Admission : Alsace 2006
Annales AS, ES, EJE
Résumé de texte (épreuve n°1) et Questions de réflexion sur l’ actualité (épreuve n°2)
Durée : 2 heures 45. Chacune des deux épreuves est notée sur 20. (Note finale sur 40). Le style et l’orthographe sont pris en compte.
Epreuve n°1- Résumé de texte
– Résumez le texte en 241 mots (une marge de 10% en plus ou en moins est admise).
– Indiquez à la fin de votre résumé le nombre exact de mots employés.
Comment gérer l’épreuve du chômage ?
Il n’est pas un jour où une entreprise ferme ses portes, où des personnes ne se fassent renvoyer, où des chômeurs ne se voient refuser un emploi. Depuis plus de trente ans , le chômage rythme le quotidien de beaucoup d’entre nous. Pour certains, cette situation est devenue une fatalité, pour d’autres, c’est un passage avant des jours meilleurs. Pourtant,on entend souvent dire ou insinuer que si les chômeurs le voulaient vraiment, ils pourraient retrouver du travail .Une étude réalisée en 2003par Bengt Furäker et Marianne Blomsterberg, de l’Université de Götenborg, en Suède, sur des travailleurs et des chômeurs en témoigne. Bien que 60 pour cent des personnes ayant répondu à cette enquête reconnaissent que le situation économique est la cause principale de manque
d’emploi, 73 % d’entre eux considèrent que si les chômeurs le voulaient vraiment, ils retrouveraient du travail. Il est courant de rendre les personnes sans emploi responsables de leur situation. Toutefois, ce faisant, on néglige le contexte économique etsocial responsable du chômage, et on perd de vue que le chômage est une expérience difficile, voire dramatique, pour les individus touchés.
L’ensemble des recherches réalisées en psychologie indique que la situation du chômage est vécue comme une épreuve qui s’accompagne de stress et d’anxiété, mais également d’un profond sentiment de honte et de culpabilité. Les chômeurs se sentent inutiles, vivant au crochet de la société et incapables, malgré leurs efforts, de retrouver un emploi. La résignation s’installe, laissant bon nombre d’entre eux au ban du monde professionnel. Les personnes privées d’emploi ont systématiquement des indicateurs de santé mentale et physique inférieurs aux scores des actifs.
Ces personnes présentent souvent une détresse mentale et des signes de dépression, ont plus de difficultés à se concentrer ou à prendre des décisions, et souffrent plus de
surmenage et de roubles du sommeil que les travailleurs. Ainsi, des études réalisées à différents intervalles de temps ont mis en évidence que le bien-être décline à mesure que les individus passent de la situation de travail à celle de chômage et augmente dans le cas inverse. Ces effets sont d’autant plus puissants que la durée du chômage s’allonge.
Pourquoi la situation de chômage est-elle à ce point destructrice pour la santé mentale ?
La réponse à cette question tiendrait aux fonctions que remplit le travail. A l’instar d’autres activités, l’emploi combine un ensemble de fonctions qui seraient bénéfiques pour l’individu. Tout d’abord, ne pas avoir d’emploi fixe signifie ne plus disposer de son salaire habituel. Ce manque à gagner entraîne de nombreuses restrictions difficiles dans la vie quotidienne et rend les personnes concernées dépendantes des organismes d’assurance-chômage. Toutefois, l’emploi ne se résume pas au seul aspect financier. Il permet de répondre à d’autres besoins. Ainsi, il offre une structure temporelle : les horaires, les jours de congé et de travail fournissent des repères aux travailleurs. De surcroît, il les fait sortir de la sphère privée et les conduit à confronter leur vision du
monde avec la réalité sociale. Il développe leur sentiment d’utilité. La personne devient le témoin de ses propres capacités et de ses talents. Mais, par-dessus tout, l’emploi définit une position et un statut dans la société.
