Annales concours Infirmier 2016. Ifsi Normandie. CHU Rouen. Epreuve de culture générale : Les jeux

Annales Concours Infirmier
IFSI CHU Rouen. Session 2016

Les jeux ne sont pas faits dès la sortie de l’école

Source : Ministère de l’Éducation Nationale, novembre 2014

-140 000 jeunes quittent chaque année le système éducatif sans diplôme équivalent au baccalauréat ou à finalité professionnelle

-620 000 jeunes âgés de 18 à 24 ans sans diplôme du second cycle restent durablement en dehors de tout dispositif de formation

230 000 € est le coût évalué pour la France d’un élève ayant décroché tout au long de sa vie, soit près de 30 milliards de dette contractée chaque année. ….Le taux d’échec scolaire en France n’a jamais été aussi élevé, amenuisant les espoirs d’in­sertion professionnelle de centaines de milliers de jeunes. Consciente de cette dure réalité, l’École de la 2e chance se pose comme une alternative pour ceux qui n’ont pu trouver leur place dans le système scolaire. Son but est de les aider à redevenir acteurs de leur vie pour mieux intégrer le monde du travail.

L’an dernier, plus de 800 000 enfants ont vu le jour en France. Dans trois ans, la plupart d’entre eux entreront en maternelle. En 2020, ils seront en cours préparatoire, embarqués dans la grande aventure de l’école de la République, formellement instituée par Jules Ferry en 1882. En 2032, à l’issue de 15 années de scolarisation, 150 000 d’entre eux sortiront sans aucun diplôme. Privés de ce sésame dans notre pays pour obtenir un entretien d’embauche, ils iront grossir les rangs des « NEET1 » des jeunes qui ne sont ni à l’école, ni en formation professionnelle, ni en emploi, dont le nombre est estimé à 1 900 000, et dont la moitié ont abandonné tout espoir d’insertion professionnelle.

Telle est, en tout cas, la situation actuelle : un taux d’échec scolaire de 17 %, qui constitue une bombe à retardement, à tous points de vue : économique, social, politique, moral.

Pourtant, notre système scolaire a considérablement évolué depuis sa fondation, massifiant l’accès à l’enseignement secondaire et universitaire, faisant passer la durée de scolarisa­tion de 7 à 15 années, amenant 80 % d’une classe d’âge au niveau du bac… Mais comme l’écrit Hervé Hamon2, « le niveau monte mais les écarts se creusent ». Sur ce sujet, les ana­lyses fleurissent, souvent acerbes à l’encontre d’un système d’éducation nationale que l’on connaît peu, somme toute, et pour lequel on a du mal à considérer posément, globalement comme un des acteurs de l’insertion sociale et de l’accès à l’emploi. On évoque plus rare­ment la responsabilité partagée du monde de l’entreprise qui ne cesse d’augmenter ses exigences et peine à gérer la formation continue…

Une recette simple

C’est dans ce contexte que s’inscrivent les Écoles de la 20 Chance (E2C), créées en 1997 pour offrir une nouvelle chance à ceux qui n’avaient pas trouvé leur place dans le système. Elles s’adressent à des jeunes de 18 à 26 ans, sortis sans diplôme du système éducatif depuis plus d’un an.

Le principal critère d’admission est la volonté de s’y remettre, de prendre sa vie en main ; le second critère est la capacité à travailler en autonomie dans un collectif dont on respecte les règles.

Lobjectif est de définir et de mettre en oeuvre un projet professionnel cohérent, qui fasse correspondre les aspirations du jeune avec ses compétences et avec les besoins du marché du travail local.

Le principal levier d’action, c’est la multiplicité des stages de découverte dans des entreprises, qui permettent de comprendre la vraie nature des métiers, mais aussi de tester ou de révéler des aptitudes ; ces stages s’effectuent en alternance sur des périodes de trois semaines.

