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FACULTE DE MEDECINE TOULOUSE – RANGUEIL EPREUVE D’ADMISSION 2012 CONTRACTION DE TEXTE DUREE: 2 heures |
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Le Prométhée définitivement déchaîné, auquel la science confère des forces jamais encore connues et l’économie son impulsion effrénée, réclame une éthique qui, par les entraves librement consenties, empêche le pouvoir de l’homme de devenir une malédiction pour lui. La thèse liminaire de ce livre est que la promesse de la technique .moderne s’est inversée en menace, ou bien que celle-ci s’est indissolublement liée à celle-là. Elle va au- delà du constat d’une menace physique. La soumission de la nature destinée au bonheur humain a entraîné par la démesure de son succès, qui s’étend maintenant également à la nature de l’homme lui-même, le plus grand défi pour l’être humain que son faire n’ait jamais entraîné. Tout en lui est inédit, sans comparaison possible avec ce qui précède, tant du point de vue de la modalité que du point de vue de l’ordre de grandeur: ce que l’homme peut faire aujourd’hui et ce que par la suite il sera contraint de continuer à faire, dans l’exercice irrésistible de ce pouvoir, n’a pas son équivalent dans l’expérience passée. Toute sagesse héritée, relative au comportement juste, était Dans ce vide (qui est en même temps le vide de l’actuel relativisme des valeurs) s’établit la recherche présentée ici. Qu’est-ce qui peut servir de boussole? L’anticipation de la menace elle-même! C’est seulement dans les premières lueurs de son orage qui nous vient du futur, dans l’aurore de son ampleur planétaire et dans la profondeur de ses enjeux humains, que peuvent être découverts les principes éthiques, desquels se laissent déduire les nouvelles obligations correspondant au pouvoir nouveau. [ … Un impératif adapté au nouveau type de l’agir humai et qui s’adresse au nouveau type de sujets de l’agir s’énoncerait à peu près ainsi: « Agis de façon que les effets d ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre» ; ou pour l’exprimer négativement: « Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité fu~e d’une telle vie» ; ou simplement: « Ne compromets pas les conditions pour la survie indéfinie de l’humanité sur terre» ; ou encore, formulé de nouveau positivement: « Inclus dans ton choix actuel l’intégrité future de l’homme comme objet secondaire de ton vouloir. » On voit sans peine que l’atteinte portée à ce type d’impératif n’inclut aucune contradiction d’ordre rationnel. Je peux vouloir le bien actuel en sacrifiant le bien futur, de même que je peux vouloir ma propre disparition, je peux aussi vouloir la disparition de l’humanité. Sans me contredire moi-même je peux, dans mon cas personnel comme dans celui de l’humanité, préférer un bref feu d’artifice d’extrême accomplissement de soi-même à l’ennui d’une continuation indéfinie dans la médiocrité. Or le nouvel impératif affirme précisément que nous avons bien le droit de risquer notre propre vie, mais non celle de l’humanité; et qu’Achille avait certes le droit de choisir pour lui-même une vie brève, faite d’exploits glorieux, plutôt qu’une longue vie de sécurité sans gloire (sou la présupposition tacite qu’il y aurait une postérité qui saura raconter ses exploits), mais que nous n’avons pas le droit de choisir le non-être des générations futures à cause de l’être de la génération actuelle et que nous n’avons même pas le droit de le risquer. Ce n’est pas du tout facile, et peut-être impossible sans recours à la religion, de légitimer en théorie pourquoi nous n’avons pas ce droit, pourquoi au contraire nous avons une obligation à l’égard de ce qui n’existe même pas encore et ce qui « de loi »ne doit pas non plus être, ce qui du moins n’a pas droit à l’existence, puisque cela n’existe pas. Notre impératif le prend d’abord comme un axiome sans justification.” Hans JONAS, Le Principe responsabilité: une éthique pour la. civilisation technologue (1979), trad. J. Greisch, |
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Sujet: Vous résumerez ce texte en 170 mot (± 10 %). Vous indiquerez le nombre de mots utilisés On appelle mot, toute unité typographique signifiante séparée d’une autre par un espace ou un tiret.
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