Lille 2003 (Français)

                            

   Annales Lille 2003 : Orthographe et Dictée à corriger.

Dans la liste suivante, cochez “A” si l’orthographe est correcte, “B” si vous relevez au moins une faute.

Question 1  : Des oeils-de-boeuf

Question 2 : Des landaux

Question 3 : Des soupirails

Question 4 : Symptômatique

Question 5 : Un collibacille

Question 6 : Des tout-petits

Question 7 : Des gagne-petit

Question 8 : Bas ce tapis

Question 9 : Acquière cet immeuble

Question 10 : Des fleurs violettes

Question 11 : Un batellier

Question 12 : Une grainetterie 

Question 13 : L’afliction

Question 14 : L’opprobre

Question 15 : Le phantasme

Question 16 : La munifiscence

Question 17 : Un étaie

Question 18 : Une requête

Question 19 : La défervecence

Question 20 : Sacharoïde

Dans la liste suivante, cochez “a” si vous repérez 0 faute, “b” pour 1 faute, “c” pour 2 fautes et “d” pour 3 fautes et plus

Question 21 :  Mieux valait qu’elle s’inscrivît sur cette liste électorale

Question 22 : Quelqu’ aient été ses idées, elle s’est tu

Question 23 : Quand on marche sur les apontements, on aperçoit un vieux marin balâfré et solitaire

Question 24 : Pourquoi cette question serait-elle laissé de côté ?

Question 25 : Quant on ne fait pas attention, on atteint pas son objectif.

Rattachez chaque mot ci-dessous à celui de la liste avec lequel il a un rapport. Si aucun rapport ne peut être établi, cochez la lettre “G”.  

A- Chimie  B- Astronomie   C- Océanographie.  D- Politique  E- Finances   F- Littérature   G- Aucun rapport

Question 26 : Gnomon

Question 27 : Floridées

Question 28 : Ballottage

Question 29 : Lai

Question 30 : Alliage

Question 31 : Nova

Question 32 : Oligarchie

Question 33 : Florilège

Question 34 : Pélagique

Question 35 : Garbure

Dans la série suivante, chaque mot est synonyme de l’un des mots cibles. Rattachez le mot à son synonyme par la lettre correspondante.

Mots cibles :  A- Analogie  B- Assurance   C- Avantage  D- Aventure

Question 36 : Certitude

Question 37 : Privilège

Question 38 : Aisance

Question 39 : Rapport

Question 40 : Intrigue

Question 41 : Similitude

Question 42 : Aplomb

Question 43 : Histoire

Question 44 : Tenue

Question 45 : Liaison

Question 46 : Conformité

Question 47 : Supériorité

Dans la série suivante, reliez chaque mot cible à sa défintion :

Mots cibles : A : Anagramme  B : Acronyme. C: Logomachie  D: Morphologie  E: Epigramme  F : Paronyme  G : Ellipse  H : Néologisme  

Question 48 : Analyse de la structure interne des mots

Question 49: Mot de création très récente

Question 50 : Mot formé à partir des lettres d’un mot différent

Question 51 : Mot de forme voisine mais d’un sens différent.

Question 52 : Mot formé à partir des initiales d’un groupe de mots.

Question 53 : Mot d’esprit satirique

Question 54 : Discussion qui joue sur les mots

Question 55 : Elision d’un mot ou d’un groupe de mots.

Rattachez chaque phrase à la figure de rhétorique qu’elle illustre.

A- Ellipse  B- Métaphore C- Syllepse  D- Allitération  E- Assonance  F- Antiphrase  G- Litote  H- Oxymore

Question 56 : Un silence éloquent

Question 57 : Depuis que le monde moinant moina de moinerie (Rabelais)

Question 58:  Il mange son repas et moi le mien.

Question 59 : Une source de chagrin.

Question 60 : Minuit sonnèrent

Question 61 : Va, je ne te hais point (Corneille)  

Question 62 : Allez ! Continue ! Tu as raison ! 

Question 63 : cadre / cache ; pull / pur

Lorsqu’un mot est au masculin, cochez “A”, s’il est au féminin cochez “B”, s’il peut avoir l’un ou l’autre genre, cochez “C”.

Question 64 : Encaustique

Question 65 : Barde

Question 66 : Acné

Question 67 : Tentacule

Question 68 : Astérisque

Question 69 : Haltère

Question 70 : Aune

Question 71 : Nacre

Question 72 : Hymne

Question 73 : Ebène

Question 74 : Greffe

Question 75 : Exergue

Question 76 : Apogée

Question 77 : Aigle

Question 78 : Ecritoire

Question 79 : Cocagne.

 

Dictée à corriger :

