Sujet 1 : Aquitaine(décembre 2007)
1. Expression
« Aujourd’hui, les préoccupations liées à l’emploi finissent par nous faire oublier que le travail lui-même, l’autonomie qu’il confère, sont une condition essentielle de la réalisation de soi et d’une société vivable. »
François Dubet, sociologue, Sciences Humaines, février 2007
Vous expliciterez et commentez ce jugement sur le travail, sous la forme d’un exposé organisé et argumenté.
2. Étude d’un texte argumentatif
SOCIÉTÉ DE SURCONSOMMATION ET ENVIRONNEMENT
Bien sûr, si vous êtes ici ce soir c’est que vous êtes déjà convaincus de l’importance de l’écologie et de la lutte contre la pollution. Je ne vais donc pas simplement essayer de vous alertante et alarmante. C’est pour cela que j’ai accepté cette conférence avec deux pôles importants qu’on ne met pas toujours ensemble mais qui sont fondamentaux : d’une part, le problème de la détérioration de l’environnement et d’autre part le problème social, c’est- à- dire la mauvaise distribution des richesses dans le monde.
Nous savons que 10 % des personnes possèdent la majorité des biens. Parmi ces 10 % il y a nous, il faut bien le dire : nous sommes des privilégiés. Pendant ce temps, 80 % de la population mondiale est très mal lotie. En effet, la fraction des gens vivent sous le seuil de pauvreté augmente tous les ans et c’est une très mauvaise nouvelle. Pourquoi ? Parce que la misère engendre la guerre et le terrorisme.
Le problème que nous rencontrons est autant un problème écologique d’épuisement des ressources naturelles, de détérioration et de pollution que ce problème social. Comment empêcher une fraction toujours plus grande des gens d’aspirer à avoir accès à un minimum de richesse ? Quand vous avez soif, vous allez prendre de l’eau au robinet mais vous savez, plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau et sont obligées de marcher des kilomètres vers des puits de plus en plus pollués.
Notre planète est dans un mauvais état et je vais essayer de vous donner un résumé de sa situation globale. En même temps, je crois que c’est important de ne pas prendre une position défaitiste et de se dire que c’est foutu, qu’il n’y a rien à faire.
Pour moi, les deux organismes qui sont à l’origine de cette soirée sont justement des exemples vivants qu’il est possible de poser des actions. C’est pour cela que j’ai accepté avec plaisir cette invitation. Il y a des gens qui font des choses et il y a des choses qui donnent des résultats. C’est très important d’avoir ce sentiment que tout n’est pas perdu, qu’il y a des choses à faire. Non seulement au niveau international car sur ce plan nous ne pouvons pas forcément grand-chose, mais au contraire à un niveau très local.
Vous connaissez sans doute la fameuse phrase de Charles Dubos qui disait : « Il faut penser globalement et agir localement ». On ne changera pas le monde, on n’améliora pas toute la situation mais nous pouvons, chacun dans notre sphère et en nous associant, former des contre- pouvoirs. Bien sûr, nous sommes face à d’énormes pouvoirs économiques et à ce que nous appelons la mondialisation qui nous inquiète à juste titre.
Il faut être lucide et comprendre que la situation dans laquelle nous sommes constitue un drame à l’échelle cosmique puisque 15 milliards d’années d’évolution sont menacées. En même temps, il faut prendre conscience que l’ont peut poser des actions et faire des pressions ayant une influence réelle sur les gouvernements.
On peut faire des choses à petite échelle tel le commerce équitable dont parle Equiterre et que j’admire beaucoup, où les gens prennent eux- mêmes en main des situations comme la vente du café ou autres. Cet aspect d’action à échelle individuelle et personnelle illustre bien qu’il n’y a pas un grand problème mais des millions de petits problèmes. Chacun de ces petits problèmes écologiques et sociaux peut être pris en main par des gens et on peut obtenir des résultats positifs.
