Concours d’entrée d’Éducateur spécialisé ; session 2003
Épreuve de synthèse de documents.
Durée : 3 heures.
AUX SOURCES DU SENTIMENT D’ INSÉCURITÉ
En janvier 2002 était rendu public le chiffre officiel regroupant tous les actes délictueux enregistrés en 2001, largement repris par les médias. Et pour cause : pour la première fois, le seuil des 4 millions de crimes et délits recensés en un an était atteint, marquant ainsi une augmentation de près de 7,7 % par rapport à l’année précédente. Notre pays serait-il tombé brusquement dans une spirale délinquante, avec Paris en Chicago du XXIème siècle ? On peut l’imaginer si l’on en croit l’abondance de sujets sur la délinquance, le sentiment d’insécurité et la violence des jeunes qui paraissent régulièrement dans la presse, ou dans les émissions de société des chaînes françaises.
Laurent Mucchielli, chercheur au CNRS / Cesdip ( Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales ), rappelle que certains médias en font “un usage délibérément alarmiste”, quand “d’autres les traitent de façon plus neutre, mais les utilisent tout autant”. Les explications du chiffre, “dévoilé” chaque année à la presse, sont elles aussi connotées : “Selon le contexte politique et social du moment, ses consignes politiques, les éventuelles pressions corporatistes qui s’exercent sur lui, le ministère (de l’Intérieur) donne une interprétation globale de ces chiffres dont, d’ailleurs, il existe toujours une façon de tirer avantage : si la délinquance a augmenté, c’est signe qu’il faut accorder plus de moyens aux policiers pour l’endiguer ; si elle a baissé, c’est signe que la police fait de mieux en mieux son travail”.
L’insécurité a été le thème central de la dernière campagne pour l’élection présidentielle, et trouve son dernier rebondissement dans la proposition de loi du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, qui prévoit de renforcer les pouvoirs de la police comme de la gendarmerie, et de créer de nouveaux délits pour mieux prendre en compte l’évolution de la délinquance. Bref, l’année 2002 semblait être, dans les discours politiques comme dans les discussions de comptoir alimentées par une couverture médiatique sans précédent, celle de la délinquance. Pour revenir au chiffre officiel qui paraît exercer sur les esprits “une sorte d’autorité intellectuelle évidente” (selon les termes de L. Mucchielli ) , on ne peut réellement l’analyser, le comprendre qu’en prenant compte de nombreux éléments.
Le premier d’entre eux concerne l’origine même de ce chiffre : la seule source officielle de mesure de la délinquance est celle des statistiques des faits constatés, qui correspondent à la somme des crimes et délits enregistrés par chaque commissariat, gendarmerie ou antenne de police du territoire, et ayant donné lieu à un dépôt de plainte. De fait, cette augmentation peut signifier une réelle hausse de la criminalité…mais également une meilleure mesure de la délinquance. En 2001, la police de proximité s’est développée, les procédures de dépôt de plainte ont été simplifiées, ce qui a pu avoir pour effet d’encourager un plus grand nombre de victimes à se faire connaître des forces de l’ordre…et donc par voie de conséquence gonfler le chiffre, sans marquer pour autant une explosion des délits effectivement commis.
Des outils de mesure à croiser
Deux autres sources, elles aussi imparfaites, permettent de compléter les chiffres officiels, et ainsi de disposer d’éléments de comparaison ; les enquêtes sur les victimes dites de victimation et celles sur les auteurs des délits (appelées enquêtes de délinquance autodéclarée ). Les enquêtes de victimation permettent de constater que les individus ne déclarent pas systématiquement les délits subis. Les vols de voiture ou les cambriolages sont signalés aux forces de l’ordre dans une proportion beaucoup plus large que les vols avec violence ou les agressions sexuelles. Les dégradations, qui relèvent des incivilités, sont également très peu signalées, de l’ordre d’un quart. Les statistiques officielles sont-elles à ce point biaisées, le décalage entre la délinquance “réelle” et sa partie connue si important qu’elles en deviennent faussées ? Pour Sébastien Roché, chercheur au Cerat (Centre de recherches sur le politique, l’administration, la ville et le territoire ), “il semble que non. En effet, les propensions à porter plainte pour les actes les plus fréquents (vols, agressions ) ne varient pas nettement au cours du temps.” Les statistiques doivent donc avant tout être prises comme un moyen utile pour estimer l’évolution de la délinquance et de ses visages, et non comme son reflet exact.
