Category: Aide-soignant

Concours aide-soignant et IFAS : sélection, financement, annales et résultats par établissement.

  • Social: ASS ES EJE

    Annales ES, EJE, AS : Aquitaine 2007

    Epreuve écrite d’admissibilité

    1. Expression

    « Aujourd’hui, les préoccupations liées à l’emploi finissent par nous faire oublier que le travail lui-même, l’autonomie qu’il confère, sont une condition essentielle de la réalisation de soi et d’une société vivable. »

    François Dubet, sociologue, Sciences Humaines, février 2007

    Vous expliciterez et commentez ce jugement sur le travail, sous la forme d’un exposé organisé et argumenté.

    2. Étude d’un texte argumentatif

    Société de surconsommation et environnement

    Bien sûr, si vous êtes ici ce soir c’est que vous êtes déjà convaincus de l’importance de l’écologie et de la lutte contre la pollution. Je ne vais donc pas simplement essayer de vous convaincre par une argumentation alertante et alarmante. C’est pour cela que j’ai accepté cette conférence avec deux pôles importants qu’on ne met pas toujours ensemble mais qui sont fondamentaux : d’une part, le problème de la détérioration de l’environnement et d’autre part le problème social, c’est- à- dire la mauvaise distribution des richesses dans le monde.

    Nous savons que 10 % des personnes possèdent la majorité des biens. Parmi ces 10 % il y a nous, il faut bien le dire : nous sommes des privilégiés. Pendant ce temps, 80 % de la population mondiale est très mal lotie. En effet, la fraction des gens vivent sous le seuil de pauvreté augmente tous les ans et c’est une très mauvaise nouvelle. Pourquoi ? Parce que la misère engendre la guerre et le terrorisme.

    Le problème que nous rencontrons est autant un problème écologique d’épuisement des ressources naturelles, de détérioration et de pollution que ce problème social. Comment empêcher une fraction toujours plus grande des gens d’aspirer à avoir accès à un minimum de richesse ? Quand vous avez soif, vous allez prendre de l’eau au robinet mais vous savez, plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau et sont obligées de marcher des kilomètres vers des puits de plus en plus pollués.

    Notre planète est dans un mauvais état et je vais essayer de vous donner un résumé de sa situation globale. En même temps, je crois que c’est important de ne pas prendre une position défaitiste et de se dire que c’est foutu, qu’il n’y a rien à faire.

    Pour moi, les deux organismes qui sont à l’origine de cette soirée sont justement des exemples vivants qu’il est possible de poser des actions. C’est pour cela que j’ai accepté avec plaisir cette invitation. Il y a des gens qui font des choses et il y a des choses qui donnent des résultats. C’est très important d’avoir ce sentiment que tout n’est pas perdu, qu’il y a des choses à faire. Non seulement au niveau international car sur ce plan nous ne pouvons pas forcément grand-chose, mais au contraire à un niveau très local.

       

       

    Vous connaissez sans doute la fameuse phrase de Charles Dubos qui disait : « Il faut penser globalement et agir localement ». On ne changera pas le monde, on n’améliora pas toute la situation mais nous pouvons, chacun dans notre sphère et en nous associant, former des contre-pouvoirs. Bien sûr, nous sommes face à d’énormes pouvoirs économiques et à ce que nous appelons la mondialisation qui nous inquiète à juste titre.

    Il faut être lucide et comprendre que la situation dans laquelle nous sommes constitue un drame à l’échelle cosmique puisque 15 milliards d’années d’évolution sont menacées. En même temps, il faut prendre conscience que l’ont peut poser des actions et faire des pressions ayant une influence réelle sur les gouvernements.

    On peut faire des choses à petite échelle tel le commerce équitable dont parle Equiterre et que j’admire beaucoup, où les gens prennent eux- mêmes en main des situations comme la vente du café ou autres. Cet aspect d’action à échelle individuelle et personnelle illustre bien qu’il n’y a pas un grand problème mais des millions de petits problèmes. Chacun de ces petits problèmes écologiques et sociaux peut être pris en main par des gens et on peut obtenir des résultats positifs.

    HUBERT REEVES, extrait de la conférence organisée par l’ACEF

    (Association Coopérative d’Économie familiale de l’Est) et Équiterre,

    17 octobre 2000, Université du Québec à Montréal.


    Questions (10 points)

    1. Quelles sont les préoccupations de l’auteur ?
    2. Quelle attitude nous encourage- t –il à adopter ?
    3. Selon vous, pourquoi l’auteur associe- t –il la détérioration de l’environnement à une mauvaise distribution des richesses ?

    Travail d’écriture (10 points)

    L’auteur cite Charles Dubos, écrivain philosophe français : « Il faut penser globalement et agir localement ».

    Commentez cette citation. Vous pouvez illustrer votre commentaire d’exemples précis.

    3. Questions à choix multiple

    1. Le grand prix du roman de l’Académie Française a été attribué en 2007 à :

    1 a. Vassilis Alexakis, pour Ap. J.-C.

    1 b. Henriette Jelinec, pour Le destin de Louis Voronine

    1 c. Jonathan Littell, pour les Bienveillantes

    2.Une circulaire du ministre de l’Éducation nationale a demandé aux professeurs de lire aux professeurs de lire aux élèves la lettre d’un jeune résistant. Il s’agit de :

    1 a. René Char

    1 b. Guy Moquet

    1 c. Jean Moulin

    3.Le septième tome d’Harry Potter est sorti au mois de septembre 2007 avec un tirage record. Le livre s’intitule :

    1 a. Harry Potter à l’école des sorciers

    1 b. Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban

    1 c. Harry Potter et les reliques de la mort

    4.La finale du tournoi « simple Messieurs 2007 » de Roland Garros a été gagnée pour la troisième fois par :

    1 a. Roger Federer

    1 b. Carlos Moya

    1 c. Rafael Nadal

    5.L’homme de la transistion de l’URSS à l’actuelle Russie est mort en avril 2007. Il s’agit de :

    1 a. Boris Nikolaïevich Eltsine

    1 b. Mikhaïl Gorbatchev

    1 c. Anatoli Lukianov

    6.En 2007, le groupe Danone a vendu une célébre marque de biscuits aux américain. Il s’agit de :

    1 a. Bijou

    1 b. Delacre

    1 c. Lu

    7.Le Premier ministre français actuel s’appelle :

    1 a. Jean- Louis Bianco

    1 b. Jean- François Copé

    1 c. François Fillon

    8.

    La Communauté Européenne
    existe depuis déjà :

    1 a. 10 ans

    1 b. 30 ans

    1 c. 50 ans

    9. Après plusieurs années de fermeture pour des travaux de rénovation, sa réouverture a eulieu en octobre 2007. Il s’agit de :

    1 a. l’Institut des Études Politiques de Paris

    1 b. l’Institut Goethe à Paris

    1 c. l’Institut Pasteur à Paris

    10. Un ancien membre du gouvernement français a été nommé à la tête du Fond Monétaire International (FMI). Il s’agit de :

    1 a. Lionel Jospin

    1 b. Jean- Pierre Raffarin

    1 c. Dominique Strauss- Kahn

    11. Un cyclone ayant fait beaucoup de dégâts a frappé durant l’été 2007 les régions très touristiques du Yucatan (Mexique) ainsi que

    la Martinique. Il
    s’agit du cyclone :

    1 a. Dean

    1 b. El Nino

    1 c. Noël

    12. Un célèbre mime nous a quittés en septembre 2007. Il avait inventé en 1947 le personnage de Bip, devenu populaire dans le monde entier. Il s’appelait :

    1 a. Jean- Louis Barrault

    1 b. Jacques Lecoq

    1 c. Marcel Marceau

    13. Qui a été nommé en octobre 2007 secrétaire d’État aux Sports ?

    1 a. Xavier Darcos

    1 b. Bernard Laporte

    1 c. Mahyar Monshipour

    14. La question de l’immigration en France a donné lieu en 2007 à un débat portant sur l’examen de l’ADN des individus. Quelle est la signification de ce sigle ?

    1 a. acide désoxyribonucléique

    1 b. acide dihydronucléaire

    1 c. acide diphénylnéodyme

    15. Le 9 octobre 2007 était célébré le 40e anniversaire d’une figure emblématique de la lutte pour la liberté. Il s’agit de :

    1 a. Simon Bolivar

    1 b. Ernesto Guevara De
    La Serna

    1 c. Emiliano Zapata

    16. Qui est l’actuel ministre de
    la Culture ?

    1 a. Christine Albanel

    1 b. Christine Boutin

    1 c. Christine Ockrent

    17. Les médias se font l’écho d’une nouvelle figure emblématique du rugby français :

    1 a. Sébastien Chabal

    1 b. Antoine Chaval

    1 c. Hippolyte Cheval

    18. Qui incarne le rôle d’Édith Piaf dans le film d’Olivier Dahan, sorti sur les écrans le 14 février 2007 ?

    1 a. Marion Cottillard

    1 b. Ludivine Sagnier

    1 c. Audrey Tautou

    19. Le 22 janvier 2007, l’Abbé Pierre est mort à l’âge de 94 ans. En quelle année a- t- il engagé son combat contre la misère ?

