Cependant les E2C sont des structures fragiles.
    Elles n’existent que localement, de par la volonté des collectivités locales et
    des entreprises, sur des territoires restreints. Elles répondent à un besoin
    des territoires, des entreprises, des citoyens : faire en sorte que chacun
    trouve sa place dans l’emploi. À ce combat, chacun peut contribuer en ouvrant
    les portes de son entreprise, en venant présenter son métier, et en venant
    donner un coup de main aux formateurs, sans oublier naturellement les soutiens
    financiers nécessaires pour payer les salaires et les loyers.

                                                                                                             Denis Bouchard, 1er mai 2015, lerotarien.org.

    ———————————————————————————————————————————————————————————————————————————–

    1 NEET : Not Employement Education or Training ou jeunes qui ne sont ni à l’école, ni en formation professionnelle, ni en emploi, note le Conseil d’analyse économique du 23 avril 2013.

    2 Hervé Hamon, Tant qu’il y aura des élèves, Paris, Seuil, 2014.

    Questions :

    1. Avec vos mots, faites une synthèse de cet article (en 25 lignes maximum) (6 points)

    2. Quelle problématique soulèvent les alinéas suivants :

    – 1èr alinéa de “de source…”à “…contractée chaque année”;

    – 4ème alinéa de “Telle est, en tout cas…”à “les écarts se creusent” ? (5 points)

    répondez avec vos mots (en 25 lignes maximum), en vous appuyant sur les données chiffrées.

    3. Expliquez avec vos mots (en 25 lignes maximum) les ressorts essentiels de la “recette” de l’école de la 2ème chance qui permet d’obtenir un taux de sortie positive (en CDI ou en formation professionnlisante) pour plus de 60%des jeunes qu’ils accueillent et accompagnent”(6 points)

    3 points sont attribués à l’orthographe et à la syntaxe.

  • Annales concours Infirmier 2016. Ifsi Languedoc Roussillon – Midi Pyrénées . Epreu. Culture générale


    Annales concours Infirmier 2016

    Ifsi Languedoc – Roussillon – Midi-Pyrénées.

     1er sujet

    La « googlisation » des esprits

    Le Nouvel Observateur : Votre dernier livre s’appelle Pour une écologie de l’attention : en quoi notre capacité à nous concentrer vous apparaît-elle comme un enjeu politique et écologique ?

    Yves Citton : Je définis l’attention comme une « interface » entre ma subjectivité et ce qui vient la nourrir. Cette interface peut se situer à l’échelon individuel ou collectif, et je propose donc de distinguer trois niveaux d’attention : il y a tout d’abord l’attention individuelle qui a été largement étudiée par les neurobiologistes ou les psychologues et qui se manifeste par la focalisation de l’énergie psychique d’un certain sujet sur un certain objet (livre, visage, écran). Le deuxième échelon, c’est « l’attention conjointe », qui unit le bébé à sa mère lorsqu’il apprend à suivre son regard ; on la retrouve pendant un concert ou un défilé politique : un spectateur applaudit le solo du musicien, un manifestant crie un slogan et c’est toute la foule présente qui embraye. Enfin, le troisième niveau est ce que j’appelle « l’attention collective » : des individus séparés reçoivent un message – ils regardent la télévision, lisent un journal ou surfent sur internet – en étant isolés les uns des autres mais en ayant conscience qu’au même moment d’autres reçoivent le même mes­sage. Ils n’ont pas besoin d’être en coprésence pour appartenir à un collectif : c’est ce que le sociologue français Gabriel Tarde a appelé « le public » et dont l’émergence dépend étroitement des outils de communication : l’imprimerie, les journaux, la radio, le cinéma, etc. Dès lors, l’attention devient un élément déterminant de la vie politique.

    NO : L’idée court que nous serions dans une « crise de l’attention ». Connectés 24 heures sur 24, toujours en attente d’un texto, nous serions devenus incapables de nous concentrer sur un seul objet de façon durable. Partagez-vous le diagnostic d’une « googlisation » des esprits ?