HUBERT REEVES, extrait de la conférence organisée par l’ACEF
(Association Coopérative d’Économie familiale de l’Est) et Équiterre,
17 octobre 2000, Université du Québec à Montréal.
Questions (10 points)
- Quelles sont les préoccupations de l’auteur ?
- Quelle attitude nous encourage- t –il à adopter ?
- Selon vous, pourquoi l’auteur associe- t –il la détérioration de l’environnement à une mauvaise distribution des richesses ?
Travail d’écriture (10 points)
L’auteur cite Charles Dubos, écrivain philosophe français : « Il faut penser globalement et agir localement ».
Commentez cette citation. Vous pouvez illustrer votre commentaire d’exemples précis.
3. Questions à choix multiple
- Le grand prix du roman de l’Académie Française a été attribué en 2007 à :
1 a. Vassilis Alexakis, pour Ap. J.-C.
1 b. Henriette Jelinec, pour Le destin de Louis Voronine
1 c. Jonathan Littell, pour les Bienveillantes
2.Une circlaire du ministre de l’Éducation nationale a demandé aux professeurs de lire
aux professeurs de lire aux élèves la lettre d’un jeune résistant. Il s’agit de :
1 a. René Char
1 b. Guy Moquet
1 c. Jean Moulin
3.Le septième tome d’Harry Potter est sorti au mois de septembre 2007 avec un tirage
record. Le livre s’intitule :
1 a. Harry Potter à l’école des sorciers
1 b. Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban
1 c. Harry Potter et les reliques de la mort
4.La finale du tournoi « simple Messieurs 2007 » de Roland Garros a été gagnée pour la troisième fois par :
1 a. Roger Federer
1 b. Carlos Moya
1 c. Rafael Nadal
5.L’homme de la transistion de l’URSS à l’actuelle Russie est mort en avril 2007. Il s’agit de :
1 a. Boris Nikolaïevich Eltsine
1 b. Mikhaïl Gorbatchev
1 c. Anatoli Lukianov
6.En 2007, le groupe Danone a vendu une célébre marque de biscuits aux américain. Il s’agit de :
1 a. Bijou
1 b. Delacre
1 c. Lu
7.Le Premier ministre français actuel s’appelle :
1 a. Jean- Louis Bianco
1 b. Jean- François Copé
1 c. François Fillon
8.
1 a. 10 ans
1 b. 30 ans
1 c. 50 ans
9. Après plusieurs années de fermeture pour des travaux de rénovation, sa réouverture a eu lieu en octobre 2007. Il s’agit de :
1 a. l’Institut des Études Politiques de Paris
1 b. l’Institut Goethe à Paris
1 c. l’Institut Pasteur à Paris
10. Un ancien membre du gouvernement français a été nommé à la tête du Fond
Monétaire International (FMI). Il s’agit de :
1 a. Lionel Jospin
1 b. Jean- Pierre Raffarin
1 c. Dominique Strauss- Kahn
11. Un cyclone ayant fait beaucoup de dégâts a frappé durant l’été 2007 les régions très touristiques du Yucatan (Mexique) ainsi que
1 a. Dean
1 b. El Nino
1 c. Noël
12. Un célèbre mime nous a quittés en septembre 2007. Il avait inventé en 1947 le personnage de Bip, devenu populaire dans le monde entier. Il s’appelait :
1 a. Jean- Louis Barrault
1 b. Jacques Lecoq
1 c. Marcel Marceau
13. Qui a été nommé en octobre 2007 secrétaire d’État aux Sports ?
1 a. Xavier Darcos
1 b. Bernard Laporte
1 c. Mahyar Monshipour
14. La question de l’immigration en France a donné lieu en 2007 à un débat portant sur l’examen de l’ADN des individus. Quelle est la signification de ce sigle ?