Même si les chiffres officiels doivent être manipulés avec d’infinies précautions, certaines tendances semblent se dessiner. “On a certes longtemps contesté la fiabilité des statistiques officielles. Reste qu’elles permettent de constituer des séries, qui mettent en évidence une tendance générale à l’augmentation” de la criminalité. Le chercheur souligne ce qui à première vue semble paradoxal : la montée de la délinquance, qu’on peut situer au milieu des années 1950, est indépendante du contenu économique, puisqu’elle coïncide avec les années de reconstruction et de croissance. Et depuis le milieu des années 80, elle semble stagner, alors que cette décennie a été marquée par la montée du chômage et de l’exclusion.
Pour s’en tenir à la période 1975 – 1998, deux grandes lignes ressortent dans l’évolution de la délinquance : une explosion du nombre de vols, et une augmentation, certes moins remarquable, des agressions. Les vols constituent à l’heure actuelle la majorité des délits enregistrés (la dernière tendance porte sur le vol de téléphones portables). Déjà multipliés par six entre 1950 et 1975, ils sont passés de 1,2 million en 1975 à 2,3 millions en 1998.
Explosion des vols, augmentation de la violence
La délinquance d’appropriation est donc un phénomène d’une grande ampleur, mais il faut souligner que cette croissance connaît un tassement depuis le milieu des années 1980 (1984 et 1998 ont connu un nombre de vols équivalent). Les enquêtes confirment, et ceci malgré un fléchissement de la tendance des victimes à porter plainte, que cette forme de délinquance stagne, mais à un niveau très élevé qui en fait un risque très répandu. Pour deux chercheurs du Cesdip, Philippe Robert et Marie-Lys Pottier, plusieurs éléments sont à prendre en compte pour comprendre cette “flambée prédatrice” : une socialité beaucoup plus éclatée que dans le passé : la course à la consommation de masse accompagnée d’une baisse du respect de la propriété individuelle ; une occasion de prédation facilitée par l’effondrement de la surveillance -privée et publique- des biens ; enfin un désintérêt des pouvoirs publics pour cette “petite” délinquance. Il faut également noter que la délinquance en col blanc et les fraudes – escroqueries, fraude fiscale, abus de biens sociaux – ont leur part de l’augmentation des délits enregistrés.
En revanche, les atteintes aux personnes (agressions, meurtres…) connaissent une augmentation particulièrement vive depuis le milieu des années 1980, même si elles ne représentent qu’une part assez marginale des délits enregistrés : 6,5 % en 1998. Ce qui permet à S. Roché d’avancer l’idée que “l’installation durable dans la crise semble pousser à des comportements violents. (…) La frustration économique semble se traduire plus par de l’agressivité (…) que par des comportements “acquisitifs” “. P. Robert soulève une autre hypothèse : et si la violence des zones urbaines sensibles n’était que la forme paroxystique d’un mal latent dans la société” ? De fait, précise-t-il, la violence n’est pas l’apanage des quartiers de relégation. les enquêtes de victimation montrent qu’elle est très diffuse, se jouant sur plusieurs scènes ; espace privé, cadre professionnel, voie publique…
Pour résumer, “deux différences de taille distinguent la délinquance d’appropriation de celle de la violence : celle-ci se développe depuis récemment tandis que celle-là a fait le plein plus tôt ; la seconde demeure, dans l’ensemble, assez rare tandis que la première est très répandue.” Il souligne aussi que pour des raisons liées à des changements des politiques publiques et du droit, les enregistrements policiers “sous-estiment la stagnation de la délinquance acquisitive comme ils surestiment, en tendance, l’aggravation récente de la violence”.
