Concours de Psychomotricien de Loos ; session 2007. Epreuve de résumé. Durée : 2 heures

   

   

Concours de psychomotricien de Loos ; session 2007

Epreuve de résumé

Durée : 2 heures.

Au début du XXème siècle, l’idée qu’une maladie puisse se développer après un choc traumatique n’était pas évidente. Pourtant les symptômes observés chez les combattants de la Première Guerre mondiale poussèrent à s’interroger : certains soldats revenus du front étaient apathiques, et revivaient inlassablement la même scène vécue sur le champ de bataille. Les psychiatres commencèrent à parler de névrose de guerre et Sigmund Freud en fera la pivot de la pulsion de mort. Mais pour beaucoup, le névrosé de guerre était un fraudeur, un simulateur ou un lâche, animé par un désir, conscient ou inconscient, de se soustraire au combat. Derrière de telles interprétations, une vision particulière de la morale dominait : un soldat doit être dur au mal, capable d’affronter avec courage l’horreur de la guerre…

La Seconde Guerre mondiale changea la donne. les récits terribles que firent les rescapés des camps de concentration transformèrent résolument l’idée que l’on se faisait des traumatismes psychologiques. Des études sur ces rescapés, comme celle de Bruno Bettelheim, attirèrent l’attention sur la culpabilité lancinante de celui qui n’accepte pas d’avoir survécu au milieu de tant de morts – ce que l’on nommera le “syndrome du survivant”. Dans les années 1980, l’Association américaine des psychiatres, dans sa nouvelle classification des troubles mentaux (dite DSM III), introduit la notion de “stress post-traumatique”. Tout événement traumatisant peut engendrer un trouble psychologique : le névrosé est devenu une victime. C’est la naissance de la “victimologie” en psychiatrie.

Parallèlement, la notion de victime fait son entrée dans le droit. Pour l’avocat Thierry Lévy, le fait que la victime d’un dommage dispose de certains droits n’est pas nouveau et se comprend parfaitement. ce qui pose problème, ce sont les dérives du système juridique actuel, dans lequel les victimes se voient reconnaître des droits excessifs. Il y aurait désormais des catégories types de victimes : si, lors d’un procès, le plaignant entre dans une de ces catégories, alors sa parole est sacralisée. La défense de l’accusé devient donc impossible, tout le monde étant inconsciemment persuadé de sa culpabilité.

L’un de ces portraits types de victimes pourrait être l’enfant ayant subi des abus sexuels, dont l’affaire d’Outreau donne l’un des exemples les plus édifiants. L’enquête fut dramatisée : aux rumeurs succédèrent les dénonciations, puis la parole des enfants, dont les exprts reconnurent “l’entière crédibilité”… Résultat : 17 personnes accusées, alors qu’il n’y avait pas l’ombre d’une preuve tangible ! Les inculpations abusives qui suivirent (avant l’acquittement général de décembre 2005 ) doivent être imputées, affirment les magistrats Antoine Garapon et Denis Salas, à une idéologie désormais établie selon laquelle “l’agresseur ment et la victime dit vrai” : celle-ci aurait donc tous les droits. Mais l’on peut aller plus loin dans la dénonciation d’une “litanie victimaire”. Le sociologue Guillaume Erner dénonce, dans La Société des victimes, un nouvel ordre moral qui s’instaure et confère à la victime un statut sacré, puisqu’elle serait une version laïcisée des martyrs et des saints. La victime, en prenant la parole publiquement pour dire sa souffrance, susciterait la compassion d’autrui, ce qui lui permettrait d’être reconnue. Les frontières morales auraient donc bougé en moins d’un siècle : si avant, on était respecté parce qu’on taisait sa souffrance, aujourd’hui on est reconnu parce qu’on la dit .

Conséquence de ce nouvel ordre moral : des individus peuvent instrumentaliser la souffrance d’autrui pour servir leurs fins personnelles. Il faut dire que l’on assiste peut-être à l’émergence d’une sorte de substitut aux espérances messianiques globales, qui privilégie la compréhension de l’histoire à travers des drames personnels, familiaux ou communautaires, à un moment de crise du politique et de montée de l’individualisme. Ainsi se mettent en place des “communautés de victimes” grâce auxquelles certains crimes d’Etat longtemps tus peuvent aujourd’hui être reconnus (par exemple, le massacre de 300 algériens le 17 octobre 1961 à Paris ). Mais lo’n court alors le risque d’arriver à cette “concurrence des victimes” dont a parlé jean-Michel Chaumont, où chaque communauté renvendique, plus que les autres, les palmes de la souffrance. la mémoire devient-elle dès lors une “religion civile”, comme l’écrit Enzo Traverso, où chaque groupe se définit avant tout par les blessures du passé ?

Par ailleurs, les médias feraient des victimes leurs fonds de commerce, écrit encore G. Erner : ce qui se vend, c’est la compassion – les informations, et non plus seulement “la mauvaise presse” , se sont spécialisées dans les faits divers ou dans l’image voyeuriste de la victime souffrante. Enfin, les politiques eux aussi joueraient désormais sur la fibre victimaire, comem dans le cas de la mairie de Toulouse qui recueillit, via des “cellules d’écoute”, la parole des “victimes” après l’explosion de l’usine AZF le 21 septembre 2001 : la catégorie tait devenue très large puique tous les habitants de la ville yant entendu le bruit ou preçu le souffle furent considérés comme des victimes.

   

   

Régis MEYRAN ; “Les effets pervers de la victimisation” Sciences Humaines ; janvier 2007

1. Résumé

Vous résumerez ce texte en 180 mots (+ ou – 10 %) . Vous indiquerez à la fin le nombre de mots employés.

2. Questions :

a. expliquez le sens des mots ou expressions : (2 points )

– une version laïcisée de martyrs et des saints.

-instrumentaliser la souffrance d’autrui.

b. Discussion :

Débattez de la question posée par l’auteur de l’article : “La mémoire devient-elle dès lors une “religion civile”, comme l’écrit Enzo Traverso, où chque groupe se définit avant tout par les blessures du passé? ”

Prépa psychomotricien – Concours psychomoticien – Prépa psychomotricien – Concours Psychomotricien – Concours psychomotricien Lille – Paramédical – Psychomotricité – Psychomotricien- Ecole de psychomotricité – Institut psychomotricien – Etudes Psychomotricien – Annales Psychomotricien – Sujets concours psychomotricien – Annales corrigées Concours psychomotricien Lille – Annales concours lille – Epreuve Méthodologie psychomotricien Lille – annales psychomotricien gratuit – annales psychomotricien gratuit – concours psychomotricien 2007