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Concours d’ergothérapie de Créteil ; session 2009 |
| Durée : 1 heure
Résumez ce texte en 150 mots (+ou – 5 %) . Le nombre total de mots doit figurer en fin de copie. |
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Pour convertir les rapports de force en rapports de droit, le droit du Travail doit reposer sur un trépied juridique constitué par l’organisation, l’action et la négociation collectives. Si l’un de ces trois pieds vient à manquer, la situation est déséquilibrée et le Droit ne parvient plus à métaboliser les ressources de la violence. C’est ce qui se passe aujourd’hui : la liberté d’entreprendre a été émancipée des cadres juridiques nationaux tandis que la liberté syndicale et le droit de grève y demeurent enfermés. Non seulement ce contexte déséquilibre les relations entre syndicats et grandes entreprises, mais il rend le droit de grève largement inopérant. Tout d’abord parce que la masse grandissante des travailleurs précaires ne peut pas faire grève. Et ensuite parce que la grève n’a de sens que dans un face à face entre un employeur clairement identifiable et une collectivité de salariés placée sous ses ordres. Or cette relation binaire fait aujourd’hui souvent défaut. Les collectivités de travail sont fragmentées par l’externalisation, la sous-traitance et l’intérim. Et l’employeur est souvent différent des véritables décideurs, qui peuvent fuir leurs responsabilités et se cacher derrière l’écran des différentes sociétés placées dans leur dépendance économique. La grève tend alors à devenir l’arme des forts tandis que les faibles en sont de fait privés. Les pilotes d’Air France peuvent faire grève; mais pas les bagagistes sous-traités de Roissy. Ne pouvant plus se manifester dans le champ social , les tensions nées de l’exploitation du travail ne trouvent plus à s’exprimer que sur des bases identitaires. La dégénérescence corporative du syndicalisme et le repliement sur des revendications identitaires (religieuses, ethniques, sexuelles…) sont les deux faces d’une même médaille. Il conviendrait donc de réformer les droits d’action collective pour rendre aux plus faibles une capacité collective d’agir sur leur sort. Plus largement, il faudrait explorer les formes d’actions collectives ternaires, qui mobilisent aussi les consommateurs ou les investisseurs et sont une arme adaptée aux formes actuelles d’exercice de la liberté d’entreprendre. Et ouvrir ainsi largement la palette d’actions collectives internationales, susceptibles de faire contrepoids à la libre circulation des marchandises et des capitaux. Alain SUPIOT ; L’esprit de Philadelphie ; 2010 |
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