    1 a. 1954

    1 b. 1958

    1 c. 1962

    20. En 2007, 580 villes de France ont participé à la 8e édition de la fête des voisins. Á quelle date cette manifestation a-t-elle lieu ?

    1 a. 30 mars

    1 b. 29 mai

    1 c. 11 juillet

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  • Concoursd’entrée ES ASS EJE région Rhône-Alpes épreuve de français et QCM session 2007

    Annales ES-AS-EJE : Rhône-Alpes 2007

    1/ Expression(coef. 2, durée : 3 heures)

    « Les gens qui ne rient pas ne sont pas sérieux ».

    1. Expliquez cette affirmation de A. Allais. (5 points)

    2. Dans un développement structuré et argumenté, vous direz, selon vous, quelle place doit ou devrait occuper le rire dans notre société. Justifiez votre réponse. (15 points)

    2/ Etude d’un texte argumentatif (coef. 2, durée : 4 heures)

    « Fonction d’une ardeur éteinte, d’un déséquilibre, non point par surcroît, mais par défaut d’énergie, la tolérance ne peut séduire les jeunes ». Ce constat est celui du philosophe roumain Émile Cioran. Il l’a livré dans une « Lettre à un ami lointain », premier chapitre d’une Histoire et utopie parue en 1960 aux éditions Gallimard. L’adolescence est par essence la période des extrêmes. Certains, qui oublient de devenir adultes, s’installent dans le fanatisme, c’est-à-dire dans une fermeture d’esprit désespérante, des certitudes qui assassinent en eux la vie, la contradiction et simplement tout esprit critique.

    Donc il est difficile de parler de tolérance à ceux qui vivent de slogans rava­geurs, de « boutades incendiaires » et d’impatience face au temps. Et pourtant, il serait suicidaire pour une société de faire le silence sur cette vertu essentielle qui consiste à écouter les autres et à respecter leur point de vue, leurs convic­tions et leurs coutumes. Alors enseignons la tolérance ! Débarrassons-la de ses habits de moralisme prude et de ses vernis. La tolérance est une façon d’être au monde et cela commence à l’école primaire.

    Avouons aussi que la nature de l’homme ne penche pas vers cette tendance. Elle serait foncièrement intolérante. Toute la culture que les pays civilisés, les États de droit propagent, prend racine dans le fait que la tolérance n’est pas naturelle et qu’il faut l’acquerir comme une deuxième nature au point qu’elle devienne spontanée, une sorte de réflexe. Ce n’est pas facile. Il faut vaincre tant de résis­tances, tant de tentations.

    Parlant des jeunes, Cioran dit ceci : « Donnez-leur l’espoir ou l’occasion d’un massacre, ils vous suivront aveuglément ». Les intégristes politiques, idéolo­giques ou religieux ne cessent de proposer aux jeunes ce genre d’occasion. Cela peut être anodin comme la mode vestimentaire ou musicale, c’est-à-dire quel­que chose qui passe et qui change. Sachant cela, le travail sur et avec la jeunesse devient primordial, étant donné ses prédispositions à suivre n’importe quel charlatan et à traduire en acte n’importe quelle aberration.

    Le devoir de tolérance devenu une seconde nature de l’être participe à l’élabo­ration et à la consolidation de l’État de droit. Sans tolérance, pas de démocratie. Autrement dit, la démocratie est antinomique de l’intolérance. Le fanatisme est l’incendie que l’intolérance allume en douce dans le tissu démocratique. C’est une fixation, une obsession de pureté illusoire, une erreur qui cherche à arrêter la vie, c’est-à-dire tout ce qui bouge, change et étonne.

    Le tolérer serait tolérer l’intolérable. Comment accepter que le fanatisme prenne l’espace existant à lui tout seul et en fasse une scène pour la tragédie ? Comment accepter les ennemis de la liberté, les destructeurs de l’intelligence et de la beauté, les militants d’un ordre totalitaire, uniforme et exaltant la loi du plus fort, loi de la jungle ? Où trouver la patience, le courage et le calme pour réfuter cette barbarie qui manie plus le pistolet-mitrailleur que la parole ou l’écrit ? Comment sauvegarder ses principes, rester rigoureux dans le respect d’une conviction différente et même opposée à la sienne, comment coexister avec des gens qui tentent d’éliminer tout ce qui n’est pas identifiable à leur délire ?

    La tolérance est un métier difficile. Il faut du courage et de la force. Il faut un esprit solide, rompu aux débats, à tous les débats. Il faut un esprit de résistance. Qui peut prétendre rassembler toutes ces vertus ? Quelqu’un entre le militaire et le poète, entre le gendarme et le philosophe, entre le magistrat et l’artiste. Car toute grande littérature, toute grande peinture ont été l’expression de l’intolé­rance à l’intolérable. On n’écrit pas le bonheur, on ne dessine pas la paix. L’art est rupture, refus, colère et même provocation. Quand la beauté est saccagée, quand l’intelligence est assassinée, quand l’enfance est violée, quand l’être est humilié, l’art ne peut être qu’intolérant. Il ne tolère ni la laideur dont l’homme est capable, ni l’horreur qu’il provoque.

    TAHAR BEN JELLOUN, Extrait reproduit du Courrier de l’Unesco, avril 1995,

    .www.unesco.org/courrier

    Questions (10 points)

    1. Expliquez le sens dans le texte des expressions suivantes : « boutades incendiaires » et « moralisme prude ». (2 points)

    2. « Tolérance » et « intolérance » : quelle définition l’auteur donne-t-il de chacune de ces deux notions opposées ? Vous justifierez votre réponse par un relevé précis des termes du texte. (4 points)

    3. Pour quelles raisons, selon Tahar Ben Jelloun, la tolérance est-elle « un métier difficile » ? Reformulez les arguments qui dans le texte justifient cette affirmation. (4 points)

    Travail d’écriture (10 points)

    Dans un développement organisé, illustré d’exemples précis, vous direz dans quelle mesure La tolérance vous semble une valeur toujours actuelle.

    3. Questions à choix multiple (coef 1 ; durée : 1h30 )

    1. PIB signifie :

    a. produit intérieur brut

    b. production intérieure basique

    c. produit intégré biologique

    2. La proportion d’eau douce représente a. 50 % du volume d’eau terrestre

    b. 20 % du volume d’eau terrestre

    c. 3 % du volume d’eau terrestre


    3. La capitale des États-Unis est :

    a. New York

    b. Los Angeles

    c. Washington

    4. Max Havelaar est une association qui :

    a. favorise l’accès au logement des personnes sans domicile

    b. lutte contre la faim dans le monde

    c. appose un label des produits garantissant les principes du commerce équitable

    5. Le vaccin contre la rage a été inventé par :

    a. Pasteur

    b. Marie Curie

    c. Blaise Pascal

    6. Le prix Nobel 2007 de littérature a été attribué à :

    a. Paula Fox

    b. Doris Lessing

    c. Mary Higgins Clark

    7. Gordon Brown est :

    a. un acteur de cinéma

    b. un musicien rock

    c. le Premier ministre britannique

    8. Bénazir Bhutto a été Premier ministre :

    a. en Inde

    b. au Pakistan

    c. en Birmanie

    9. En France, il existe :

    a. 900 000 associations

    b. 500 000 associations

    c. 350 000 associations

    10. Le ministre de la Jeunesse et des Sports en France est :

    a. Bernard Laporte

    b. Roselyne Bachelot

    c. Maud Fontenoy

    11. L’ennemi intime, film récemment en salle, raconte des événements lors de :

    a. la guerre d’Algérie

    b. la guerre du Vietnam

    c. la seconde guerre mondiale

    12. Parmi ces 4 régions, laquelle est la plus peuplée ?

    a. Bourgogne

    b. Alsace

    c. Bretagne

    d. Auvergne

    13. Lequel de ces pays européens n’a pas adopté l’euro ?

    a. Portugal

    b. Danemark

    c. Finlande

    d. Grèce

    14. Les buts de l’association Don Quichotte sont de soutenir :

    a. des artistes

    b. des tiers-mondialistes

    c. des sans abris

    d. des utopies

    15. Depuis 2004, ce revenu vient compléter le dispositif RMI pour encourager le retour à l’emploi des bénéficiaires du RMI :

    a. RMA

    b. ASS

    c. PMI

    d. ERE

    16. Le Musée du Quai Branly a été inauguré en juin 2006 par Jacques Chirac. Il contient :

    a. le Musée des arts premiers

    b. le Musée des cadeaux des présidents de la Ve République

    c. le Musée des arts martiaux japonais

    17. En 2007, est mort Mstislav Rostropovitch. Qui était-il ?

    a. un cosmonaute russe

    b. un violoncelliste russe

    c. un joueur d’échecs russe

    18. Un clone est :

    a. un ensemble de cellules issues du croisement d’êtres vivants très proches

    b. un ensemble de cellules issues d’une même cellule initiale

    c. un ensemble de cellules ayant subi une mutation génétique artificielle

    d. un ensemble de cellules sans matériel héréditaire

    19. Parmi ces techniques agricoles, quelle est celle qui permet d’augmenter la surface cultivée en agissant sur le relief ?

    a. L’écobuage

    b. l’assolement

    c. la culture en terrasse

    d. la culture en serre

    20. Parmi les affirmations suivantes, laquelle est inexacte ?

    a. le Président de la République préside le Conseil des Ministres

    b. le Président de la République préside Le Conseil Constitutionnel

    c. le Président de la République préside le Conseil supérieur de la magistrature

    d. le Président de la République préside le Conseil supérieur de la défense nationale

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  • Concours d’entrée concours ES EJE ASS région Champagne Ardennes épreuve de français session 2008

    Annales ES-EJE-AS : Champagne-Ardennes 2008

    MENTIR COMME ON RESPIRE

    On se croit volontiers inapte à tromper les autres mais doué pour détecter les falsificateurs. La vérité, le plus souvent, est à l’opposé de cette conviction.