Ma seule consolation, quand je montais me coucher, était que maman viendrait m’embrasser quand je serai dans mon lit. Mais ce bonsoir durait si peu de temps, elle redescendait si vite, que le moment où je l’entendais monter, puis où passait dans le couloir à double porte le bruit léger de sa robe de jardin en mousseline bleue, à laquelle pendaient de petits cordons de paille tressée, était pour moi un moment douloureux. Il annonçait celui qui allait le suivre, où elle m’aurait quitté, où elle serait redescendu. De sorte que ce bonsoir que j’aimais tant, j’en arrivais à souhaiter qu’il vint le plus tard possible, à ce que se prolongeaa le temps de répit où maman n’était pas encore venu. Quelquefois quand, après m’avoir embrassé,elle ouvrait la porte pour partir, je voulais la rappeler, lui dire “embrasse-moi une fois encore “, mais je savais qu’aussitôt elle aurait son visage fâché, car la concession qu’elle faisait à ma tristesse et à mon agitation en montant m’embrasser, en m’apportant ce baiser de paix, agaçait mon père qui trouvait ces rites absurdes, et elle eut voulu tâcher de m’en faire perdre le besoin, l’habitude, bien loin de me laisser prendre celle de lui demander, quand elle était déjà sur le pas de la porte, un baiser de plus. Or la voir fâchée détruisait tout le calme qu’elle m’avait apporté un instant avant, quand elle avait penché vers mon lit sa figure aimante, et me l’avait tendu comme une hostie pour une communion de paix où mes lèvres puiseraient sa présence réelle et le pouvoir de m’endormir. Mais ces soirs-là, où maman en somme restait si peu de temps dans ma chambre, étaient doux encore en comparaison de ceux où il y avait du monde à dîner et où, à cause du cela, elle ne montait pas me dire bonsoir, Le monde se bornait habituellement à M. Swann, qui, en dehors de quelques étrangers de passage, était à peu près la seule personne qui vint chez nous à Combray, quelquefois pour dîner en voisin (plus rarement depuis qu’il avait fait ce mauvais mariage, parce que mes parents ne voulaient pas recevoir sa femme), quelquefois après le dîner, à l’improviste. Les soirs où, assis devant la maison sous le grand maronnier, autour de ta table de fer, nous entendions au bout du jardin, non pas le grelot profus et criard qui arrosait, qui étourdissait au passage de son bruit ferugineux, intarissable et glacé, toute personne de la maison qui le déclenchait en entrant « sans sonner », mais le double tintement timide, ovale et doré de la clochette pour les étrangers, tout le monde aussitôt se demandait : « une visite, qui cela peut-il être ?» mais on savait bien que cela ne pouvait être que M. Swann ; ma grand-tante parlant à haute voix, pour prêcher d’exemple, sur un ton qu’elle s’efforçait de rendre naturel, disait de ne pas chuchoter ainsi ; que rien n’est plus désobligeant pour une personne qui arrive et à qui cela fait croire qu’on est en train de dire des choses qu’elle ne doit pas entendre ; et on envoyait en éclaireur ma grand-mère toujours heureuse d’avoir un prétexte pour faire un tour de jardin de plus, et qui en profitait, pour arracher subrepticement au passage. quelques tuteurs de rosiers afin de rendre aux roses un peu de naturel, comme une mère qui, pour les faire bouffer, passe la main dans les cheveux de son fils que le coiffeur a trop aplati.

Nous restions tous suspendus aux nouvelles que ma grand-mère allait nous apporter de l’ennemi, comme si on eut pu hésiter entre un grand nombre possible d’assaillant, et bientôt après mon grand-père disait «Je reconnais la voix de Swann ». On ne le reconnaissait en effet qu’à la voix, on distinguait mal son visage au nez busqué, aux yeux verts, sous un haut front entouré de cheveux blonds presque roux, coiffés à la Bressant, parce que nous gardions le moins de lumière possible au jardin pour ne pas attirer les moustiques et j’allais, sans en avoir l’air, dire qu’on apporte les sirops ; ma grand-mère attachait beaucoup d’importance, trouvant cela plus aimable, à ce qu’ils n’eussent pas l’air de figurer d’une façon exceptionnelle, et pour les visites seulement, M. Swann, quoique beaucoup plus jeune que lui, était très lié avec mon grand-père qui avait été un des meilleurs amis de son père, homme excellent mais singulier, chez qui, parait-il, un rien suffisait parfois pour interrompre les élans du ceeur, changer le cours de la pensée. J’entendais plusieurs fois par an mon grand-père raconter à table des anecdotes toujours les mêmes sur l’attitude qu’avait eu M. Swann le père, à la mort de sa femme qu’il avait veillé jour et nuit. Mon grand-père qui ne l’avait pas vu depuis longtemps était accouru auprès de lui dans la propriété que Les Swann possédaient aux environs de Combrayi et avait réussi, pour qu’il n’assistât pas à la mise en bière, à lui faire quitter un moment, tout en pleurs, la chambre mortuaire. Ils firent quelques pas dans le parc où il y avait un peu de soleil. Tout d’un coup, M. Swann prenant mon grand-père par le bras, s’était écrié : «Ah ! mon vieil ami, quel bonheur de se promener ensemble par ce beau temps. Vous ne trouvez pas ça joli tous ces arbres, ces aubépines et mon étang dont vous ne m’avez jamais félicité ? Vous avez l’air comme un bonnet de nuit. Sentez-vous ce petit vent ? Ah ! On a beau dire, la vie a du bon tout de même, mon cher Amédée I ». Brusquement le souvenir de sa femme morte lui revint, et trouvant sans doute trop compliqué de chercher comment il avait pu à un pareil moment se laisser aller à un mouvement de joie, il se contenta, par un geste qui lui était familier chaque fois qu’une question ardue se présentait à son esprit, de passer la main sur son front, d’essuyer ses yeux et les verres de son lorgnon. Il ne put pourtant pas se consoler de la mort de sa femme, mais pendant les deux années qu’il lui survécut, il disait à mon grand-père « C’est drôle, je pense très souvent à ma pauvre femme, mais je ne peux y penser beaucoup à la fois, », « Souvent, mais peu à la fois, comme le pauvre père Swann, » était devenu une desphrases favorites de mon grand-père qui la prononçait à propos des choses les plus différentes, Il m’aurait paru que ce père de Swann était un monstre, si mon grand-père queje considérais comme meilleur juge et dont la sentence faisant jurisprudence pour moi, m’a souvent servie dans la suite à absoudre des fautes que j’aurais été enclin à condamner, ne s’était récrié ; « Mais comment ? c’était un cœur d’or ! ».

Marcel PROUST, Du côté de chez Swann, Editions GALLIMARD.

Ni la ponctuation, ni l’orthographe des noms propres ne sont à corriger

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