    YC : J’ai toujours envie de résister au discours catastrophique. Ce diagnostic n’est pas nouveau : à la fin du XIXe siècle, scientifiques et essayistes s’inquiétaient de ce que le développement de la réclame ou du travail à la chaîne n’émiette la capacité d’attention de l’homme. Si l’on remonte encore plus dans le temps, Voltaire et Rousseau se plaignaient de passer des heures à répondre à leur courrier, comme nous nous plaignons du temps que nous prennent nos mails. Néanmoins, je reconnais que les membres de la classe moyenne éduquée et connectée sont nombreux à vivre aujourd’hui une « crise de l’attention ». L’accélération technologique multiplie les sollicitations qui nous sont adressées et bon nombre d’entre nous sont en permanence débordés. Mais le problème réside moins dans les interruptions permanentes de l’attention au niveau individuel (le téléphone qui sonne pendant une discussion, le mail auquel je dois répondre en urgence) que dans la déformation invisible à laquelle est sujette l’attention collective. La multiplication des sollicitations est une manière de façonner l’attention des publics et donc de définir les sujets qui comptent. […]

    NO : Vous plaidez pour une « écologie de l’attention ». Qu’entendez-vous par là?

    YC : En focalisant notre attention sur la question du prix, le capitalisme nous a désappris à faire attention aux implications sociales des objets que nous consommons. Lorsque j’achète un fruit à mon voisin, je sais d’où il vient, la saison où il pousse. Lorsque je vais au supermarché, j’oublie ses conditions de production, de transport, de distribution. L’écologie de l’at­tention consiste donc à replacer le fruit (ou n’importe quel autre produit) dans son environnement, à reconnecter ce que le capitalisme a fragmenté. De la même façon, on a longtemps développé le transport aérien sans faire attention aux effets de la pollution sur le climat : il est aujourd’hui impératif d’agrandir notre régime attentionnel aux effets environnementaux de nos modes de consommation.

    NO : Vous vous livrez à un étonnant éloge de la distraction. L’attention mor­celée, dites-vous, possède une valeur propre.

    YC : On oppose trop souvent la « bonne » capacité de concentration (parée de toutes les vertus) à la distraction (qui n’aurait que des défauts). On dit qu’à force de faire plusieurs choses à la fois, « les jeunes » n’arriveraient plus à se concentrer. À rebours de ce catastrophisme, je propose de voir l’évolution de l’attention comme une adaptation aussi prometteuse par certains côtés qu’inquiétante par d’autres. La multiattention a toujours existé, c’est une faculté de l’esprit humain ; simplement, les jeunes géné­rations apprennent à la développer davantage, et ce qui apparaît comme de la distraction est souvent une réponse très habile et très compétente à des sollicitations multiples ou à un élargissement du champ de perception. Regardez dans le champ universitaire ce que l’on appelle « l’interdisciplina­rité » : ce n’est rien d’autre que la nécessité d’être attentif à plusieurs ordres de choses en même temps. On pourrait dire des jeunes d’aujourd’hui qu’ils sont spontanément « interdisciplinaires » ou « transversaux ». Il est exact que cela implique une certaine superficialité, mais aussi une compétence propre : tout le monde n’en est pas capable. Mon espoir est que les jeunes générations sont en train de développer la capacité de multiattentionna-lité, de « veille », qui a manqué à la génération précédente. Nous avons consommé sans veiller à notre environnement ; ces jeunes générations sont plus sensibles aux multiples signaux qui en proviennent, et nous avons à apprendre de leur multiattention plutôt qu’à nous lamenter de leur « distraction ». […]

    Entretien réalisé par Éric Aeschimann.

    Le Nouvel Observateur, n° 2606, 16 octobre 2014.

    Entretien avec Yves Citton, professeur de littérature et auteur de Pour une écologie de l’attention (Seuil, Paris, 2014).

    QUESTION 1(5 POINTS)

    Dégagez en une phrase la problématique abordée et faites une synthèse du texte, en le reformulant en 10-15 lignes.