    Soyons honnêtes : nous mentons tous. Quotidiennement, et même plusieurs fois par jour. « L’homme est de glace aux vérités. Il est de feu pour les mensonges », écrivait La Fontaine. Nous mentons pour protéger nos intérêts et ceux des autres. Nous mentons parce que ceux à qui nous parlons nous feraient des scènes si nous leur disions ce que nous pensons d’eux. Nous mentons pour continuer d’aimer nos proches et pour qu’ils continuent de nous aimer. Nous mentons pour préserver notre image, nous mentons pour nous faire valoir ou pour séduire… Si nous ne mentions pas, la vie serait infernale.

    Ce n’est pas faute, pourtant, d’avoir été prévenus. À peine savait-on parler que nos parents, l’air sévère, nous le faisaient comprendre : mentir, ce n’était pas beau. Mais dans le même temps, on nous montrait déjà le contraire ! Entre les vérités à ne pas dire « parce que cela ne se faisait pas » et les remerciements à prodiguer « parce que c’est gentil de t’avoir fait un cadeau » (aussi horrible soit-il), l’enfant ne met pas longtemps à apprendre qu’il y a, en la matière, deux poids et deux mesures. Entre la morale et la pratique, allez choisir… Ainsi la vérité qui sort de la bouche des enfants devient-elle vite relative. (…)

    [Les] « menteurs » véritables, qui sont-ils ? Des manipulateurs, pratiquant l’affa­bulation pour mener leurs victimes là où elles le désirent ? Des joueurs pour qui la vie ne vaut d’être vécue qu’en endossant plusieurs rôles ? Des revanchards qui n’auront de cesse de faire subir à d’autres ce que, dans leur jeunesse, on leur a fait subir ? (…)

    Pas d’illusions à avoir, en effet : presque toujours, celui qui est passé maître en fait de tromperie l’est dans son propre intérêt. Qu’il s’agisse de protéger son couple et sa liberté, d’accroître son pouvoir ou d’échapper aux contraintes, il s’agira d’abord, à ses yeux, du chemin le plus court et le plus sûr de parvenir à ses fins.

    Par omission -la forme la plus simple – ou par falsification, avec mauvaise foi ou force détails, dans la peur ou dans l’exaltation (il peut y avoir plaisir à la duperie), de façon occasionnelle ou systématique, grandiose ou minable, il est mille mensonges possibles. Certains, même découverts par ceux qui en ont fait les frais, resteront acceptables, voire attendrissants. D’autres laisseront un senti­ment de trahison intolérable… Entre la petite faiblesse que l’on cherche à cacher et l’abus de confiance caractérisé, il peut y avoir un monde.

    Petit réconfort pour les moralistes : les mensonges que l’on profère dans la vie courante n’ont pas tous pour objet de s’avantager soi-même. On peut travestir la vérité pour autrui, pour ne pas inquiéter ou pour protéger quelqu’un. Des mensonges « altruistes », en quelque sorte, pour lesquels les femmes semblent plus douées que les hommes : contrairement à une idée tenace, les tests montrent qu’elles ne profèrent pas plus de mensonges qu’eux, mais elles le font une fois sur deux dans un but désintéressé.Plus gratifiants pour l’image de soi, ces mensonges-là sont aussi plus faciles à réussir car ils mobilisent moins d’émotions négatives (la peur, la honte). Mais sont-ils pour autant bénéfiques pour ceux à qui ils sont destinés ? Toute vérité, c’est vrai, n’est pas bonne à dire à qui ne veut pas l’entendre. (…)

    CATHERINE VINCENT, Le Monde, novembre 2004 (extraits)

    1. Explication de texte (5 points)

    1. Quels sont les différents types de menteurs ? (2,5 points)

    2. Relevez 5 différents types de mensonges. (2,5 points)

    2. Discussion (15 points)

    Selon cet article, le mensonge serait un mal nécessaire, inhérent à la vie sociale. Nous ne partageons pas cet avis. Quelle est votre position ? Illustrez par des exemples que vous puiserez dans la société contemporaine.

    Durée de l’épreuve : 3 heures

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  • Epreuve de CSS biologie et maths pour le concours d’Auxiliaire Puériculture session 2009 Isère

       

       

    CULTURE GÉNÉRALE (12 POINTS)

    « Ri-Man ; un robot pour le troisième
    âge»

    Dans notre précédent
    article du 3 avril sur les personnes âgées au Pays du Soleil Levant, nous
    évoquions le vieillissement spectaculaire de la population nippone. Face à ce
    défi démographique, le gouvernement a choisi d’investir sur la robotique et la
    gérontechnologie pour venir en aide aux personnes âgées et aux malades, voire
    même pour remplacer, dans certains cas, un personnel de soins en nombre
    insuffisant. Explications.

    Des machines à la place des hommes

    Selon le Think Tank Machine
    Industry Mémorial Foundation, qui
    publie une étude sur le sujet, les androïdes pourraient effectuer le travail de
    près de 3,5 mil­lions de Japonais d’ici 2025 ; plus de 26 milliards de dollars
    pourraient ainsi être économisés sur les dépenses consacrées aux seniors, si
    des robots prenaient en charge les
    soins qui leur sont destinés.

    Selon le Think Tank, ce déploiement de robots devrait également donner au
    pays la possibilité de s’en sortir sans faire massivement appel à une
    immigration à laquelle il n’est pas habitué. Dans certains secteurs dépassés
    par la demande, comme celui de l’assistance aux personnes, il permettrait
    également d’assurer un grand nombre de services sans recourir à des
    travailleurs humains. Non, vous n’êtes pas dans un film de science-fiction…
    mais au Japon, où les prototypes robotisés se multiplient, conséquences de la
    politique et des subventions du gouvernement. Des chercheurs nippons ont ainsi
    présenté récemment un robot ouvrier très endurant et capable de travailler par
    tous les temps. Le robot El-E, quant à lui, ramène à son utilisateur les objets
    que celui-ci pointe avec un rayon laser; un outil idéal pour les personnes handi­capées ou vieillissantes.

    Ri-Man : l’aide-soignant des temps modernes

    Enfin, les scientifiques nippons du centre de contrôle de recherche Bio-Mimetic (BMC) au Riken de Nagoya, viennent d’annoncer
    le lancement d’un robot pro­totype destiné à venir en aide, à terme, aux
    personnes âgées.

    Le robot Ri-Man, pour Robot Interactingwith Human, est
    un robot à roulettes qui pèse une centaine de kilos et mesure presque 1,60
    mètre ; il peut voir, entendre et sentir des odeurs.

       

       

    Pour le moment, il est capable de porter une poupée de douze kilos, mais à terme, d’ici à cinq ans, il devrait
    pouvoir soulever une personne de soixante-dix kilos. Pour que son contact avec
    les êtres humains soit plus agréable, le Ri-Man a été recouvert d’une couche de
    silicone de cinq millimètres d’épaisseur; il est aussi équipé de capteurs qui
    lui permettent d’appréhender le poids et la position d’un corps; enfin, il
    possède des micros pour analyser la provenance des sons, des capteurs olfactifs
    capables de reconnaître huit odeurs différentes et peut «voir» les mouvements
    d’un visage humain.

    « Nous souhaitons, par
    ailleurs, mettre au point un dispositif qui permettrait au robot de juger de
    l’état de santé d’un patient, rien qu’en étudiant sa respiration » ajoute
    l’ingénieur nippon.

    Plutôt effrayant,
    non ?

    Le
    courrier de la maison de retraite et des personnes âgées-avril 2008

    Question n°1

    1)Dégagez les idées principales du texte.

    2)Pourquoi les Japonais ont-ils recours aux « robots
    sociaux » ?

    3)En
    France, une société tente de développer, elle aussi, ce genre de robots pour
    qu’ils puissent s’occuper d’enfants ou de personnes âgées. Qu’en
    pensez-vous ?

