Concours d’Assistant de service social de la région Midi-Pyrénées ; session 2005
Durée : 4 heures
Document 1 : Naissance citoyenneté.
Les Maisons de la Naissance : un choix personnel, chargé de remises en questions sociales et politiques. Mais à l’insu des acteurs, vecteur de l’économie libérale ? Comment se positionner pour que l’équité des soins perdure ? Pour échapper à la médecine à “deux vitesses” dont nous voyons se profiler les prémisses ? Comment dégager les conditions d’une naissance qui garde la charge émotionnelle et affective avec les garanties de sécurité et de respect ?
D’aucuns prétendent qu’une grossesse et un accouchement bien accompagnés échappent à la douleur insupportable, je ne partage pas cette certitude, en particulier pour la naissance du premier enfant : la douleur et sa perception sont d’une grande diversité et complexité.
Les Maisons de la Naissance peuvent être ce lieu où les couples se donneront les moyens de mettre leur enfant au monde en échappant aux contraintes de l’époque . Des sages-femmes vont pouvoir exercer leur métier dans toute la plénitude de leur Art.
Il y a là un convergence d’intérêts. Une minorité de sages-femmes, par choix, échappe ainsi à la dépendance et la soumission du pouvoir des médecins, que représente l’accouchement sur un plateau technique.
Il est possible que l’État français, malgré l’opposition des médecins obstétriciens, accepte ce mode de naissance, non sur les arguments d’humanité mais sur le coût de revient réduit (la stratégie des Pays-Bas, avec ses meilleurs résultats, reste un exemple de réussite) . Les responsables politiques savent que ce souhait de Maisons de la Naissance est marginal pour le moment.
L’État devrait être tenu de respecter les normes dégagées de la vison médicale, à une période donnée. Il définit les moyens pour faire appliquer la conformité. Mais il faut les moyens…
L’État se désimplique actuellement du service public dont la Santé, aux coûts soi-disant élevés.
Est-ce possible d’imaginer qu’il se désolidarise peu à peu des valeurs d’équité, d’égalité ?
Dans ce scénario d’économie libérale, nous pouvons imaginer le développement du marché privé des assurances pour couvrir les Maisons de la Naissance où l’accouchement se déroule à bas coûts.
Il y aurait ceux qui ont les moyens financiers de choisir la naissance de leurs enfants et la grosse majorité de la population qui a la maîtrise de peu de choses…
Conclusion.
Je ne pense pas que l’accouchement dit “naturel” représente pour les femmes une revendication générale comme le fut celle du droit à la contraception et l’avortement il y a 30 ans, et ceci pour plusieurs raisons :
Le droit à la contraception et l’avortement pour toutes recouvrait un intérêt général ; il s’agissait de l’émancipation des femmes…
Les femmes et les hommes sont, pour la plupart, confrontés à la maîtrise de la procréation de la puberté à la ménopause, c’est une préoccupation permanente. Cette lutte fut soutenue par un réel mouvement social malgré les clivages idéologiques…
La grossesse et l’accouchement, eux, représentent une à quelques années dans la vie d’une femme, d’un couple. De plus, la majorité de la population veut mettre au monde ses enfants dans les meilleures conditions possibles de sécurité. Actuellement, la médecine la plus technique est considérée comme la plus sécuritaire. Les femmes ne sont pas prêtes à contester ce qu’elles subissent dans leur corps quand le discours médical leur promet le risque proche de “zéro”.