L. Mucchielli nuance également cette augmentation des atteintes aux personnes : “contrairement à une idée très répandue, les violences les plus graves ne sont pas de plus en plus fréquentes dans la société : on ne se tue pas plus aujourd’hui qu’il y a trente ans. Quant à savoir s’ il y a davantage de viols, aucun chiffre ne permet d’y répondre avec certitude. En revanche, les formes moins graves de violence, les “coups et blessures volontaires” augmentent beaucoup dans la société française, notamment depuis la fin des années 1980″, principalement du fait de personnes jeunes, issues de quartiers populaires.
Sentiment d’insécurité : fantasme ou réalité ?
En tout état de cause, ces données ne font que nourrir ce fameux “sentiment d’insécurité”, qui a pris ces dernières années une place majeure dans les discours sur la délinquance. L’essor de cette notion date du milieu des années 1970, avec la création par le président Valéry Giscard d’Estaing d’un Comité sur la violence, la criminalité et la délinquance, et elle occupe une large place dans les rapports Peyrefitte (1977) et Bonnemaison (1982).
Le débat sur la réalité de l’insécurité battait alors son plein. P. Robert précise que ses termes ont eux-mêmes profondément changé depuis le XIXème siècle : la criminalité est désormais considérée comme un risque de masse qu’il faut maintenir sous contrôle, et donc appréhender en termes de sécurité. A cette époque, la notion de sentiment d’insécurité était très critiquée : dans Histoire de la violence en Occident de 1800 à nos jours (Laffont ; 1981), l’historien Jean-Claude Chesnais estimait qu’il ne serait pas plus légitime de tenir compte du sentiment d’insécurité dans l’orientation d’une politique pénale que de la perception de l’inflation pour une politique économique.
D’autres ouvrages parus au début des années 1980 font la part belle à la composante imaginaire, dégagée de fondement concret. Des recherches originales menées au même moment ont tenté de rechercher, sans succès, une manœuvre des médias ou du pouvoir, destinée à masquer la réalité des problèmes sociaux ou économiques. Plus généralement, un consensus se fait à l’époque pour estimer le sentiment d’insécurité démesuré au regard des risques encourus. Il continuera à être considéré, jusqu’au milieu des années 1980, comme un fantasme. A l’heure actuelle, le sentiment d’insécurité a gagné en légitimité, et a fait son entrée dans les discours politiques de gauche, au nom de l’égalité des citoyens, alors que l’insécurité est restée longtemps affiliée “sujet politique de droite”. Preuve en est le colloque de Villepinte, en 1997, qui a abouti l’année suivante à la mise en place de “contrats locaux de sécurité”, reposant sur un diagnostic dans lequel le sentiment d’insécurité, comme la délinquance et la criminalité, est évalué .
Insécurité, entre peur et préoccupation
Or sentiment d’insécurité et délinquance effective sont-ils à ce point imbriqués ? Le premier est-il la conséquence directe de la seconde ? C’est surtout depuis les années 1990 que les recherches françaises tentent de mettre en lumière les liens entre délinquance et sentiment d’insécurité, avec les travaux de Hugues Lagrange ou encore Dominique Duprez. Il semble que le fait d’avoir été victime d’un acte criminel, ou bien d’être exposé au risque délinquant, influe sur le sentiment d’insécurité, tout comme l’état des relations sociales.
Les études françaises de ces dernières années se sont également intéressées, pour mieux l’analyser, aux deux facettes du sentiment d’insécurité : la peur de la délinquance (pour soi et ses proches) et la préoccupation (de la gravité du problème ). La peur dépend de la plus ou moins grande vulnérabilité ressentie : une personne âgée ou une femme peuvent être plus effrayées par la perspective d’une agression, si la première imagine les séquelles physiques ou la seconde y superpose la possibilité d’un viol. Ce qui peut expliquer que les personnes âgées comme les femmes, qui ont le plus faible risque objectif de victimation, éprouvent néanmoins le plus fort sentiment d’insécurité. Il existe une disjonction entre la peur et le risque, mais qui n’est pas pour autant irrationnelle ou fantasmée. Une enquête menée en 2001 par M.-L. Pottier, P; Robert et R. Zauberman montre que de nombreux facteurs interviennent de manière fragmentaire dans la peur : dans une même population, les réponses varient énormément en fonction du contexte (le soir dans la rue, dans les transports en commun, chez soi ou pour ses enfants ) . Ainsi, “sous son aspect peur, l’insécurité dépend bien de l’exposition au risque de victimation, même si la perception que l’on en prend – et donc l’intensité de la peur- est filtrée par des éléments de vulnérabilité”.
