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Annales Concours Aide Soignant
IFAS Région Centre – Session 2013
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Jusqu’où la science repoussera-t-elle les limites de la vie ? Les « amortels » ne veulent pas vieillir. Ils ont changé les aliments en alicaments, transformé la diététique en éthique et l’éthique en esthétique. Ils se font combler les rides, enlever les taches brunes, affiner la silhouette. Ils sont « amortels », ils ignorent la mort et le déclin, défient les lois de la nature comme d’autres Dieu. L’« amortel » est un réaliste qui s’adapte à notre société jeuniste. Il est contemporain des baby-boomers qui ne veulent pas raccrocher, des générations élevées dans l’obligation de rester jeune pour plaire aux employeurs, des retraités de demain affolés de leurs maigres pensions. C’est bien là le désir secret des « amortels ». Reculer les limites humaines. Quand je fais mon jogging, je sais bien : la vieillesse est une maladie incurable. J’entends Montaigne me souffler : « Le premier jour de votre vie vous achemine à mourir ». Mais qu’importe. L’« amortel » veut croire que la sénescence est une pathologie dont on guérit. Il sait que l’homme gagne trois mois de vie nouvelle par an, les centenaires prolifèrent : 1 545 en 1980, 15 983 en 2005, 50 000 attendus en 2025, 165 000 en 2050. L’« amortel » rêve devant son miroir : serais-je l’un d’entre eux ? Existe-t-il une durée de vie indépassable ? « Non, l’âge maximum n’est pas écrit dans la pierre. Vivre longtemps dépend du fonds génétique mais aussi d’un environnement, des comportements et des avancées de la médecine… ». Le vieillissement signifie l’arrivée des maladies ? « Non, vieillir n’est pas une maladie. Bien sûr, on connaît un déclin des performances physiques et des déficits de nos fonctions physiologiques. Les cellules cessent de se renouveler. Ces dysfonctionnements peuvent entraîner des problèmes cardiovasculaires, l’ostéoporose, des cancers, la maladie d’Alzheimer. Mais on peut aussi vivre longtemps en pleine forme. » Guérit-on de vieillir ? « Non. Le fait même de respirer oxyde nos cellules, vivre nous fait mourir. Mais nous commençons à identifier les gènes responsables du vieillissement, à les faire muter, ce qui donne l’espoir de vivre encore plus longtemps. » Combien de temps ? « 120 ans est envisageable. » Plus ? « Pourquoi pas ? » Frédéric Joignot, Le Monde Magazine, 25 juin 2011. Questions : 1.Dégager les idées principales du texte. (3 points) 2.La vieillesse est-elle seulement synonyme de maladie ? (3 points) 3.Reculer les limites humaines est bien le désir secret des « amortels ». Quelles seraient d’après vous, les conséquences de vivre jusqu’à 120 ans et même plus ? (4 points) |