    QUESTION 2(4 POINTS)

    À partir des éléments du texte, présentez une typologie des effets de nos socié­tés connectées et commentez (de 20 à 30 lignes).

    QUESTION 3(6 POINTS)

    « Mieux connectés : plus ou moins isolés ? » Répondez à la question au moyen d’une argumentation personnelle structurée (30 lignes au maximum).

    3 points sont réservés à la Technique de langue : Orthographe, grammaire , syntaxe , présentation, consignes.

  • Annales des concours Infirmier. Épreuves culture générale. Sujets année 2012. Paris, Lyon, Lille

    Concours Infirmier(IFSI)

     Sujets et corrigés d’annales – Épreuve de culture générale


    Année 2012


    Calvados 2012

    Sujet de Culture Générale


    Fécamp 2012

    Sujet de Culture Générale


    Belfort Montbéliard2012

    Sujet de Culture Générale


    Ile de France 2012

    Sujet de Culture Générale


    Besançon 2012

    Sujet de Culture Générale


    Bourg en Bresse 2012

    Sujet de Culture Générale


    La Réunion 2012



    Sujet de Culture Générale


    Haute Normandie 2012 – Le Havre



    Sujet de Culture Générale

    Midi-Pyrénées 2012



    Sujet de Culture Générale

    Basse Normandie 2012



    Ifsi de l’Aigle et Flers

    Sujet de Culture Générale


    Aquitaine 2012



    Ifsi de Marmande et de Périgeux

    Sujet de Culture Générale


    Poitu-Charentes 2012



    Ifsi de Niort

    Sujet de Culture Générale


    Basse Normandie 2012



    Ifsi de Calvados

    Sujet de Culture Générale

    Nouvelle Calédonie 2012



    Sujet de Culture Générale

    Nancy 2012



    Lionnois et Brabois

    Sujet de Culture Générale

    Auvergne 2012



    Vichy

    Sujet de Culture Générale


    Limousin 2012



    professionnels non bachelier

    Sujet de Culture Générale

    Basse Normandie 2012



    professionnels non bachelier

    Sujet de Culture Générale


    Midi-Pyrénées 2012



    professionnels non bachelier

    Sujet de Culture Générale

    Paca 2012



    professionnels non bachelier

    Sujet de Culture Générale


    Corse 2012



    professionnels non bachelier

    Sujet de Culture Générale

    Bretagne 2012



    professionnels non bachelier

    Sujet de Culture Générale


    Alsace 2012



    professionnels non bachelier

    Sujet de Culture Générale

    Centre 2012



    professionnels non bachelier

    Sujet de Culture Générale


    Franche Comté 2012



    professionnels non bachelier

    Sujet de Culture Générale


    Autres années    

  • Corrigé de l’épreuve de Tests d’Aptitude / Tests Psychotechniques concours Infirmier Aphp Paris 2014

    Concours d’entrée aux instituts de Formation des Infirmiers

    Corrigés des épreuves de Tests Psychotechniques et Culture Générale

    Année

    Institut Discipline Prix Référence du corrigé

    2014

    IFSI Paris Aphp Tests Psy. 2 € Tests Psy – Aphp – 2014

    2015

    IFSI Amiens Tests Psy. 2 € Tests Psy – Amiens – 2015

    2016

    IFSI 1 Paris / Île de France Culture Générale 2 € CG – Paris 1 – 2016
    2016
    IFSI 2 Paris / Île de France Culture Générale 2 € CG – Paris 2 – 2016
    2016
    Ifsi Aix En Provence – PACA 2016

    Culture Générale 2 € CG – PACA – 2016

    2014

    Pack 15 corrigés Ifsi 2014 Culture Générale 8 € Pack Ifsi 2014

    Offre groupée : Pour 2 corrigés commandée ou plus, le prix unitaire sera facturé 1,5 € au lieu de 2 € le corrigé
    – Les corrigés sont proposés par des professeurs d’écoles préparatoires aux concours d’Infirmier.
    – Paiement par CB sécurisé et assuré par PayPal (Compte PayPal non obligatoire). Indiquer la référence des corrigés commandés.
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    Vous avez la possibilité de poser des questions à nos enseignants pour éclaircir ou commenter un corrigé. Utiliser pour celà la messagerie suivante : contact@ma-prepa-concours.com
  • Annales concours Infirmier 2016. Ifsi Nord Pas Calais – Picardie . Épreuve de culture générale.