1 a. acide désoxyribonucléique
1 b. acide dihydronucléaire
1 c. acide diphénylnéodyme
15. Le 9 octobre 2007 était célébré le 40e anniversaire d’une figure emblématique de la lutte pour la liberté. Il s’agit de :
1 a. Simon Bolivar
1 b. Ernesto Guevara De
1 c. Emiliano Zapata
16. Qui est l’actuel ministre de
1 a. Christine Albanel
1 b. Christine Boutin
1 c. Christine Ockrent
17. Les médias se font l’écho d’une nouvelle figure emblématique du rugby français :
1 a. Sébastien Chabal
1 b. Antoine Chaval
1 c. Hippolyte Cheval
18. Qui incarne le rôle d’Édith Piaf dans le film d’Olivier Dahan, sorti sur les écrans le 14 février 2007 ?
1 a. Marion Cottillard
1 b. Ludivine Sagnier
1 c. Audrey Tautou
19. Le 22 janvier 2007, l’Abbé Pierre est mort à l’âge de 94 ans. En quelle année a- t- il engagé son combat contre la misère ?
1 a. 1954
1 b. 1958
1 c. 1962
20. En 2007, 580 villes de France ont participé à la 8e édition de la fête des voisins. Á quelle date cette manifestation a-t-elle lieu ?
1 a. 30 mars
1 b. 29 mai
1 c. 11 juillet
CORRIGÉ
1.Expression
Introduction
Longtemps, dans l’histoire de l’Humanité, le travail a été vécu comme une contrainte, un mal nécessaire auquel les hommes étaient, dés l’origine, condamnés. Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front », est- il dit dans
Malgré tout, loin d’être un repoussoir, le travail reste pour nos contemporains un sujet de préoccupation majeure : trouver un emploi stable constitue, pour l’immense partie des individus, une nécessité vitale. Ce soucis permanent d’éviter le chômage (et la relégation sociale qui va avec !) nous fait « oublier, une condition essentielle de la réalisation de soi et d’une société vivable ».
Dans quelle mesure le travail peut- il contribuer à l’épanouissement de soi et à l’amélioration du rapport aux autres ?
1.Le travail : « activité servile » de jadis
Longtemps, nous l’avons dit, le travail a été envisagé comme une souffrance. Durant l’Antiquité, il était réservé aux seuls individus serviles et à certains artisans. Les hommes libres de leur côté se consacraient à des activités considérées comme nobles (la philosophie, la politique, la guerre, l’esthétique…) alors que la majorité des autres individus, et surtout les esclaves, vivaient dans la contrainte et la pénibilité. Le travail sera encore, durant tout le Moyen Âge et l’Ancien Régime, considéré comme une activité servile réservée aux franges les plus méprisables de ma population. Durant des siècles, d’ailleurs, la force du travail ne donnera aucun droit à la richesse. Pire : par un retournement que l’on jugerait aujourd’hui scandaleux, le fait de travailler constituait une certitude de pauvreté et de misère. L’aristocratie triomphante pouvait se prévaloir de richesses dans la mesure où l’activité ouvrée (le travail) lui était épargnée. Il faudra attendre l’avènement de la société bourgeoise pour que le travail, comme valeur, retrouve ses lettres de noblesse.
2.Le travail « à la chaîne » de l’ère industrielle
Avec la société industrielle, en effet, l’individu trouve enfin dans l’activité salariée un moyen de promotion sociale. C’est l’avènement de la « méritocratie » qui fonde la réussite sociale sur l’activité laborieuse. Bien sûr en même temps que la structure de l’emploi change (on passe du monde paysan au monde prolétaire), les manières de travailler et d’organiser l’activité subissent également une profonde mutation. C’est le temps du fameux « travail en miette », ces gestes décomposés en tâches fragmentées que constituera le travail à la chaîne. Des ouvriers sont rivés à l’outil de production, obligés de reproduire des heures durant des gestes élémentaires. Cette fragmentation du travail a été considérée comme aliénante dans la mesure où elle déstructure le salarié en même temps qu’elle décompose l’activité qui est la sienne. Le taylorisme (du nom de l’ingénieur des usines Ford qui, le premier, organisa le travail à la chaîne) a su développer une production rationalisée et contribuer à réaliser des économies d’échelle (ce qui fondera la consommation de masse). Mais ce mode de production a, du même coup, interdit aux ouvriers qui en ont la charge de comprendre les tenants et les aboutissants de la tâche qui leur incombe. Le salarié sur sa chaîne de travail ne met en œuvre aucune qualité humaine susceptible de manifester ses valeurs (créativité, d’inventivité, de savoir- faire…). Ce n’est pas l’ouvrier qui façonne le produit mais le produit qui déstructure l’ouvrier : la rationalisation et l’optimisation des gestes empêchent ce que l’ingénieur Taylor appelait « une flânerie systématique ». En étudiant minutieusement chaque geste répertorié dans la production des automobiles, l’ingénieur des usines Ford avait cherché à réduire le moindre temps mort dans la production en même temps qu’il fondait cette aliénation que dénoncera un humoriste comme Charlie Chaplin dans son fameux film Les Temps Modernes.