Les périodes de présence à l’école sont dédiées à la réactivation de connaissances en mathématiques, français informatique et culture générale, doublées par un accompagne­ment à l’élaboration du projet professionnel et à la recherche du stage suivant ; des projets collectifs permettent de développer des aptitudes sociales et des capacités d’organisation, en même temps qu’une conscience civique.

La finalisation du parcours fait l’objet d’une Attestation de compétences acquises (ACA), un document détaillé présentable à un employeur dans le cadre d’un processus de recrutement et qui atteste réellement de compétences mises en oeuvre, au même titre que la VAE (vali­dation des acquis de l’expérience) ou qu’un passeport de compétences (France Bénévolat).

Pour cela les E2C s’appuient sur des formateurs engagés, motivés par ce combat pour la 2e chance, et sur les relais dans les collectivités locales ou dans des entreprises. Le budget des écoles provient pour 1/3 des régions, l’État contribuant pour 26 % et le Fonds social européen
(FSE) pour 16 %, et les 25 % restant correspondant à des subventions de
collecti­vités locales (10 %), à la taxe d’apprentissage (7 %) et à des dons ou
subventions. Les jeunes sont stagiaires de la
formation continue et touchent l’allocation correspondante.

Cette « recette », qui fait l’objet d’un label certifié par l’AFNOR, audité
tous les 2 ans, per­met d’accueillir 14 000 jeunes par an dans 43 E2C
françaises, pour des parcours de moins d’un an, avec un taux de sortie positive
(CD’ ou formation professionnalisante) de plus de 60 %. Les autres ne sont pas
perdus pour autant, car ils sont rentrés dans une démarche, et celle-ci
aboutira parfois plusieurs années plus tard. Depuis presque 20 ans, les E2C
prouvent que les jeux ne sont pas faits à la sortie du système scolaire.

Les entreprises, partenaires privilégiés

L’approche des E2C permet surtout d’engager le dialogue entre les
différentes parties pre­nantes de l’insertion sociale des jeunes : l’école de
la République ; les structures d’inser­tion professionnelle comme les missions
locales et Pôle emploi ; les entreprises ; et enfin, qui sont interpellées dans
leurs capacités à offrir une deuxième chance en acceptant de prendre en compte
des jeunes que la dictature du diplôme a écarté de leurs portes.

Cependant les E2C sont des structures fragiles.
Elles n’existent que localement, de par la volonté des collectivités locales et
des entreprises, sur des territoires restreints. Elles répondent à un besoin
des territoires, des entreprises, des citoyens : faire en sorte que chacun
trouve sa place dans l’emploi. À ce combat, chacun peut contribuer en ouvrant
les portes de son entreprise, en venant présenter son métier, et en venant
donner un coup de main aux formateurs, sans oublier naturellement les soutiens
financiers nécessaires pour payer les salaires et les loyers.

                                                                                                         Denis Bouchard, 1er mai 2015, lerotarien.org.

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1 NEET : Not Employement Education or Training ou jeunes qui ne sont ni à l’école, ni en formation professionnelle, ni en emploi, note le Conseil d’analyse économique du 23 avril 2013.

2 Hervé Hamon, Tant qu’il y aura des élèves, Paris, Seuil, 2014.

Questions :

1. Avec vos mots, faites une synthèse de cet article (en 25 lignes maximum) (6 points)

2. Quelle problématique soulèvent les alinéas suivants :

– 1èr alinéa de “de source…”à “…contractée chaque année”;

– 4ème alinéa de “Telle est, en tout cas…”à “les écarts se creusent” ? (5 points)

répondez avec vos mots (en 25 lignes maximum), en vous appuyant sur les données chiffrées.

3. Expliquez avec vos mots (en 25 lignes maximum) les ressorts essentiels de la “recette” de l’école de la 2ème chance qui permet d’obtenir un taux de sortie positive (en CDI ou en formation professionnlisante) pour plus de 60%des jeunes qu’ils accueillent et accompagnent”(6 points)

3 points sont attribués à l’orthographe et à la syntaxe.