CONCOURS EXTERNE ET DE 3ème VOIE
D’ADJOINT ADMINISTRATIF TERRITORIAL
SESSION 2003
Durée : 1h30 – Coefficient : 3
Le retour des bidonvilles
Selon le rapport 2002 de la Fondation Abbé Pierre sur le logement des défavorisés, près
de 750 000 personnes vivent dans des formes d’habitat précaire, squatts ou bidonvilles.
Remis au ministre de l’Équipement Gilles de Robien il y a quelques jours, le rapport intitulé «
L’état du mal-logement en France » fustige les insuffisances des dispositifs mis en place en
faveur des plus démunis. La Fondation Abbé Pierre estime que 86 000 personnes – dont 16
000 enfants – vivent sans domicile fixe, et qu’au moins 750 000 personnes se trouvent dans
des formes d’habitat précaire, de type bidonville.
C’est l’absence de logements disponibles qui est mise en cause par les auteurs du rapport :
selon les chiffres du ministère du Logement, on ne comptait, en 2002, que 68 000 places
réservées à l’accueil d’urgence, alors que, de son côté, la secrétaire d’Etat à la Lutte contre
l’exclusion et la précarité recensait, pour la même année, quelque 88 105 places. Soit un écart
de 20 000 places, s’étonnent les rapporteurs.
Autre élément préoccupant, le nombre de demandeurs d’asile, qui a doublé en trois ans : le
fait que seulement 18 % des demandes d’asile aboutissent à une réponse positive contribue à
maintenir cette population dans la clandestinité, avec les conséquences que l’on connaît
(recours aux services de marchands de sommeil…). « Des caravanes rouillées, des baraques
de fortune sans chauffage ni électricité sur des terrains vagues boueux, les bidonvilles ont fait
leur réapparition à la périphérie de Lyon, Nantes, Clermont-Ferrand ou encore Paris », pointe
encore le rapport. Avec l’effondrement du bloc de l’Est, les bidonvilles ont repris de la vigueur.
Et on estime qu’à Paris et en Seine-Saint-Denis, 2 000 logements sont occupés de façon
illégale.
Des dysfonctionnements dans l’attribution des logements.
Les difficultés d’accès sont nombreuses. Tout d’abord, les délais pour l’attribution d’un
logement sont anormalement longs, ils peuvent atteindre quarante-deux mois dans les villes
très urbanisées. A cela s’ajoutent des refus d’attribution jugés « incompréhensibles », et
portés de plus en plus souvent devant les tribunaux administratifs. Les rapporteurs citent aussi
la stagnation, à un niveau faible, de la construction H.L.M., qui ne permet pas de satisfaire
toutes les demandes, ainsi que la réduction de l’offre de logements privés à bon marché.
L’augmentation régulière des loyers et les perspectives de rentabilité qu’offrait le parc locatif
privé n’ont pas empêché un retrait sensible des investisseurs institutionnels (assurances,
banques, sociétés foncières), ces derniers ayant préféré se tourner vers l’acquisition de
bureaux. Conséquence : 239 000 logements ont changé de main et sont souvent passés dans
le champ de l’accession.
En outre, la lutte contre le saturnisme a été oubliée. Alors qu’un rapport sur ce thème a été
remis en 2002 au ministre des Affaires sociales, faisant état de 85 000 enfants touchés par ce
fléau, les crédits disponibles destinés à lutter contre le saturnisme n’ont été que très
partiellement consommés (3,4 % au 30 septembre 2001). Principal obstacle, le manque de
solutions de relogement pour les familles concernées. « Nous en sommes aujourd’hui aux
balbutiements de la mise en oeuvre concrète, sur le terrain, de la lutte contre le saturnisme »,
critique le rapport.
Autre constat, plus de 600 000 personnes vivent dans des logements suroccupés, selon les
normes édictées par le décret sur le logement décent. Dernier point, le cas des saisonniers,
souvent logés dans des conditions indignes : dormant dans des voitures, ou même dans des
pylônes de remontée mécanique, entassés dans des baraquements de fortune, sans eau ni
électricité, ils sont environ 1,4 million à travailler chaque année dans les communes
touristiques de montagne et de bord de mer.
Un nombre croissant de bénéficiaires du RMI.
Enfin, le nombre de bénéficiaires du RMI ne cesse d’augmenter : en 2002, ils étaient
1 084 300 à vivre de revenus de transfert. De plus en plus, le choix se résume pour eux à «
vivre ou se loger ». En dépit des aides personnelles au logement qui peuvent leur être
accordées, ils ne trouvent pas de logement à bas loyer, offre privée et parc social confondus.
Le rapport évoque un « reste à vivre de misère », une fois réglés le loyer et les charges
afférentes (électricité, impôts locaux, assurance). A titre indicatif, le « reste à vivre » peut
évoluer dans une fourchette de 6,65 euros à 9,92 euros par jour par unité de consommation,
c’est-à-dire par foyer.
La Gazette des communes – Mars 2003
Les questions sont à traiter dans l’ordre du sujet.
QUESTIONS SUR LE TEXTE (12 points)
1 – Le titre vous parait-il significatif de l’ensemble du texte ? Pourquoi ? (2 points)
2 – Expliquez les expressions suivantes :
– « habitat précaire » (ligne 2) (1 point)
– « recours aux services de marchands de sommeil » (ligne 19) (1 point)
– « la stagnation, à un niveau faible, de la construction H.L.M. » (ligne 31) (1 point)
3 – En vous appuyant sur le texte, dites quelles sont les difficultés auxquelles sont confrontés
les plus démunis pour se loger décemment. (4 points)
4 – Quels sont, selon vous, les remèdes pour améliorer l’accès des plus démunis au
logement ? (3 points)
EXERCICES (8 points)
1 – Dans le texte ci-dessous, certains mots sont mal orthographiés. Réécrivez sans erreur ces
mots sur votre copie dans l’ordre du texte : (3 points)
Par bonheur, au même instant, le chasseur, saisit d’un doute, avait relevé sont arme. Comme
il pressait sur la détente, il eut l’idée qu’il était impossible qu’un chevreuil se tint immobile,
alors que les chiens jetait déja leurs abois, et ce présentiment le fit tremblé juste assez pour
dévié le coût. La balle effleura la tête de Gaspard, ou elle traçat un léger sillon sanglant.
2 – Indiquez la nature et la fonction des propositions subordonnées dans la phrase suivante :
(2 points)
« C’est l’absence de logements disponibles qui est mise en cause par les auteurs du rapport :
selon les chiffres du ministère du Logement, on ne comptait, en 2002, que 68 000 places
réservées à l’accueil d’urgence, alors que, de son côté, la secrétaire d’Etat à la Lutte contre
l’exclusion et la précarité recensait, pour la même année, quelque 88 105 places »
3 – Donnez la fonction des mots ou groupes de mots suivants :
– « au ministre » (ligne 4) (0,5 point)
– « nombreuses » (ligne 27) (0,5 point)
– « qu’ » (ligne 33) (0,5 point)
– « vers l’acquisition de bureaux » (lignes 35 et 36) (0,5 point)
4 – Donnez un antonyme du mot « fustige » (ligne 5) (0,5 point)
Donnez un synonyme du mot « fléau » (ligne 40) (0,5 point)
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