Etre chômeur signifie appartenir à un groupe de moindre valeur, un groupe stigmatisé. Jean-Claude Croizet, du laboratoire de psychologie sociale et cognitive de l’Université de Poitiers, et Jacques-Philippe Leyens, de l’Université catholique de Louvain, en Belgique, définissent le stigmate comme « une caractéristique associée à des traits et stéréotypes négatifs qui font en sorte que ses possesseurs subiront une perte de statut et seront discriminés au point de faire partie d’un groupe particulier ; il y aura « eux », qui ont une mauvaise réputation, et « nous » les “normaux” . On en déduit quatre éléments définissant la stigmatisation : la possession d’un attribut négatif, l’existence d’un stéréotype négatif à l’encontre du groupe, le rejet de la discrimination et, enfin, le fait que l’identité sociale du groupe soit perçue comme négative par les membres du groupe (pas seulement par ceux qui n’en font pas partie). Rappelons qu’un stéréotype représente l’ensemble des traits attribués à un groupe.
Or ces différents éléments caractérisent le groupe de personnes sans emploi. Tout d’abord, être chômeur signifie ne pas disposer d’un des attributs les plus valorisés de notre société, à savoir un emploi. Bien que l’importance du travail ait connu quelque remise en question, il n’en reste pas moins qu’il demeure une valeur première permettant aux individus de se définir au sein de nos sociétés méritocratiques. Autrement dit, la reconnaissance sociale passe forcément par une reconnaissance professionnelle.
Ensuite, les chômeurs ont conscience d’appartenir à un groupe particulier, mais la majorité d’entre eux déclarent ne pas aimer en faire partie. Cela est probablement dû au fait qu’un stéréotype négatif lui est associé. Qui n’a jamais pensé que les chômeurs étaient oisifs et se complaisaient dans leur situation ! Ce stéréotype est à ce point répandu que les chômeurs eux-mêmes l’ont intégré : quand on les interroge sur la vision que la société a d’eux, ils répondent qu’ils sont perçus comme des « fainéants, incompétents et apathiques ». Ce stéréotype n’est pas sans influence sur les chômeurs. D’une part, il influe sur leurs interactions avec les travailleurs en ce sens que les individus privés d’emploi se sentent souvent réduits au stéréotype du chômeur, comme si, en raison de leur appartenance, ils avaient perdu leurs spécificités. D’autre part, ce stéréotype participe au maintien des chômeurs dans leur situation de non-emploi. En effet, le stéréotype de chômeurs déclenche des mécanismes qui, non seulement, entravent les performance intellectuelles des chômeurs, mais émoussent également leur envie d’entreprendre des recherches d’emploi ou de participer à des activités culturelles. En d’autres termes, le stéréotype du chômeur est un frein à l’insertion sociale et professionnelle des personnes sans emploi.
D’après un texte de David Bourguignon et Ginette Herman
Cerveau et psycho. N° 18– Bimestriel Novembre- Décembre 2006
Epreuve n°2- Questions de réflexion sur l’actualité
– Choisissez deux affirmations (parmi les trois proposées)
– En vous appuyant explicitement sur les éléments que vous avez relevés dans l’actualité, dégagez les axes de réflexion et construisez et développez votre argumentation en unequarantaine de lignes pour chaque question.
Objectif : évaluer votre capacité à structurer une réflexion sur les questions de société présentes dans l’actualité.
Critères de notation :
– Enoncé d’éléments d’actualité pertinents.
– Dégagement d’axes de réflexion.
– Argumentation construite et développée sur ces axes.
Questions :
1. Face à la montée des risques environnementaux globaux, les Etats continuent de privilégier les intérêts nationaux à court terme.
2. L’évolution de la notion de sécurité transforme en profondeur notre conception de la démocratie.
3. Sur une année, près d’un jeune sur deux déclare avoir pris une « cuite » ponctuelle pouvant s’avérer dangereuse pour la santé.
Prépa social – Concours Travail social – Prépa sociale – Concours Educateur spécialisé – Concours Educatrice jeunes enfants – EJE- ES- AS Paramédical – Concours Assistante sociale – Méthodologie Concours social – Sujets concours éducatrice jeunes enfants – Institut du travail social – Sujets concours assistante sociale – Annales concours social 2010 – Annales corrigées concours du social – Sujets concours educateur spécialisé – Concours amiens picardie