3.Le Travail : « contrainte ou réalisation de soi »
Certes aujourd’hui ce monde de production a évolué. Mais le travail continue à se vivre comme une contrainte, quelque chose de négatif, un mal nécessaire auquel nul ne peut échapper sous peine de se voir retirer ses moyens d’existence. Car à la question « pourquoi travaillez- vous ? », nombreux sont ceux qui spontanément, seront enclins à répondre « pour gagner ma vie ». Cette réponse n’est pas fausse, bien sûr : elle reste cependant trop caricaturale. Les salariés ne réclament pas seulement une rémunération de leur activité : ils en attendent aussi un épanouissement individuel, une réalisation au plan psychologique et social.
Car il est difficile de définir précisément ce qu’est le « travail » : la notion complexe, renvoie à des réalités trop différentes selon le sens qu’on veut bien lui donner. Énoncer « je vais au travail » peut vouloir dire « je me rends sur le lieu d’exercice de ma fonction sociale » ou « je vais exécuter des tâches techniques qui requièrent mon savoir- faire ». « Travailler » consiste en deux choses : exister dans un métier, d’abord, c’est- à- dire dans un emploi, un rôle social ; faire ou fabriquer une chose, ensuite, remplir une tâche, c’est- à- dire suivre un processus technique.
4.Le travail : marqueur identitaire
Le métier relève de la répartition sociale des tâches. Le travail, en ce sens, constitue un facteur fondamental dans les relations qu’entretiennent les individus au sein d’une société. Il définit d’abord leur identité à travers le statut qu’il leur confère. Dans les sociétés dites « avancées », le métier fonctionne comme un marqueur identitaire. On comprend mieux le sentiment de malaise qui habite les chômeurs, privés de ce statut. Comment peut- on exister pleinement sans travail dans une société qui fonde l’identité de la personne sur la place professionnelle qu’elle occupe ? Le travail construit ensuite la responsabilité dans la fonction qu’occupent les personnes : se voir déléguer des tâches permet de se savoir utile dans la répartition sociale, d’avoir son rôle à jouer. Là encore le sentiment d’inutilité reste parfois tenace chez ceux qui quittent le monde de l’emploi (la fameuse « retraite ») et cherchent ailleurs (dans les associations ou auprès de leur famille) où investir cette responsabilité dont ils se voient privés. Le salaire (à condition qu’il soit à peu près conforme au degré d’exigence du poste) n’est sûrement pas l’élément fondamental dans la motivation du travailleur : on sait que les salariés mis au placard, autrement dit exclus des processus décisionnels dans l’entreprise, tombent rapidement en dépression et quittent l’entreprise malgré le maintien de leur rémunération. Ils ne supportent pas le déni dont ils sont victimes. La justice condamne d’ailleurs les établissements qui usent de cette pratique sous la qualification de « harcèlement moral ».