       BIOLOGIE HUMAINE  (4 POINTS)

    Question n°2

    Cochez la ou les bonnes réponses :

    1)La couche superficielle de la peau est :

    a)l’épiderme.

    b)l’épididyme.

    c)l’épistaxis.

    d)l’hypoderme.

    2)Le fémur s’articule avec :

    a)le radius.

    b)le tibia.

    c)le cubitus.

    d)le péroné.

    3)Les veines pulmonaires :

    a)arrivent dans l’oreillette gauche.

    b)arrivent dans l’oreillette droite.

    c)transportent du sang oxygéné.

    d)transportent du sang désoxygéné.

    4)Dans la respiration le phénomène actif est :

    a)l’inspiration.

    b)l’expiration.

    c)l’apnée.

    d)l’échange gazeux.

    5)La reproduction des cellules sexuelles s’appelle :

    a)la mitose.

    b)la méiose.

    c)la maltose.

    d)la mastose.

    6)Les trompes de Fallope se trouvent :

    a)dans l’oreille.

    b)entre le vagin et l’utérus.

    c)entre les ovaires et l’utérus.

    d)entre les ovaires et le vagin.

    7)La membrane qui entoure les organes de l’appareil digestif
    s’appelle :

    a)la plèvre.

    b)le périmètre.

    c)le péritoine.

    d)le périnée.

    Question n°3

    Complétez les phrases suivantes :

    1)L’os s’accroît en …….à partir du cartilage de conjugaison, zone
    qui sépare la……. de l’épiphyse, et en épaisseur grâce au…….qui élabore les
    couches successives de l’os.

    2)Le…….est un muscle important dans la respiration, il sépare la
    cavité thoracique de la cavité …….

    3)Dés leur arrivée dans la bouche, les aliments sont coupés par
    les……., déchirés par les……., broyés par les……. Lorsque le bol alimentaire est
    dégluti, le larynx se…….et empêche le passage du bol alimentaire dans les…….

    4)Le sang est un liquide biologique, qui est composé du…….dans
    lequel baignent des éléments figurés : les……., les…….etles…….

    5)L’oreille assure une fonction d’audition et d’…….

    6)On donne le nom de…….à un ensemble de cellules qui ont une même
    fonction.

    7)L’organe qui contient l’œuf fécondé est l’…….

    Question n°4

    Répondre brièvement aux questions suivantes :

    1)Citez les 4 saveurs perçues par la langue.

    2)Nommez 4 des 5 sens.

    3)   Donnez le nom de la cellule nerveuse.

    4)   Comment appelle –t-on l’unité fonctionnelle du rein ?

    5)   Citez dans l’ordre, les voies urinaires qui permettent
    l’évacuation des urines, de la sortie du rein à l’extérieur de l’organisme.

    6)   Précisez le rôle des éléments figurés su sang.

    7)Donnez une définition de la contraception.

    8)Citez 2 méthodes de contraception.

    9)Citez les os qui composent l’articulation de la hanche.

    8)Nommez
    3 types de tissus.

    OPÉRATIONS
    NUMÉRIQUES(2 POINTS)

    Question n°5

    1)Pendant un an, Jérôme, élève aide-soignant a mis 1040 litres
    d’essence dans sa voiture.

    – Sachant que son réservoir peut contenir 48 litres, combien de
    pleins a-t-il fait ?

    2)Dans une salle de sport, trois formules d’abonnement annuel
    sont proposées :

    – formule A : accès illimité pour 600 € ;

    – formule B : 200 euros puis 4 € par séance ;

    – formule C : 6,50 € par séance.

    Sachant que Saïd se rend à la salle 2 fois par semaine en
    moyenne, quelles est la formule la plus rentable ?

    3)Dans un village de 1500 habitants, il y a 40% de femmes. Les
    deux tiers de ces femmes ont un emploi.

    – Déterminez le nombre de femmes qui travaillent.

    EXERCICES
    DE CONVERSION(2 POINTS)

    Question
    n°6

    1)Un
    nageur parcourt une longueur de 50 mètres en 1 min 15 secondes. Il effectue une
    course de 1 km et part à 13h50. À quelle heure terminera-t-il ?

    2)Sur
    l’étiquette d’un produit ménager, il est indiqué qu’il faut mélanger 0,5
    décilitre avec 2 litres d’eau.

    –
    Quelle est en millilitres la quantité de produit que l’on doit mélanger avec 5
    litres d’eau ?

  • Epreuve de CSS biologie et maths pour le concours d’Auxiliaire Puériculture session 2009 Jura

       

       

    CULTURE GÉNÉRALE (12 POINTS)

    Avant
    tout, j’aime la vie

    La mort ? J’y pense de plus en plus souvent, d’autant plus qu’à mon âge : quatre-vingt ans, je me familiarise
    avec l’idée que cela va m’arriver.

    J’en écarte la pensée en
    me disant : «bon, maintenant, passons à autre chose», j’aime la vie, moi !

    J’aimerais mieux mourir pendant mon sommeil. Disparaître d’un seul coup de la circulation. Et
    surtout ne pas souffrir ; je ne suis pas « un héros», je suis un bon vivant. Je ne suis pas «partisan»
    du suicide, mais je comprends très bien qu’il y ait
    des gens qui préfèrent se suicider pour
    en finir avec la douleur. Et je comprends aussi que des proches, des parents,
    mettent fin à l’horreur de la souffrance d’êtres qui leur sont chers.

    Je crois que je n’agirais pas comme ça en ce qui me concerne, parce que jusqu’à mon dernier soupir je
    m’interrogerai encore : est-ce vraiment la fin ? L’incertitude de ma mort
    me force à réagir contre cette incertitude même.

    Je ne veux pas être incinéré.
    Non pas à cause de la religion, je suis laïc, mais chrétien aussi. J’ai
    assisté à l’incinération de plusieurs de mes amis. J’en garde une impression de
    malaise épouvantable! Le bruit du feu… ce bruit…
    ce craquement, c’est horrible !

    J’ai plusieurs fois «frôlé» la mort. La première fois, c’était pendant la guerre.
    J’étais prisonnier. J’ai vu mourir autour de moi des gars très vigoureux, et
    moi, pas très costaud et pourtant bien atteint, je m’en suis sorti.

    La deuxième fois,
    c’était en 1968 ou 1969, après mon élimination de l’ORTF. J’ai eu une crise de
    diabète très grave dans le train. Le souvenir me reste gravé dans la mémoire.

    Tout-à-coup, je me sens pris
    d’une soif terrible ! Arrivé à Rouen, je me précipite sur le quai, j’entre au
    buffet, j’attrape une carafe d’eau et je bois… je bois… Vous ne pouvez pas
    vous imager cette sensation d’être à l’extrême limite de ma vie. Je crois que
    c’est ça la sensation de la mort : l’impression qu’on se «dématérialise » en se
    diluant dans quelque chose.

    Avant tout, j’aime la vie et ses soucis. Je m’active, je
    travaille. Si je me porte bien, après tout, c’est justement parce que j’ai des soucis ! Je plains les
    gens qui croient qu’avec la retraite et l’inaction ils vont enfin être heureux,
    c’est de la folie !

    Une année, j’étais allé à
    Menton faire une conférence contre la peine de mort, j’ai vu des groupes de
    vieux dans une sorte de colonie pour retraités, assis sur les mêmes bancs, installés
    dans des cafés, figés. C’était terrible.

    Bon sang, mais bougez,
    vivez !

    Propos de Frédéric Pottecher,
    journaliste, 80 ans recueillis en avril 1986

    Question n°1

    1)Résumez ce texte, entre 10 et 20 lignes.

       

       

    2)Dégagez les
    idées principales du texte.

    3)Expliquez
    les mots en caractères gras.

    BIOLOGIE HUMAINE  (4 POINTS)

    Question n°2

    1)Citez les différents organes composant l’appareil urinaire.

    2)Énumérez les os du membre inférieur.

    Question n°3

    Quels conseils diététiques donneriez-vous à la maman d’un
    enfant de 3 ans qui est constipé ?

    Donnez en 3.

    Question n°4

    1)Décrivez le trajet anatomique des aliments digérés.

    2)Comment
    s’appellent les deux orifices de l’estomac ? Situez-les.

    Question
    n°5

    Vrai ou faux ?

    1)L’anatomie est l’étude du
    fonctionnement des organes.

    2)Une glande endocrine sécrète des
    hormones.

    3)L’oreille a une fonction d’équilibre.

    4)La glycémie est le taux de
    glucose dans le sang.

    5)La date de péremption est la date
    de fabrication des médicaments.

    6)Clavicule et omoplate composent
    la ceinture pelvienne.

    OPÉRATIONS
    NUMÉRIQUES  (2 POINTS)

    Question n°6

    Votre médecin vous a prescrit un traitement antalgique. Le
    pharmacien vous remet une boîte renfermant 12 comprimés.

    Votre traitement est préconisé pour 3 jours à raison de 3
    comprimés par jour.

