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EN ERGOTHÉRAPIE – BERCK SUR MER Session 2015 – Épreuve de Français |
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Durée: 1 heure. Notée sur 20 points. QUESTION Texte à résumer en 100 mots ± 10% La rédaction de la copie sera faite d’une seule couleur d’encre. Aucun signe ni nombre ne doit figurer ni dans la marge ni dans le texte du résumé Le nombre de mots sera indiqué exclusivement en fin de texte. Confort, pour le meilleur et pour le pire On ne peut jamais rien obtenir pour rien, et la conquête du confort a été accompagnée d’une perte compensatoire d’autres choses aussi précieuses ou peut-être davantage. Un homme riche qui fait construire une maison aujourd’hui, se préoccupe en général avant tout du confort de sa future demeure. 11 dépensera beaucoup d’argent en salles de bain, en appareils de chauffage, en meubles capitonnés et autres choses du même ordre : et l’ayant dépensé, il considérera sa maison comme parfaite. Son semblable d’une époque antérieur se fût préoccupé avant tout de la magnificence de sa demeure, de la beauté en un mot, plutôt que du confort. L’argent que notre contemporain dépenserait en bain et en chauffage central eût été dépensé jadis en escaliers de marbre, en une façade grandiose, en fresques, en enfilades de salons dorés, en tableaux, en statues. Les papes du XVIe siècle ont vécu dans un méconfort qu’un modeste directeur de banque considérerait comme insupportable, mais ils avaient la Chapelle Sixtine, ils avaient leurs galeries de sculpture ancienne. Faut-il les plaindre de ce que le Vatican ait été vierge en salles de bain, de chauffage central et de fauteuils fumoirs ? Je suis porté à croire que notre actuelle passion du confort est un peu excessive. Bien que personnellement, j’apprécie vivement le confort, j’ai vécu très heureux dans des maisons privées d’à peu près tout ce que les Anglo-Saxons estiment indispensable. Les Orientaux et même les Européens méridionaux, qui ne connaissent pas le confort et qui vivent à 20 peu près comme vivaient nos ancêtres il y a plusieurs siècles, semblent se trouver fort bien de l’absence de notre appareil compliqué et coûteux de luxe capitonné. Je suis assez «vieux jeu» pour croire à une hiérarchie des choses, et je ne vois pas d’intérêt au progrès matériel, sinon ce qu’il met au service de la pensée. J’aime les appareils économiseurs de travail matériel, parce qu’ils évitent une dépense de temps et d’énergie qui peuvent être consacrés à des travaux intellectuels. J’aime le transport rapide et facile, parce que, en élargissant le monde dans lequel vivent les hommes, il élargit aussi leur esprit. Le confort possède pour moi une justification analogue : il facilite la vie mentale. Le méconfort entrave la pensée : il est difficile, quand le corps a froid et qu’il souffre, d’utiliser l’esprit. Le confort est un moyen en vue d’une fin. Le monde moderne semble le considérer comme une fin en soi, comme un bien absolu. Quelque jour, peut-être, le monde aura été transformé en un vaste lit de plume sur lequel sommeillera le corps de l’homme, tandis que son esprit se trouvera dessous, comme Desdémone, étouffé. Aldous Huxley, texte écrit en 1945 |