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CONCOURS D’ENTRÉE PSYCHOMOTRICIEN Var 2012 Épreuve de contraction de texte Durée de l’épreuve: 2 heures |
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Rire, socialisation et distance de classe « Dis-moi si tu ris, comment tu ris, pourquoi tu ris, de qui et de quoi, avec qui et contre qui, et je te dirai qui tu es » (Le Goff, 1997) : l’intérêt programmatique des jalons posés par Jacques Le Goff pour une sociohistoire du rire dans un article célèbre vaut bien au-delà de la seule période médiévale. Pourtant, le rire continue d’embarrasser la sociologie Dans la grande tradition humaniste issue de Rabelais, il demeure envisagé comme signe universel et naturel : saturé par une littérature psychologique, philosophique et littéraire, le rire est le propre d(‘un homme abstraitement détaché de ses conditions matérielles d’existence et de coexistence. Sa soudaineté l’impose d’emblée comme secousse corporelle, convulsion mouvante et transitoire d’une expressivité faciale soumise aux inclinations fluctuantes de l’humeur. Cette qualité première de fulgurance immédiate explique que le rire se soit vu refuser la fixité ou l’intensité par ailleurs reconnues aux dispositions sociales plus classiques (à agir, penser et sentir). Le rire n’est pas le produit d’une opération intellectuelle ou d’un projet : si la sociologie se révèle particulièrement bien outillée pour mener à bien l’analyse serrée de sa « signification sociale» (Bergson), elle doit néanmoins saisir les rieurs dans l’immédiateté d’une pratique routinière. Mais leurs rires sont aussi les traces d’un rapport au mo~ et de représentations incorporées de ce monde: des indices sans doute « d’autant plus profonds qu’ils ne sont pas réfléchis» (Chartier) et qui peuvent faire l’objet de remémoration et de verbalisation a posteriori au cours d’entretiens longs passés avec les rieurs eux-mêmes. Par ailleurs, le rire est une pratique traversée par des contradictions sémantiques. Est-il refus de sympathiser et de comprendre ou bien intègre-t-il rieurs et moqués dans le partage d’une même communauté ? Sans l’explicitation du rire par le rieur lui-même, sa signification demeure indécidable ou évasive. Ainsi, cet article se propose d’établir le s’il explicite ce que le rire, dans ses usages sociaux classant, peut révéler de la socialisation et des rapports de classe. La nature du rire est ambivalente et labile Une enquête en cours sur la réception culturelle des œuvres comiques, dont l’objectif consiste à objectiver les analogies entre les propriétés sociales des rieurs et les propriétés schématiques des scènes fictives qui les font rire, fait apparaître combien le rire manifeste une forme de la distance sociale. Il vaut comme acte de positionnement relatif et comparatif d’une identité sociale propre en ce qu’il est une certaine façon de juger des situations comiques qui se présentent à nous et de catégoriser les personnages pris dans ces situations. Acte sémique non verbal, Ie rire engage une définition sociale de soi : il combine étroitement un principe d’identité (« qui tu es ») et un principe d’opposition (« contre qui tu ris »). C’est donc d’abord en tant qu’affect de position, émotion socialement constituée exprimant la position dans l’opposition à d’autres, que le rire questionne la sociologie. L’opération de dénaturalisation nécessite d’interroger le pouvoir de prospection heuristique des principes classiques de variation de la socialisation (la classe, le sexe, l’âge, etc.) dans la production sociale du rire. l’expérience ordinaire enseigne combien les motifs les plus communs de la production culturelle comique (chutes, etc.) peuvent constituer des invariants trans-historiques et trans-classes. Le genre comique est d’ailleurs le genre culturel préféré des Français (44 d’entre eux le retiennent comme premier choix) toutes classes sociales confondues. L’ordonnancement de la pratique par la variable des classes sociales, qui se verraient elles-mêmes associées à des sous-catégorisations comiques hiérarchisées, ne suffit pas à épuiser la signification sociologique du rire. Reste donc cette question: le rire, par les objets précis qu’il se donne, par les façons diverses, dont il affleure à la surface des corps, circonscrit-il un territoire soumis à l’action des effets de socialisation? Il n’y a pas, concernant le rire, d’instance unique et identifiable de socialisation à la pratique, même si l’institution scolaire s’efforce de transmettre le sens de la légitimité culturelle comique classique. le rire relève du fait social total, traversé par plusieurs dimensions de la vie sociale et invitant du même coup à développer une analyse désectorisée. Les historiens du rire ont pourtant proposé des sociographies macroscopiques des types de rire, qui ont opportunément rappelé que le rire peut être, sous l’apparente bienfaisante frivolité du comique, un instrument doux d’exclusion socioculturelle pratiquée de classe à classe (Bakhtlne, Baecque) : la classe est appréhendée comme première matrice, particulièrement différenciatrice, de socialisation au rire. Une enquête sociologique menée aux Pays-Bas conclut en ce sens que l’action de la variable statutaire de la classe est massivement déterminante en matière de rire et fait contraster un rire d’en haut, caractérisé par l’usage de l’absurde, et un rire d’en bas, caractérisé par la valorisation de la convivialité comique. Laure FLANDRIN – sociologie.org – 2011 |
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CONSIGNES: Vous résumerez ce texte en 210 mots. – Une marge de 10, en plus ou en moins, est admise. – Vous indiquerez à la fin de votre résumé, le nombre de mots employés. Rappels: On appelle mot, toute unité typographique signifiante séparée d’une autre par un espace ou un tiret. |