    La boîte coûte 15 euros.

    1)Quel est le prix de revient d’un comprimé ?

    2)Aurez-vous assez de comprimés ? Pourquoi ?

    Question n°7

    1)Sachant que l’indice de masse corporelle se calcule selon cette
    formule :

    – poids de la personne en kilogrammes divisé par la taille (en
    mètres) au carré.

    Donnez l’indice de masse corporelle d’une femme de 83 kg
    mesurant 1m70 (arrondir à l’unité).

    2)Effectuez les opérations suivantes :

    785,23 x 42=

    139,5 :31=

    EXERCICES
    DE CONVERSION(2 POINTS)

    Question
    n°8

    Pour se rendre à son travail,
    une aide soignante part de chez elle à 6h00 et arrive à l’hôpital à 7h45,

    après s’être arrêtée un quart d’heure
    au café de la gare pour prendre une collation.

    – Quelle est la durée du trajet
    de cette personne ?

    – Votre résultat sera exprimé
    en minutes puis en secondes.

    Question
    n°9

    Un patient a bu en 24 heures :

    – 2 carafes d’eau de 250 mL
    chacune ;

    – 2 verres de jus de fruit de
    20 cL chacun ;

    – 1 thé de 3 dL.

    Quelle est en litre(s) la
    quantité totale absorbée ?

  • Concours d’assistante service social de la région Lorraine; session 2007 épreuve de français

    Annales AS : Lorraine 2007

    DOCUMENT 1 : TERRIBLE BILAN DES FEMMES BATTUES

    La ministre déléguée à la Cohésion sociale et à la parité, Catherine Vautrin, a présenté hier un rapport accablant sur les violences conjugales.

    « En France métropolitaine, en moyenne, une femme meurt tous les trois jours victime de violences conjugales, contre seulement un homme tous les 14 jours », indique un « recensement national faisant état de personnes décédées » depuis le ler janvier 2006, réalisé avec la police et la gendarmerie et présenté hier en conseil des ministres par la ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité Catherine Vautrin.

    « C’est un fléau qui touche absolument tous les milieux », a souligné la ministre, annonçant qu’elle allait proposer d’en faire une « cause nationale » en 2008.

    Dix enfants tués

    « De façon globale depuis le 1er janvier 2006, il a été commis 113 homicides dont 83 % des victimes sont des femmes », précise le rapport.Il souligne également que 10 enfants de moins de six ans ont été tués depuis le début de l’année, dans le cadre de violencès conjugales.« La séparation apparaît toujours comme une période à risques, puisqu’elle intervient dans pas loin de la moitié des cas (41 %). Dans plus de la moitié des homicides, les auteurs sont en inactivité et l’alcool est présent dans un quart des faits », selon l’enquête.Amnesty International avait dénoncé en février les violences contre les femmes en France, estimant qu’il s’agissait d’une « affaire d’État », et critiqué la timidité de la justice et l’absence d’une véritable prévention.

    Un milliard d’euros par an

    Un sondage CSA paru hier dans le Parisien montre que près d’un tiers des Fran­çais (30 0/o) pensent qu’une femme de leur entourage subit ou a subi des violences conjugales.75 % estiment que les pouvoirs publics n’agissent pas de manière suffisamment efficace pour lutter contre ce fléau, malgré la promulgation d’une loi le 4 avril, qui a notamment porté l’âge légal du mariage pour les filles à 18 ans au lieu de 15 et aggravé les peines en cas de violences entre conjoints ou ex-conjoints. La loi est un « indéniable progrès mais elle ne va pas assez loin », estime Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes.Hier, pour la première fois, le gouvernement a chiffré le coût économique des violences conjugales, qu’il estime à un milliard d’euros par an.

    Selon Mme Vautrin, il faut d’abord « sortir les victimes de l’état de culpabilité dans lequel elles sont ». Elle a présenté 10 courts-métrages qui seront diffusés sur TV5 et Arte à partir de samedi, pour sensibiliser l’opinion.Mme Vautrin a aussi annoncé la mise en place d’un numéro de téléphone unique à quatre chiffres pour les victimes, à partir de janvier 2007.

    Les difficultés de logement

    Par ailleurs, le gouvernement veut lutter contre les difficultés de logement des femmes victimes en travaillant avec les bailleurs sociaux pour faire lever la clause de solidarité figurant dans la plupart des contrats de bail, lorsqu’elles souhaitent quitter le domicile conjugal.Il espère faciliter l’attribution de logements sociaux aux personnes en instance de divorce.

    Campagne européenne contre les violences aux femmes

    Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, lancera lundi à Madrid une campagne européenne contre les violences domestiques faites aux femmes, a annoncé hier le Conseil de l’Europe, promoteur de cette initiative. Cette campagne baptisée « Stop à la violence domestique faite aux femmes », s’étendra tout au long de l’année 2007 à travers les 46 pays membres de cette organisation.

    L’Est républicain, 23 novembre 2006

    DOCUMENT 2 : VIOLENCES CONJUGALES

    Prévenir la récidive des auteurs de violences et faciliter l’hébergement des victimes.

    La lutte contre les violences au sein du couple se renforce. Alors que le Parle­ment a définitivement adopté, le 23 mars, la proposition de loi aggravant les peines pour les auteurs de violences (voir p. 168), deux rapports viennent enri­chir le débat sur la prise en charge des hommes violents et l’hébergement des femmes victimes.

    Le docteur Roland Coutanceau a remis, le 21 mars, à Mme Catherine Vautrin, son rapport intitulé « Auteurs de violences au sein du couple : prise en charge et prévention (http://www.cohesion-sociale.gouv.fr/). Un travail qui s’inscrit dans le prolongement du plan global 2005-2007 sur les violences au sein du couple (TSA, n° 996 du 26 novembre 2005, p. 22, n° 1044 du 2 décembre 2005, p. 22). Pour ce psychiatre, précurseur des consultations spécialisées pour hommes violents, la prise en charge du sujet violent suppose d’abord « des obligations ou des injonctions recommandées ou imposées lors des décisions de justice ». La loi permet à cet égard au juge d’imposer ou de suggérer une prise en charge sanitaire, sociale et psychologique dans différents cadres pré ou post-senten­tiel. Le docteur Coutanceau considère aussi que « le rappel à la loi de l’auteur des violences est le point de passage obligé de toute prise en charge ». Il devrait donc être réaffirmé « solennellement par un magistrat ». Outre ces principes, le rapport préconise notamment de systématiser la garde à vue et le déferrement au Parquet en cas de violences, d’effectuer un signalement auprès de la protection de l’enfance lorsque le couple a des enfants et de développer des consultations spécialisées pour hommes violents sous forme de prise en charge individuelle et de groupes de paroles. Il annonce également la mise en place de l’accueil familial des femmes victimes de violences à titre expéri­mental dans trois départements — la Drôme, l’Ardèche et la Réunion —, sur le modèle de l’accueil familial à titre onéreux des personnes âgées et handicapées. Le coût financier de la mesure, estimé à environ 1 300 € par mois (à comparer au coût en CHRS, 3 100 €), sera supporté esentiellement par l’État, les conseils généraux prenant en charge les femmes enceintes et les enfants de moins de trois ans.

    C’est sur « l’hébergement et le relogement des femmes victimes de violences » que se sont penchés, pour leur part, M. Bernard de Korsak et Mme Anne-Marie Leger, respectivement ingénieur des ponts et chaussées et inspectrice générale des affaires sociales (IGAS), dans un rapport daté de janvier 2006 et rendu public ces jours-ci (http://www.ladocumentationfrancaise.fr/). Les deux institutions avaient été missionnées en avril dernier par le Gouvernement pour dresser un état des lieux. Le rapport formule 26 propositions qui visent à traiter en amont la question du « lieu de vie » pour la victime et, le cas échéant, ses enfants. Il suggère ainsi d’améliorer l’évaluation quantitative des besoins, de renforcer le rôle de la commission départementale d’action contre les violences faites aux femmes dans le domaine de l’hébergement et du logement, de transcrire les besoins recensés dans les dispositifs prioritaires locaux (plans départementaux d’accès au logement des personnes défavorisées, schémas d’accueil d’héberge­ment et d’insertion…). Afin de détecter plus tôt les femmes victimes, les experts proposent de mettre en place un numéro téléphonique unique et simplifié au niveau national. Ils souhaitent aussi que le dispositif d’éviction du conjoint violent soit complété. Par exemple, en assouplissant les conditions de maintien de la victime dans son logement du parc social : changement du titulaire du bail sans nouvelle attri­bution, prise en compte de ressources temporairement inexistantes ou insuffi­santes, mise en sécurité minimale du logement.