5. Le travail : « savoir- faire » libérateur
Le travail ne distribue pas seulement les places : il développe la pratique, parfois technologique, dans un ensemble de savoir- faire. L’aptitude technique renvoie à notre faculté, profondément rationnelle parce qu’elle n’est pas donnée aux animaux, à modifier notre environnement par l’ingéniosité. Le travail nous permet de transformer le monde et d’échapper à notre déterminisme naturel. Nous ne sommes pas prisonniers de la nature et de ses aléas parce que nous sommes capables de la modeler par l’intermédiaire de la technique. Comment pourrions- nous être libres sans cette capacité formidable à dominer le monde et ses contraintes ? Comment pourrions- nous exprimer notre créativité sans outillage qui met l’environnement, avec tous ses dangers et son hostilité, à distance ? De ce point de vue, l’art est un processus technique permis par la technique. L’animal n’en est pas capable (il n’outille pas son activité) et ne peut pas se le permettre (il est dépendant de la nature avec laquelle il fait son corps).
On aurait tort de mépriser, comme nos sociétés s’y emploient si souvent, « l’homo faber ». L’outil est un élément constitutif, essentiel de notre humanité : avec lui, l’homme se construit (il s’épanouit et progresse). Il se réalise en réalisant quelque chose. On sait combien les ouvriers qui travaillent sur des chaînes de montage se sentent aliénés, prisonniers de la production er incapables de manifester leur habileté, leur inventivité, leur sens de l’innovation. Il n’est pas innocent que pareille tâche puisse facilement être déléguée à des machines. L’aliénation n’est pas consubstantielle au travail : elle se manifeste dans certaines tâches ingrates qui ne permettent pas aux hommes de s’épanouir et de se réaliser.
Conclusion
Travailler, on le voit, ne consiste pas seulement à « trimer » pour péniblement gagner sa vie, à devoir, comme me dit l’adage, faire « bouillir ma marmite. » Les salariés recherchent d’autres compensations dans l’exécution de leur activité. Ils s’y trouvent un moyen d’exister pleinement, de se réaliser en réalisant quelque chose. C’est toute l’ambivalence du travail qui se manifeste ici : à la fois source d’aliénation et de plénitude, il vit différemment selon les difficultés qu’il recouvre, la considération qu’il apporte ou les individus qui l’exécutent. Comme le formulait Albert Camus dans une assertion restée célèbre : « Sans travail, toute vie pourrit, mais sous un travail sans âme, la vie étouffe et meurt. »
2.ÉTUDE D’UN TEXTE ARGUMENTATIF
Question
1.Hubert Reeves manifeste deux préoccupations majeures concernant l’état de la planète.
– La première est environnementale et concerne la détérioration de
-La seconde préoccupation, Hubert Reeves la qualifie de « sociale » : il s’agit des inégalités patentes qui se creusent dans le monde. Les écarts de revenus deviennent de plus en plus importants entre une majorité d’humains démunis et une minorité de privilégiés, à savoir 10 % qui accaparent la plus grande partie des richesses. Ces inégalités font le lit du terrorisme et de la guerre.
2.Face à ce constat accablant, Hubert Reeves appelle les individus à prendre une attitude volontariste.
-D’abord il insiste sur la nécessité de ne pas baisser les bras, de ne pas se laisser aller à une position « défaitiste », même si le problème semble incommensurable.
-Ensuite il invite chacun d’entre nous à s’engager, à son niveau, fût- ce de manière spécifique et locale. Si les problèmes environnementaux et sociaux sont devenus complexes, interdépendants dans le monde globalisé, il reste possible d’agir en multipliant les initiatives individuelles. La multiplication des actions locales permet de modifier la donne à un niveau global.
3.Hubert Reeves laisse en effet entendre que les problématiques environnementales et sociales sont intimement liées. S’il ne détaille pas cette relation au cours de son allocution, on comprend, à travers l’exemple qu’il formule sur l’accès à l’eau, que la pression mise sur les ressources naturelles entraîne ipso facto des inégalités d’ordre social. Pendant que certain (une minorité, dont nous sommes) gaspillent et polluent pour satisfaire aisément et sans contraintes des besoins toujours plus nombreux, d’autres (la plupart des hommes) doivent peiner, souffrir, pour obtenir bien peu.
