Paris Salpêtrière 1998

Concours Psychomotricien Paris Pitié – Salpétrière
Epreuve de Français

L’épreuve de Français des psychomotriciens comporte un résumé, une discussion et des questions de vocabulaire. Selon les concours, vous pouvez être amené à traiter les trois sujets en deux heures. Il peut aussi vous être demandé de ne faire qu’un résumé.

Sujet 1: Concours Psychomotricien. Faculté de médecine Pitié-Salpétrière-Session 1998
Résumez le texte suivant en 150 mots avec une marge de + ou – 15%

La société Française était , au début de ce siècle, divisée en trois grandes classes sociales aux barrières rigides, véhiculant chacune des codes de conduite, des valeurs et des styles de vie propres: ouvriers, bourgeois et paysans vivaient dans des mondes clos et étanches. Le paysan vivait dans une société autonome, formant une véritable civilisation à part, centrée sur l’entreprise familiale, l’autoconsommation, les coutumes villageoises, le poids de la tradition et de l’Eglise. L’ouvrier vivait lui aussi dans son monde propre, avec sa conscience de classe assez nette, son langage, ses formes de sociabilité et sa psychologie. La bourgeoisie enfin, que l’on peut diviser en rentiers, industriels et professions intellectuelles, évoluait elle aussi dans une sphère à part, cherchant à tout prix à marquer ses distances avec les couches populaires. L’instruction, le savoir-vivre, la respectabilité en étaient les marques premières. Bref, à chaque classe correspondait une culture, un mode de vie, une morphologie et une psychologie propre.
En quelques décennies, ces modes de vie distincts sembelent avoir explosé sous l’action de grandes forces d’unification.

La disparition progressive du monde paysan comme “civilisation autonome” est le premier facteur d’unifiaction. En unn demi-siècle, le nombre de paysans français est passé de cinq millions à moins d’un million aujourd’hui. De plus, les paysans actuels sont devenus peu à peu agriculteurs, c’est-à-dire une catégorie socioprofessionnelle comme les autres, dont les traits distincts s’effacent. Les agriculteurs roulent en automobile, regardent la télévision, s’habillent en blue-jean…La fin de la civilisation agricole a été le premier grand facteur d’unification sociale et culturelle.

Le resserement des inégalités de revenus et la consommation de masse ont contribué à atténuer les différences. Des années 1950 aux années 1980, la France a vécu une tendance nette au resserrement des inégalités de revenus et de patrimoines. Même si cette tendance à l’égalisation des revenus s’est stabilisée depuis une dizaine d’années, l’évolution sur un demi-siècle a joué dans le sens d’une homogénéisation des conditions de vie. Il y a encore trente ans, le mode de vie du cadre se distinguait nettement de celui de l’ouvrier, l’un était propriétaire, l’autre habitait en HLM. L’un roulait en voiture, l’autre en mobylette. L’un partait en vacances, l’autre non. Les enfants de l’un allaient allaient au lycée, ceux de l’autre en apprentissage. La distinction aujourd’hui est moins tranché. L’un comme l’autre possède télévision, magnétoscope, voiture, téléphone… Ce qui distingue le cadre de l’ouvrier est moins la différence des types de consommation que le prix des produits achetés. De sorte qu’il est moins aisé de reconnaître au premier coup d’oeil un employé ou un cadre supérieur dans un supermarché.

D’autres facteurs on également joué dans le sens de l’homogénéisation: la mobilité sociale, qui a pertmis une réelle circulation entre les groupes sociaux depuis l’après-guerre; la culture démocratique véhicule également des codes de comportements égalitaires entre les individus. La télévision et l’enseignement de masse ont sans doute également contribué unifier les comportements et à diffuser une culture commune.
Faut-il conclure de ces évolutions qu’il n’existe plus de classes mais un modèle unique de mode de vie?

C’est la thèse soutenue par certains théoriciens de la “société postmoderne”. Selon un courant de sociologue anglo-saxons, fortement inspirés par des auteurs français, la société postmoderne se caractériserait -entre autres évolutions- par une disparition des anciennes classes sociales au profit d’un patchwork de “style de vie ” changeants et assez proches. Nicolas Herpin, qui s’est attaché à présenter et discuter les thèses des sociologues postmodernistes, résume ainsi une de leurs propositions principales: “A une stratification sociale hiérarchisée en un petit nombre de classes, bien distinctes les unes des autres, se substitue une structure plus floue: la nébuleuse des classes moyennes.”

“Vers l’homogénéisation de la société?”J-F. DORTIER, Sciences humaines, septembre-octobre 1995

Concours Psychomotricien Paris Pitié – Salpétrière
Corrigé de l’épreuve de Français

La population française était répartie vers les années 1900 en trois grands types sociaux aux convenances distinctes que sont la paysannerie fondamentaliste et autosuffisante, la caste ouvrière et la fine bourgeoisie.

Sous l’ascendant de plusieurs éléments, ces attributs se sont confondus. D’abord par l’appauvrissement des particularismes socioculturels de la population paysanne par le rapprochement avec le monde moderne. Puis les modifications des pouvoirs d’achat ont homogénéisé les us et coutumes et amenuisé les caractères ostentatoires d’apparat.

Cette standardisation se justifie ainsi par l’affaissement des determinismes sociaux et de la démocratisation de la culture par celles de l’école et de la télévision. Cele suffira-t-il pour avoir pour conséquence la fin des classes sociales et miser comme certains sociologues sur l’émergence d’une tradition univoque parsemée de disparités singulières?

136 mots

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