    La loi réprimant plus sévèrement les violences au sein du couple est adoptée. Les députés ont adopté définitivement, le 23 mars, la proposition de loi renfor­çant la prévention et la répression des violences au sein du couple ou contre les mineurs. Elle définit comme circonstance aggravante le fait de commettre des violences au sein du couple (mariés, concubins ou pacsés) ou entre anciens conjoints. Elle érige aussi en circonstance aggravante le viol et les autres agress­sions sexuelles au sein du couple. Et lorsque l’auteur du viol et la victime sont unis par les liens du mariage, la présomption de consentement des époux à l’acte sexuel ne vaut que jusqu’à preuve du contraire. Parmi les autres mesures : les dispositions qui permettent déjà l’éloignement du conjoint ou concubin violent du domicile du couple sont étendues aux ex-conjoints. La loi cherche aussi à lutter contre les mariages forcés. À ce titre, elle porte notamment de 15 à 18 ans l’âge du mariage des femmes et allonge les délais permettant de demander la nullité du mariage pour vice de consentement.

    TSA, n° 1061, 31 mars 2006

    DOCUMENT 3 : VIOLENCES CONJUGALES, COMMENT EN SORTIR ?

    Le terme « violences conjugales » recouvre plusieurs réalités. Pour les victimes, sortir de ce cercle infernal est long et douloureux, comme l’explique Maïté Albagly, secrétaire générale du Mouvement français pour le planning familial. Pour Liliana Gonzales, psychanalyste, les places assignées — en l’occurrence celle des femmes battues — sont porteuses de souffrance mais aussi de signification. De plus, explique-t-elle, le récit de la violence rencontre des résonances chez celui qui écoute. D’où l’intérêt pour les professionnels de prendre le temps de construire la relation avec la victime. Selon Marlene Frich, conseillère conjugale et familiale et thérapeute, la violence conjugale recouvre un conflit psychique vie-mort. L’autre, explique-t-elle, devient nécessaire pour assurer la survie. C’est un travail du couple, pense-t-elle, qui est nécessaire pour en sortir.

    Que recouvre le terme « Violences conjugales » ?

    Malté Albegly : Il définit le processus au cours duquel un partenaire exerce des comportements agressifs et violents à l’encontre de l’autre, dans le cadre d’une relation privée et privilégiée. La violence conjugale peut être le fait de l’homme comme de la femme, cependant, dans 95 % des cas, la femme en est victime.

    Quelles formes prend la violence conjugale ?

    Elle peut prendre plusieurs formes, isolées ou conjointes, comme la violence psychologique disqualifiant la victime dans tout ce qu’elle est, la violence verbale qui humilie, la violence économique qui consiste à soumettre une personne par l’argent, la violence sexuelle avec par exemple le « viol marital » qui impose des relations sans consentement. Tous ces comportements en général précèdent la violence physique qui est la forme la plus connue et la plus repé­rable des violences conjugales, la femme en portant les traces visibles.

    Pourquoi les victimes ne portent-elles pas plainte rapidement ?

    La violence conjugale procède par phases : la déconsidération, les coups, l’explication des coups, la déresponsabilisation « Je ne suis pas responsable. Tu as provoqué ma colère », les excuses et enfin la « Lune de miel ». La lune de miel est un état fantastique durant lequel la victime va retrouver l’autre tel qu’elle l’avait imaginé quand elle l’a choisi comme partenaire.

    Existe-t-il un « profil type » des femmes qui subissent de la violence ?

    Non, les femmes de tous milieux culturels, intellectuels ou économiques sont touchées. Cette violence est encouragée par l’oppression sociale des femmes, amplifiée par l’inégalité et la dépendance économique. Bien entendu, une femme dévalorisée ou battue dans son enfance aura moins de ressources pour se défendre qu’une femme avec une personnalité bien construite.

    Quels arguments cliniques peuvent expliquer la naissance de violences au sein d’un couple ou d’une famille ?

    Liliana Gonzales : La violence est une réponse possible d’un sujet à quelqu’un ou quelque chose qui lui fait barrage. Dans un couple, elle peut surgir à l’occasion de la réactualisation de questions identificatoires dans l’actuel et dans les actes. Ces questions, restées dans une impasse, sont des questions fondamentales : qu’est-ce qu’être un homme, une femme ? Qu’est-ce qu’aimer ? Et aussi : qu’est-ce qu’une mère, un père dans cette famille-là ? Qu’est-ce que la violence alors ? C’est à partir de ce que des femmes — mais aussi des hommes — peuvent m’en dire, de leurs récits, qu’on saisit la violence, et ce travail se fait à partir de l’évocation à travers la parole des effets des actes violents, c’est-à-dire des effets de sidération et d’arrêt de la pensée. Dans ces récits de personnes qui ont traversé des violences intra-familliales,c’est souvent au moment de la grossesse et notamment quand le « ventre rond » se donne à voir (la réalité d’un enfant à venir) que la violence du conjoint éclate. Ces hommes, pas prêts à devenir pères, qui se trouvent contraints à devenir pères à marche forcée, réagissent. Pour certains hommes, il n’est pas possible de changer de place, au moins à ce moment-là, cela ne constitue pas une expérience psychique.

     
     

     
     

    Comment se traduisent concrètement ces violences ? Est-ce, comme il est courant de le penser de manière stéréotypée, l’homme qui est responsable et la femme qui est victime ?

    Parler en termes de victime et d’agresseur est important et fondamental non seule­ment parce qu’on intègre ainsi le point de vue de la loi (car il est important de déterminer un responsable des faits), mais surtout dans la mesure où une recon­naissance de la violence infligée par le corps social constitue parfois un pas néces­saire dans le chemin de l’appropriation psychique de cet acte de violence. Un pas néccessaire mais pas suffisant. Mais, de mon point de vue, penser uniquement en termes de victimes et de bourreaux ou responsables, ce serait rabattre la violence à un pur événement factuel, en écrasant toute duplicité, toute opacité fantasma­tique. C’est déshumaniser et l’homme et la femme. Mais on ne peut pas non plus rabattre l’événement sur le fantasme, en occultant le rôle du conjoint ou du parent. Une telle opération l’innocenterait implicitement en le libérant, lui (parent, conjoint), de tout désir. Dans ce domaine, mon travail consiste a accompagner la personne dans la reprise en chantier de ses questionnements, de l’appropriation de ce qu’elle a pu jouer, à son insu, dans cette histoire et, autrement dit la subjectiva­tion (c’est-à-dire pouvoir dire je à nouveau) et à essayer de faciliter l’accès à autre chose : quitter la place assignée – victime, coupable, responsable — sans oublier que les places assignées sont porteuses de souffrance mais aussi de significations.

    Quels conseils suggéreriez-vous aux travailleurs sociaux pour mieux déceler et traiter ce phénomène ?

    Il me semble important d’abord de repérer certains effets, certains signes de la violence subie ou infligée : la confusion, le chaos dans les récits par exemple. Certaines femmes sont aussi sous le poids de la honte ; c’est-à-dire qu’elles ne parlent pas, si ce n’est dans un contexte de confiance établie et réelle. De ce point de vue se révéle aussi le caractére de la violence : penser que l’autre va penser qu’elle y est pour quelque chose ; donc : il faut faire en sorte qu’on ne se sente pas jugée face à des violences reçues ; que ça peut arriver et que ça paralyse. Ce sont là des aspects importants. Or, ce contexte se construit dans le temps, avec du temps, dans une relation. Il est aussi important de ne pas agir avec précipitation, comme dans une réponse immédiate en miroir. La violence et son récit rencontrent des résonances chez celui qui écoute, produisant parfois de la fascination ou de l’horreur. La précipitation à agir ne viendrait-elle pas là, d’ailleurs, comme un évitement à ces effets ? La violence happe et annule la capacité de penser, nous l’avons dit.

    Lien social, n`’ 6660, 3 avril 2003

    DOCUMENT 4 : COUPS BAS

    Dans les couples déchirés par la violence, la culpabilité ronge souvent les victimes davantage que les bourreaux.

    D’un côté la victime, de l’autre le bourreau. Est-ce si simple ? Partant du prin­cipe que l’homme qui bat est bien évidemment en faute, François Chilowicz, auteur de cet excellent documentaire sur la violence conjugale, s’interroge sur la part de responsbilité de chacun dans ces couples qui ne fonctionnent que sur le mode de la brutalité.

    « Pourquoi est-elle restée huit ans avec moi ? », demande Did. « Pas par amour. Pas parce qu’elle croyait pouvoir me guérir. Mais parce que la violence est un jeu à deux. Un combat à la vie, à la mort. » En cause d’abord, l’histoire personnelle des protagonistes. Puis une relation trop fusionnelle qui autorise petit à petit l’un à posséder l’autre tout en le niant. Sortie de dix ans de calvaire, Dominique reconnaît qu’elle appréciait, au début de son union, d’être « vampirisée » par son époux. Comme si, en faisant d’elle sa chose, il lui prouvait son amour. « Les victimes sont attirées par leur bourreau », dit-elle. « Il y a tant de douleur dans cette relation qu’on est obligée d’aimer celui qui vous frappe. Sinon, on devient folle. »

    Chantal, de son côté a mis longtemps avant de se résoudre à faire poursuvire son tortionnaire. Un homme épousé en secondes noces, si bon danseur, si bon amant : « Je l’aimais. Je ne m’étais pas remariée pour divorcer. » Oser dénoncer les sévices subis en silence pendant des années, c’est aussi ravaler sa honte de les avoir acceptés. La culpabilité ronge par ailleurs les victimes, qui s’accusent d’être à l’origine de leur malheur comme de l’échec de leur couple. L’un n’est jamais tout noir et l’autre tout blanc. « Parfois, explique Jérôme, je vois dans son regard qu’elle me cherche. Elle sait exactement ce qu’il faut dire pour que j’explose. » Jérôme a fait l’objet de poursuites. Il cherche à comprendre. Max, en revanche, refuse d’admettre le départ de celle qu’il a martyrisée pendant vint-cinq ans. « Je la frappais avec amour, par amour », ose-t-il. « Je souffrais moralement plus qu’elle. Au bout d’un moment, je n’en pouvais plus, je lui faisais un câlin. » Après la raclée, les promesses de ne plus recommencer.