Il est légitime que des milliards d’individus qui peuplent cette planète aspirent à prendre leur part de ce que nous possédons. Mais la planète pourra- t- elle satisfaire ces demandes, forcément légitimes ? Hubert Reeves pose la question : « Comment empêcher une fraction toujours plus grande de gens d’aspirer à avoir accès à un minimum de richesse ? »
Difficile, en effet. Mais la contrainte environnementale ne le permettra pas. On comprend, dès lors, ce qui est implicite dans le message du scientifique : dorénavant, puisque les ressources sont limitées et qu’il est scandaleux que seule une fraction des hommes se les approprie, il faudra les partager.
Travail d’écriture
La problématique environnementale n’agite plus seulement les groupuscules écologistes et les militants des partis verts : elle concerne désormais chacun d’entre nous. On ne trouve plus personne aujourd’hui pour nier ce que les experts ont unanimement constaté :
La volonté de réfléchir sur un plan mondial aux incidences de nos actions au niveau local constitue un virage à 180 degrés dans la prise de conscience du phénomène. Enfin nous comprenons que nos agissements hic et nunc, ici et maintenant, entraînent des conséquences catastrophiques pour nos contemporains sur toute la planète et pour l’ensemble des générations qui vont nous suivre.
1.L’humanité est menacée à divers niveaux
Un constat, tout d’abord, s’impose : les problèmes environnementaux ne restent plus confinés aux seuls pays développés : ils concernent désormais toute l’humanité, à la fois dans sa dimension spatiale (le monde globalisé) et temporelle (les générations futures). Ces problèmes sont essentiellement de deux ordres. Ils concernent la dégradation de notre espace, et plus spécifiquement la pollution ; ils renvoient aussi à l’épuisement des ressources, à l’inéluctable pénurie qui guette, autrement dit au fait que
La pollution atmosphérique, d’abord, est en cause, et surtout l’effet de serre. Le phénomène est avant tout naturel : le soleil émet des rayons infrarouges qui traversent l’atmosphère et sont réfractés par le sol. Les radiations sont alors piégées par ces gaz à effet de serre (les GES) que sont, entre autres, le gaz carbonique, le dioxyde de carbone, le méthane… Si le climat terrestre reste relativement tempéré (
Quand on produit des gaz à effet de serre au niveau local, les implications se traduisent au niveau global.
Il en va de même pour la pollution de l’eau (qui nous concernent tous malgré des incidents localisés) ou la question des déchets : les générations futures devront vivre avec les ordures que nous leur laissons. Ordures ménagères, bien sûr, mais aussi, beaucoup plus grave, déchets nucléaires. Les résidus issus des centrales seront encore actifs dans plusieurs milliers d’années. Nous laissons, et c’est peu dire, des cadeaux empoisonnés à nos enfants.
Non seulement la qualité de l’eau pourrait poser problème, mais la ressource risque de manquer. Elle subit de graves déperditions et reste inégalement répartie sur la planète : 1,2 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. Même dans les zones où l’eau est abondante, les hommes surexploitent les nappes phréatiques. On a dit et écrit que le XXe siècle avait été le siècle de « l’or noir », du pétrole, qui a été le carburant de notre développement industriel et la source de tensions fort graves. On estime que le XXI e siècle sera sûrement le siècle de « l’or bleu » parce que, comme le pétrole, l’eau devrait constituer un enjeu géostratégique majeur dans les années qui viennent. Des tensions existent déjà à ce sujet au Moyen- Orient.
