Paris ISRP 1998

Concours Psychomotricien – Paris ISRP 1998
Epreuve de Français

D’ou viennent les informations relatives à la santé des adolescents ? On pense d’abord aux médecins, et aux faits qu’ils observent et enregistrent dans leurs dossiers. Mais en réalité, ils observent et enregistrent peu de choses, car les adolescents les fréquentent peu. Si les trois quarts d’entre eux consultent au moins une fois par an, cela reste relativement peu par rapport aux autres catégories d’âge. L’adolescence est la période durant laquelle on consulte le moins les médecins et on fréquente le moins l’hôpital.Au demeurant, l’usage du système de soins par les jeunes renseigne peu. En effet, les données constatées font rarement l’objet de relevés systématiques, et il faut a posteriori, aller fouiller dans les dossiers des cabinets médicaux ou des hôpitaux pour obtenir une vue d’ensemble. De plus, du fait de l’hétérogénéité des informations, cette méthode de recueil des données s’avère très satisfaisante.

De fait, seule la Santé scolaire (service appelé aujourd’hui : « Service de promotion de la santé en faveur des élèves ») consigne ses observations et opère une analyse. Mais cela concerne peu les adolescents, non examinés de manière systématique.

Qui donc parle de la santé des adolescents ? Les médias le font assez largement, mais en privilégiant quelques faits spectaculaires ou inquiétants : telle adolescente qui a accouché seule et dont le nouveau né n’a pas survécu, tels comportements violents, telles manifestations de ras-le-bol chez les jeunes se sentant oubliés de la marche du monde. Le phénomène médiatique le plus crucial de la santé des jeunes passe inaperçu : c’est, chaque lundi, la désastreuse relation des accidents de voiture ou de motos du week-end, qui totalise au fil des semaines la douloureuse rançon que les jeunes paient au goût du risque, et il faut bien le dire, à l’alcool…

Les professionnels de l’adolescence que sont les enseignants, les éducateurs, et certains travailleurs sociaux ont-ils la parole pour parler de la santé ? Pratiquement jamais. Pourtant, ce que ne voient pas les professionnels de la santé, eux l’observent au quotidien, et dans de bien meilleures conditions. Les parents n’ont guère plus d’occasions de s’exprimer sur ce sujet.

Ces informations (…) restent fragmentaires et vues de l’extérieur. Or l’adolescence est une expérience profonde, intime, un bouleversement intérieur. Si on s’attache à la santé, c’est donc dans la profondeur du bien-être et du mal-être qu’il faut faire porter l’observation et l’action. Qui peut mieux le dire que les adolescents eux-mêmes ? Encore faut-il les écouter vraiment. Or la position du chercheur est ambiguë, difficile. En effet, comment amener l’adolescent à s’exprimer dans l’enracinement de la formidable mouvance qu’il expérimente dans son corps, dans son esprit, dans ses relations affectives, tout en gardant la neutralité de l’observateur scientifique ? Peut-on poser des questions et ne noter que les réponses, quand ces questions sont celles de la vie et ces réponses inévitablement des demandes ? A-t-on le droit d’obliger quelqu’un à parler du profond de lui-même s’il n’en a pas le désir ? Est-il licite de vouloir mettre à jour ce qui pour un temps, est dans la pénombre, si l’on n’est pas sûr de pouvoir adoucir les effets de ce coup de projecteur incongru et de mettre du baume sur les irritations ou les blessures que, parfois, il éclaire ?

Pour toutes ce raisons, l’étude épidémiologique de la santé des adolescents est un véritable défi éthique. S’il ne s’agissait que de compter des maladies ou des accidents, les scrupules seraient moindres. Mais que connaîtrait-on alors de la santé des adolescents ? Comment pourrait-on former les professionnels de la santé, aider les parents, améliorer le fonctionnement des services ?

Article de Sciences et Vie, Jean-Pierre Deschamps.

Résumez ce texte en 160 mots (+ ou – 10%).

Concours Psychomotricien – Paris ISRP 1998
Corrigé de l’épreuve de Français

Il n’est pas aisé de se renseigner sur la santé des adolescents dans la mesure où ils rencontrent rarement les médecins et l’analyse des archives médicales est inéfficace. Si elle s’investissait davantage, la santé scolaire résoudrait ce problème. Les médias, eux, ne s’intéressent qu’aux faits faramineux occultant quotidiennement la question de la conduite en état d’ivresse. Ce non-dit des médias qui pourtant coudoeint fréquemment les adolescents mécontente éducateurs et parents. C’est incomplètement que l’on traite des questions relevant de leur santé. Il serait pourtant judiciueux d’en parler avec les intéressés. Les bouleversements physiques et psycho-affectifs de l’adolescent peuvent-ils nous laisser impartiaux? Si on ne peut y pallier, est-il nécessaire de demander à l’adolescent d’exprimer ses tourments? En conséquence, pour étudier leurs troubles, il ne faut pas juste les inventorier, il faut mieux les comprendre.

150 mots

Prépa psychomotricien – Concours Psychomotricien – Prépa psychomot – Métier psychomotricien – Concours psychomotricien Paris – Paramédical – Psychomotricité – Psychomotricien Ecole pitié salpetriere – I.S.R.P Etudes psychomotricien – Annales psychomotricien – Annales corrigées Psychomotricien Sujets concours psychomot – Concours psychomotricien Paris