    C’est le coup ou l’humiliation de trop qui déclenche la prise de conscience. « J’ai eu un flash », explique Sylvie. « Je me suis dit : c’est fini. Et cela a été fini. » Domi­nique dit avoir vécu le procès aux assises de son mari (cinq ans de prison dont trois avec sursis) comme « une révélation de la gravité de ce que j’avais enduré ». Caroline, elle, n’a pas eu la force de porter plainte. Le jour où elle a senti que son compagnon allait la tuer, elle lui a planté un couteau dans le coeur. Elle a écopé de huit ans de prison. « Cette fois, il n’a pas eu le temps de m’amocher », dit-elle. « La justice a donc considéré que c’était moi, et non pas lui, qui étais coupable. Mais ce geste a été ma délivrance. » Tous les trois jours, en France, une femme meurt des suites de violences conjugales.

    SYLVIE VÉRAN,

    © Le Nouvel Observateur, 7 décembre 2006.

    DOCUMENT 5 : VIOLENCES CONJUGALES : SOIGNER L’HOMME VIOLENT

    Selon Michela Marzano, philosophe, chercheuse au CNRS : « À la base de la violence il y a une crise existentielle profonde qui pousse l’auteur à considérer la femme comme rien ».

    Quel est le profil de l’homme violent ? Il s’agit souvent d’individus qui n’acceptent pas la « résistance » du réel, c’est-à-dire le fait que parfois la réalité s’oppose à leur désir, que parfois les autres ne répondent pas exactement à leurs demandes. Ce qui les amène à vouloir forcer ce qui résiste, à vouloir plier ceux ou celles qui leur opposent un refus. Si l’on analyse le cas particulier des violences sexuelles envers les femmes, l’on se rend compte que les violeurs forcent leurs victimes à se plier à leurs exigences,sans prendre en compte leur refus. Ce qui devient possible à partir du moment où l’autre n’est plus pris en compte comme autre, et qu’il n’est donc plus reconnu comme un être humain digne de respect : son « non » devient un « oui », car la seule chose qui compte est la volonté de celui qui exerce la violence. Les hommes violents sont souvent des individus qui n’arrivent pas à s’inscrire dans le monde et dans la société de façon satisfaisante : à la base de leur violence il y a une crise existentielle profonde, qui les pousse à considérer les autres, et notamment les femmes, comme « rien », peut-être aussi parce qu’eux-mêmes n’arrivent pas à donner beaucoup de valeur à leur vie, et n’arrivent pas non plus à obtenir une considération adéquate de la part des autres (et notamment des femmes) La violence, de ce point de vue, apparaît comme le seul recours possible, comme le seul moyen pour s’imposer, en montrant ainsi à la société qu’il y a au moins les victimes de leur violence qui ont dû se plier à leur volonté et leur puissance.

    Que peut-on faire pour lutter contre cette violence, comment tenter de la prévenir ?

    L’éducation peut jouer un rôle très important, en permettant aux individus de prendre la mesure des effets dramatiques que la violence peut avoir. De ce point de vue, il faudrait peut-être commencer par faire comprendre aux jeunes l’exis­tence de limites, et leur montrer comment ces limites font partie de la condition humaine. Et cela, non seulement parce que l’être humain est une créature « limitée » et « mortelle » (c’est-à-dire un être qui n’est pas tout-puissant), mais aussi et surtout parce que toute action humaine est limitée par la présence d’autrui et par son désir qui peut ne pas correspondre aux attentes que l’on a. Autrui est toujours une limite à nos actions et à nos choix. Il existe une sorte d’infranchissable seuil qui nous sépare d’autrui, sauf à ne pas reconnaître celui-ci comme semblable à nous et, dans un même temps, à détruire la possibilité de notre humanité au sein du monde. Le problème est cependant que, aujourd’hui, on vit dans une société assez « clivée ». D’une part, on assiste à une dénoncia­tion de la violence et à l’institution d’une espèce d’État de police ; d’autre part, cet État de police utilise à son tour une violence qui n’est pas moins extrême et qui ne prend pas du tout en compte l’humanité des coupables. D’une part, on assiste à la dénonciation de la violence des hommes vis-à-vis des femmes ; d’autre part, certaines femmes, qui se disent féministes, proposent comme seule solution à la détresse féminine l’utitisation d’un contre-pouvoir féminin.

    Je crois que la tentative de résoudre le problème de la violence par une pénali­sation toujours plus dure et plus violente des auteurs d’actes de violence n’est pas une réponse adéquate. Ce que l’on fait, en effet, c’est répondre à la violence par la violence, sans considération aucune du fait que les hommes violents sont des individus qui n’ont probablement pas pu développer chez eux ce que Freud appelle la « compassion ». Pour Freud, la compassion est l’une des « digues psychiques » qui structurent la subjectivité des individus, une « digue » qui s’oppose à la « cruauté ». Or, les hommes violents sont des individus qui, en général, n’ont pas de compassion vis-à-vis des autres, et notamment des femmes. Car les femmes, à leurs yeux, sont souvent des « choses », des « objets » dont on peut disposer complètement. Non seulement la femme n’est pas reconnue comme une semblable, comme une présence qui demande à être respectée en tant que sujet, mais elle n’est pas non plus reconnue comme un être sensible : elle n’est plus un « autrui » qui peut contester le pouvoir et la violence des hommes. Cher­cher à opposer à cette violence une autre forme de violence qui réduit les coupa­bles en « objets » contre lesquels exercer une forme de vengeance ne peut contribuer qu’à l’affirmation du principe selon lequel il y a des individus qui n’ont pas droit au respect que tout être humain mérite en tant qu’être.

    Lien social, n° 700, 11 mars 2004

    1. Résumé

    Vous rédigerez en un maximum de 300 mots (il y a environ 10 mots par ligne) un résumé des idées essentielles des documents ci-joints. Essayez d’être concis, objectif et de relier logiquement les points les plus importants. Exprimez-vous sans recopier des passages des textes ni paraphra­ser, ni faire de commentaires personnels.

    2. Discussion

    « L’Éducation peut jouer un rôle très important, en permettant aux individus de prendre la mesure des effets dramatiques que la violence peut avoir. De ce point de vue, il faudrait peut-être commencer par faire comprendre aux jeunes l’existence de limites et leur montrer comment ces limites font partie de la condition humaine ».

    Dans un développement succinct, mais construit et ordonné, avec une intro­duction et une conclusion (300 mots environ), vous commenterez et discute­rez ces propos en exposant, à l’aide d’arguments et d’exemples précis, votre opinion personnelle.

    Durée totale de l’épreuve : 3 heures

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  • Annales du concours de Moniteur-Educateur de Picardie ; session 2005 Epreuve écrite français.

    Annales du concours de Moniteur-Educateur de Picardie ; session 2005

    Epreuve écrite.

    Durée : 1 heure 30

    Le métier de journaliste et la relation de la vérité.

    En apparence, l’objectif est clair, autant que le serment d’Hippocrate (serment par lequel les médecins s’engagent à respecter les obligations morales de leur profession ) : dire la vérité, rien que la vérité, toute la vérité, comme le témoin devant le tribunal. Mais à ce témoin, le président du jury ne demande que la vérité qui lui a été humainement perceptible, celle qu’il a pu appréhender en un certain lieu, à une certaine heure, relativement à certaines personnes. Au journaliste est demandée une vérité plus ample, complexe, démultipliée.

    En rentrant de déportation, Léon Blum, qui avait été longtemps journaliste, déclarait devant ses camarades qu’il savait désormais que la règle d’or de ce métier n’était pas “de ne dire que la vérité, ce qui est simple, mais de dire toute la vérité, ce qui est bien plus difficile”. Bien. Mais qu’est-ce que “toute la vérité” dans la mesure d’ailleurs où il est possible de définir “rien que la vérité” ?