    Annales concours Infirmier 2016

    Ifsi Nord-Pas-Calais – Picardie

    Deux mille cinq cents experts venus du monde entier sont réunis à Paris, du 26 au 29 août 2015, pour participer à un congrès sur l’hypnose.

    Après avoir été bannie par la médecine pendant un siècle, cette discipline est de plus en plus utilisée pour éviter l’anesthésie générale ou apaiser les douleurs chroniques.

    Marie-Claudine, 68 ans, doit subir une ablation des deux seins dans un hô­pital parisien. Le chirurgien lui a proposé d’effectuer l’intervention sous hypnose. « Ce qui m’a décidée, dit-elle, c’est qu’on m’a dit qu’à tout moment on pouvait basculer vers une anesthésie générale. Je voulais aussi éviter les effets toxiques des produits anesthésiques. »

    Elle se souvient de la façon dont on l’a installée sur la table d’opération, avec un champ opératoire qui la séparait du chirurgien. […] Le médecin anesthé­siste a posé sa tête près de son oreille et lui a proposé de 1’« emmener en promenade ».

    « Il m’a demandé de choisir un lieu que j’aimais bien : j’ai choisi la mon­tagne. » Un petit chemin qui grimpe, l’arrivée dans une clairière… « Il m’a dit de respirer, de sentir les fleurs fraîches, l’air pur. Je suis partie tout de suite ! » sourit-elle.

    « Comme l’intervention a duré plus d’une heure, au bout d’un moment j’en ai eu assez de la montagne. Je me suis donc mise à parler avec l’anesthésiste et le chirurgien. » De cette opération, Marie-Claudine garde un souvenir cha­leureux. « J’ai aimé ce travail de collaboration entre les médecins et moi. Je n’étais plus un simple objet déposé sur la table d’opération. »

    Dans ce centre de cancérologie réputé, l’« hypnosédation » est devenue de­puis cinq ans une pratique de plus en plus souvent proposée pour les mam­mectomies, les curages axillaires, la chirurgie des glandes thyroïdes. « Elle convient particulièrement aux personnes qui ont besoin de récupérer rapidement, ou pour qui l’anesthésie comporte des risques importants. On a pu ainsi enlever récemment une tumeur à une dame de 100 ans, qu’on n’aurait pas pu endormir. L’un des grands avantages de l’hypnose est qu’elle permet d’éviter les effets indé­sirables de l’anesthésie générale : troubles de la mémoire, fatigue, hypotension… » Mise au point à Liège en 1991, cette technique douce d’« hypnosédation » a séduit les blocs opératoires un peu partout dans le monde. Depuis quelques années, les hôpitaux français y forment de plus en plus leur personnel : chirurgiens, anesthésistes, infirmières, sages-femmes.

    Elle est pratiquée, en complément d’une anesthésie locale, pour les actes chirurgicaux qui ne touchent pas les organes « profonds » : coloscopies, hys­térographies, ablation d’une thyroïde… Plusieurs maternités la proposent aussi pour éviter la péridurale.

    Pierre-François Descoins, médecin anesthésiste à l’hôpital de Niort, où une dizaine d’autres spécialistes sont actuellement formés, est devenu un fervent défenseur de cette technique. « Malheureusement, on ne peut pas la proposer à tous les patients car elle demande de la disponibilité et un environnement calme pour les intervenants. Mais elle change l’atmosphère d’un bloc, crée entre le pa­tient et le médecin une alliance de confiance, bénéfique pour tout le monde. » L’hypnose est de plus en plus utilisée aussi dans le traitement des douleurs chroniques, que l’arsenal de la médecine classique peine à vaincre : environ la moitié des centres spécialisés l’ont intégrée, en complément d’autres­approches (acupuncture, sophrologie, psychothérapie, etc.).