La déforestation constitue aussi un enjeu majeur des années à venir. Elle concerne essentiellement les forêts tropicales car dans les pays riches, les politiques de reboisement ont bien marché. La forêt tropicale est amputée chaque année d’une surface équivalant à deux fois la taille de
Il faut encore évoquer la pénurie alimentaire. Elle est liée à l’exploitation intensive dans les pays riches à une agriculture intensive qui provoque la pollution quand elle s’industrialise ou la dévastation quand elle recherche la productivité. C’est le cas, par exemple, des ressources halieutiques. Aujourd’hui, avec les filets dérivants et pélagiques, on assiste à une surexploitation criminelle de la pêche. Même s’il faut noter une réelle prise de conscience, de nombreuses espèces sont menacées. La pollution a beau être globale, nous pouvons, et même devons, sur un plan moral, agir « local ». Car on a trop tendance à se défausser sur les « autres » (sans que ce terme recouvre de réalités précises) afin de ne se dispenser d’agir soi- même. Or la résolution des problèmes environnementaux n’est possible que si chacun agit comme si tous décidaient d’œuvrer dans le même sens.
Nous vivons dans un monde qui a fait le choix de la croissance et de la productivité au détriment d’autres valeurs. C’est la société du « toujours plus » de biens de consommation. On change nos produits plus rapidement qu’avant, on veut tout en plus grand dans la frénésie du « big size » (18 % des maisons américaines font plus de
2.La préservation de l’environnement
Elle devient l’affaire de chacun : il s’agit de prendre ses responsabilités sans attendre que la loi nous y oblige. C’est une consommation réfléchie, intelligente (transport en commun, tri sélectif…). C’est peut-être surtout un « changement de paradigme », c’est- à- dire de modèle : au tout- consommation, à l’abrutissement du « toujours plus », peut- être convient- il de substituer de nouvelles manières de vivre. Quel sens le matérialisme et me goût de la « camelote » donnent- ils à la vie ? Pourquoi chercher à en avoir « plein ses armoires » comme le demandait un chanteur célèbre ? Tout cela semble vain et déraisonnable. Les Grec appelaient « ubris » cette démesure qui entraîne fatalement la tragédie. Ils lui préféraient une morale de la sagesse, de l’équilibre, de la beauté dans la perfection. L’opposé de notre idéologie de la croissance.
3.La mondialisation des solutions
L’environnement est devenu un problème global : quand on pollue à Paris, les effets se font sentir partout ! On peut localiser les solutions : mais rien n’empêche, dans le même temps, de les globaliser. Il convient donc de « mondialiser » les solutions, c’est-à-dire de réunir l’ensemble des décideurs pour prendre des décisions en commun. Il faudrait obtenir un consensus international, ce qui est quasi impossible. Pourtant les instances internationales s’étendent sur la mise en place d’une ONU- E (Organisation des Nations Unies pour l’environnement) qui pourrait réglementer la problématique écologique à l’échelle planétaire. Véritable outil de gestion de l’écosystème ? Simple « machin » juste bon à débiter des discours ? L’avenir le dira. On a vu que les accords de kyoto n’ont pas été ratifiés par
Conclusion
On voit combien la dégradation de l’environnement ne se situe plus à l’échelle locale et personnelle mais globale et humanitaire. Car c’est bien de survie dont il est question : celle de l’humanité, en l’occurrence, dont tout indique qu’elle devra survivre désormais dans un environnement pollué et dépouillé de ses principales ressources.
La vie, sûrement, parviendra à s’adapter. Mais qu’en sera- t- il des humains, d’ores et déjà menacés dans leur espèce ? Les hommes ne semblent pas prendre la pleine mesure des catastrophes qui s’annoncent. Les générations futures auront à gérer des problèmes planétaires que nous, aujourd’hui, ne voulons pas assumer localement. Nous attendons que « les autres » agissent pour consentir à faire. Cette position explique, en partie, notre inertie collective. Or nous devons changer, et dès à présent œuvrer « comme si, selon le mot de Kant, la maxime de nos actions pouvait être érigée en loi universelle de la nature. »
4. Questions à choix multiples
1.a ;2.b ;3.c ;4.c ;5.a ;6.c ;7.c ;8.c ;9.b ;10.c ;11.a ;12.c ;13.b ;14.a ;16.a ;17.a ;18.a ;19.a ;20.b.
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