    La révolution roumaine de décembre 1989 vient de poser, de crier ce type de problème avec une violence suffocante. On sait à quel point “la vérité” fut, en l’occurrence, malmenée, et sous sa forme apparemment la plus simple, celle des chiffres. L’intoxication qui a fait dérailler une grande partie des médias internationaux a donné lieu aux analyses les plus fines – notamment celle de Jean-Claude Guillebaud qui a su saluer l’admirable retenue d’une journaliste belge, Colette Braekman, osant publier ces mots en apparence infamants : “je n’ai rien vu à Timisoara”. (ville où on fit croire à la presse internationale qu’avait eu lieu un massacre. )

    “Je n’ai rien vu” ne signifie certes pas “il ne s’est rien passé”. Mais c’est à partir de cette formule anathème (sacrilège) à tout professionnel de la communication, et qui devrait être enseignée comme un modèle absolu dans toutes les écoles de journalisme, que se définit et s’exerce la conscience journalistique, la rapport entre le vrai et le vu, le véritable et le vérifié – antithèse et synonyme à la fois du “toute la vérité” de Blum : toute cette ration de vérité que vous pouvez appréhender. L’interrogation du journaliste ne porte pas seulement sur la part de vérité qui lui est accessible, mais aussi sur les méthodes pour y parvenir, et sur la divulgation qui peut être faite. Le journaliste dit “d’investigation” est à l’ordre du jour. Il est entendu aujourd’hui que tous les coups sont permis. Le traitement par deux journalistes du Washington Post de l’affaire du Watergate (affaire d’espionnage politique qui entraîna la démission de Nixon en 1974) a donné ses lettres de noblesse à un type d’enquête comparable à celle que pratiquent la police et les services spéciaux à l’encontre des terroristes ou des trafiquants de drogue.

    S’insurger contre ce modèle, ou le mettre en question, ne peut être le fait que d’un ancien combattant cacochyme (en mauvaise santé) , d’un reporter formé par les Petites Soeurs des pauvres. L’idée que je me suis faite de ce métier me détourne d’un certain type de procédures, de certaines intrepellations déguisées, et je suis de ceux qui pensent que le journalisme obéit à d’autres règles que la police ou le contre-espionnage. Peut-être ai-je tort.

    Mais c’est la pratique de la rétention de l’information qui défie le plus rudement la conscience de l’informateur professionnel. Pour en avoir usé (et l’avoir reconnu…) à propos des guerres d’Algérie et du Vietnam, pour avoir cru pouvoir tracer une frontière entre le communicable et l’indicible, pour m’être érigé en gardien “d’intérêts supérieurs” à l’information, ceux des causes tenues pour “justes”, je me suis attiré de rudes remontrances. Méritées, à coup sûr, surtout si elles émanaient de personnages n’ayant jamais pratiqué, à d’autres usages, de manipulations systématiques, et pudiquement dissimulées.

    La loi est claire : “rien que la vérité, toute la vérité”, mais il faut la compléter par la devise que le New York Times arbore en manchette : “All the news that’s fit to print”, toutes les nouvelles dignes d’être imprimées. Ce qui exclut les indignes- c’est-à-dire toute une espèce de journalisme et, dans le plus noble, ce dont la divulgation porte indûment atteinte à la vie ou l’honorabilité de personnes humaines dont l’indignité n’a pas été établie.

    Connaissant ces règles, le journaliste constatera que son problème majeur n’a pas trait à l’acquisition mais à la diffusion de sa part de vérité , dans ce rapport à établir entre ce qu’il ingurgite de la meilleure foi du monde, où abondent les scories et les faux-semblants, et ce qu’il régurgite. La frontière, entre les deux, est insaisissable, et mouvante. Le filtre, de ceci à cela, est à sa conscience, seule.

    J. LACOUTURE ;Le Courrier de l’UNESCO ; septembre 1990.

    A. Compréhension ( 6 points)

    1. Quel est le point de vue de l’auteur sur le journalisme “d’investigation” et comment le présente-t-il ? (3 pts )

    2. Quels sont les 3 problèmes qui, selon J. Lacouture, se posent au journaliste et quelle importance l’auteur accorde-t-il à chacun d’eux ? (3 points )

    B. Discussion. (14 points )

    Dans quelle mesure partagez-vous le point de vue de Jean Lacouture lorsqu’il estime que le journaliste doit s’imposer des limites dans l’exercice de son métier ?

    Vous présentrez sur cette question uen réflexion ordonnée et argumentée.

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  • Tab Rés ASAP Basse Normandie Bourgogne Bretagne

    Résultats concours IFAS/IFAP
    Régions Basse Normandie – Bourgogne – Bretagne

    RÉGION BASSE NORMANDIE
    IFAS CHU Caen (admission) 2013
    IFAP Granville (admission) 2013
    IFAS Lisieux (admission) 2013

    IFAS Argentan (admissibilité) 2012
    Résultats admission prévus le 11 mai

    IFAS Avranches (liste principale) 2012

    IFAS Avranches (liste complémentaire) 2012

    IFAS Avranches Granville (liste principale) 2012

    IFAS Granville (admission) 2012 (document non archivé)

    IFAP Caen (admissibilité) 2012 (document non archivé)

    IFAS La Falaise (liste principale et liste complémentaire) 2012 (document non archivé)

    IFAS Lisieux (liste principale) 2012

    IFAS Lycée Camille Claudel Caen (admissibilité) 2012 (document non archivé)

    IFAS Saint Lô (liste principale et complémentaire) 2012 (document non archivé)

    IFAS Saint Lô (admissibilité) 2012

    IFAS Caen 2011 (document non archivé)

    IFAS Falaise 2011 (document non archivé)

    RÉGION BOURGOGNE
    IFAS Beaune et Dijon (admission) 2012
    IFAS Paray le Monial (admissibilité) 2012 (document non archivé)
    IFAS CRF Quetigny 2011 (document non archivé)
    IFAP CRF Quetigny 2011 (document non archivé)
    RÉGION BRETAGNE
    IFAS Brest (admissibilité) 2013
    IFAS Lorient (admissibilité) 2013
    IFAS Morlaix (admissibilité) 2013
    IFAS St Malo et Dinan (admission) 2012
    IFAS Vern sur Seiche
    IFAS MALESTROIT (admission) 2012
    IFAS CRF BREST (admission) 2012
    IFAS Brest (admissibilité) 2012
    IFAS Landerneau (admissibilité) 2012 (document non archivé)
    IFAS Lorient (liste principale) 2012 (document non archivé)
    IFAS Lorient (liste complémentaire) 2012 (document non archivé)
    IFAS Lorient (admission, liste principale) 2012 (document non archivé)
    IFAS Pontivy (liste principale) 2012
    IFAS Pontivy (liste complémentaire) 2012 (document non archivé)
    IFAP RENNES (admissibilité) 2012
    IFAS Rennes (admission, liste principale) 2012 (document non archivé) Document (document non archivé)
    IFAS Rennes (admission, liste complémentaire) 2012 (document non archivé)
    IFAPCRFBrest 2011 (document non archivé)
    IFAS CRF Brest 2011 (document non archivé)

    Résultats concours Aide- Soignant 2010 – Résultats concours Auxiliaire de Puériculture 2010 – IFAS – IFAP- Prépa AS- AP – Concours AS – Concours AP – Ecole aide soignant- Paramédical – IFAS Nancy – IFAS Bordeaux – IFAS St Dizier – IFAS Avranches – IFAP Tours – IFAP Grenoble

  • Annales du concours de Moniteur-Educateur du Centre; session 2006 Epreuve écrite français.

    Annales du concours de Moniteur-Éducateur du Centre ; session 2006

    Épreuve écrite.

    Durée : 2 heures 30

    1. Récemment, des personnes handicapées ont porté plainte pour discrimination contre un cinéma, la SNCF et même les tribunaux, inaccessibles en raison des escaliers. Comment voyez-vous leur combat ? (5 points)

    2. Pour les jeunes délinquants, y a-t-il une alternative à l’incarcération ? De votre point de vue, de quoi ont besoin ces jeunes sur le plan éducatif ? ( 5 points)

    3. Le PAS, Point Accueil Solidarité, c’est un camion, à Tours, la nuit, où les gens sans domicile peuvent prendre un café chaud. Quel intérêt voyez-vous à cette action ? (5 points)

    4. Du string au piercing, les responsables des collèges et lycées tentent de modérer les audaces vestimentaires de certains élèves au point de raviver chez certains enseignants l’idée d’un retour à l’uniforme et à l’ordre moral. Comment les adultes peuvent-ils réagir face à ce phénomène ? (5 points)

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  • Annales du concours de Moniteur-Educateur du Limousin; session 2005 Epreuve écrite français.

    Annales du concours de Moniteur-Éducateur du Limousin ; session 2005

    Épreuve écrite.

    Durée : 3 heures

    “La différence fait toujours un peu peur. Alors nous nous protégeons comme nous pouvons par l’ignorance, la fuite, l’agressivité, le mépris, voire l’exclusion. Et seuls les esprits forts peuvent dire une bonne fois pour toutes qu’ils échapperont à la tentation.” Philippe MERIEU.

    Commentez cette citation en argumentant votre point de vue. ( 20 points)

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