    À ces techniques qui sollicitent l’imaginaire, les enfants sont particulièrement sensibles. Édith Gatbois, pédiatre, a commencé à s’y intéresser dès 2004 quand elle travaillait en hématocancérologie et constatait que « les médicaments ne suffisaient pas à soulager les enfants ». Certains, terrorisés, arrivaient même à développer des phobies du soin.

    Aujourd’hui, au centre antidouleurs de l’hôpital Trousseau, elle fait appel à l’hypnose pour soigner des enfants atteints de céphalées, fibromyalgies, ou douleurs séquellaires du cancer. Après un examen neurologique classique, sa consultation (qui dure environ une heure et demie) débute par une conversation au cours de laquelle elle explique à l’enfant comment fonctionne la douleur. « J’emploie souvent l’image de la cocotte-minute et de sa soupape qui fait sortir la pression ; comme notre corps est plus sophistiqué qu’elle, on peut se créer de nombreuses soupapes : imaginer, rigoler ou faire une activité créative. » Commence alors la séance d’hypnose proprement dite. La pédiatre propose à l’enfant de choisir entre un tapis volant ou une baguette magique pour ouvrir les frontières de son imaginaire. « L’enfant va s’en servir pour aller où il veut, dans un endroit agréable ; il va apporter des détails de saveurs, de musique, faire venir les gens qu’il aime.

    Comme il se sent bien dans cet imaginaire, son corps ressent ce bien-être, se pose et se repose, bercé par la respiration. L’objectif précise la pédiatre, est que l’enfant arrive à reproduire ces exercices chez lui quand il sent qu’il a mal. Et que ce ne soit plus la douleur qui contrôle sa vie. »

    « C’est fondateur pour des enfants de s’apercevoir qu’ils peuvent reprendre le contrôle de la situation », insiste Édith Gatbois. Même si elle ne prétend pas faire de mi­racles. « Certains arrivent à se débarrasser complètement de leurs douleurs ; pour d’autres, ça ne marche pas car ils souffrent trop pour pouvoir lâcher prise. »

    Mais la plupart arrivent à réduire leurs doses de médicaments, jusqu’à s’en passer. « C’est un outil écologique à usage multiple », résume-t-elle. Et les pa­rents sont souvent contents qu’on leur propose des approches qui leur ou­vrent d’autres horizons. […]

    L’hypnose permet ainsi d’instaurer un autre type de rapport entre le patient et son médecin. « La médecine toute technicienne a un peu perdu ses lettres de noblesse. Et si les médecins sont si nombreux à se former à l’hypnose aujourd’hui, c’est parce qu’ils ont besoin d’une médecine plus humaine, plus proche du patient. L’hypnose permet une relation plus riche et une satisfaction plus grande ; et nos patients très souvent nous en remercient. »

    Christine Legrand, www.la-croix.com, 23 mars 2015.

    QUESTION 1 (5 POINTS)

    Vous proposerez un titre concis au texte et vous dégagerez les idées principales en les reformulant.

    Rédigez votre réponse sur la feuille de réponses annexe, en écrivant le numéro de la question.

    QUESTION 2(4 POINTS)

    « Après avoir été bannie par la médecine pendant un siècle, cette discipline est de plus en plus utilisée pour éviter l’anesthésie générale. »

    Selon vous, pour quelles raisons certaines personnes souhaitent-elles éviter l’anesthésie générale ?

    Rédigez votre réponse en 10-15 lignes au maximum sur la feuille de réponses annexe, en écrivant le numéro de la question.

    QUESTION 3(6 POINTS)

    Outre le fait que l’utilisation de l’hypnose puisse éviter l’anesthésie générale, à votre avis, que peut-elle permettre ?

    Rédigez votre réponse sous forme structurée (introduction, développement, conclusion) sur la feuille de réponses annexe, en écrivant le numéro de la ques­tion.

    3 points sont réservés à la Technique de langue : Orthographe, grammaire , syntaxe , présentation, consignes.