Pour L. Mucchielli, “la peur n’est pas liée seulement à la probabilité d’être victime, mais aussi à la perception que l’on a du monde social ainsi qu’ “aux capacités de réaction et de protection dont on dispose”. La préoccupation sécuritaire – apparue dans les années 1970, “précisément au moment où la société de plein emploi commençait à s’effriter” – a pris une importance accrue ces trois dernières années : plus de la moitié des personnes interrogées dans les sondages considère que la priorité gouvernementale doit concerner la violence et la délinquance, alors qu’entre 1974 et 1988, ils n’étaient en moyenne que 15 %. Si la préoccupation n’est pas la même selon la sympathie politique (plus forte à droite qu’à gauche) , le niveau d’éducation (plus il est élevé, moins la préoccupation devient forte ), on peut noter, à la suite de P. Robert; qu’elle tend à se propager dans des milieux sociaux jusque-là peu disposés à y adhérer.
En revanche, l’expérience de victimation ne semble pas varier la préoccupation sécuritaire ; avoir été victime ou non ne la fait pas sensiblement varier. “Ce n’est pas l’expérience personnelle qui la nourrit, ni même l’anticipation d’un risque élevé. Elle est abstraite : la délinquance n’est pas considérée comme un risque personnel mais comme un problème social”. Une autre différence entre peur et préoccupation provient du moment où elles se sont constituées en problème social”. Comme le souligne P. Robert, “on peut dater des années 1980 l’irruption significative de la peur, celle de la préoccupation remonte vraisemblablement au milieu de la décennie précédente. Voilà qui ne conforte guère le schéma qui ne voit dans celle-ci que de la peur consolidée : la délinquance produirait de la peur qui ,en s’accumulant, se transformerait en préoccupation”.
Le poids des incivilités
Les année 1990 ont vu également la mise en accusation des incivilité. S. Roché insiste sur leur importance dans la montée du sentiment d’insécurité. Par incivilité, il faut entendre dégradation des locaux, bris de vitres, injures, qui “remettent en cause l’idée de l’existence d’un “monde commun”, (…) l’idée qu’il y a une vie collective possible, fondée sur l’échange, la communication, le respect mutuel”. Dans cette perspective, la notion d’incivilité se définit par rapport aux conséquences sociales sur la cohésion d’un quartier. Cette baisse de confiance dans les liens sociaux serait confortée par la crise des institutions, comme l’État ou l’ Église. S. Roché insiste fortement sur l’aspect numérique des désordres : “ils ne choquent pas moralement mais souillent, humilient lorsque leur fréquence est très importante. Ce n ‘est pas l’incivilité qu’on ne supporte pas, mais son accumulation.” Selon lui, les incivilités, le sentiment d’insécurité et la violence sont étroitement liés : plus d’incivilités, c’est plus de sentiment d’insécurité, plus de défiance à l’égard des institutions et, à terme, plus de délinquance”.
Ce n’est que récemment que les incivilités ont été prises en compte, dans la recherche sociologique comme le discours politique, pour la compréhension du sentiment d’insécurité. Mais les données empiriques ne vont pas toutes dans le même sens. Si certains travaux, menés notamment dans le monde anglo-saxon, semblent indiquer que les personnes vivant dans des quartiers subissant les incivilités sont plus inquiètes quant à leur sécurité et celles des autres résidents, d’autres études n’ont pas fait état de l’influence des signes d’incivilité sur ce sentiment. En France, S. Roché a mené deux enquêtes quantitatives, l’une à saint-Etienne en 1995, l’autre à Romans en 1998, afin de mesurer les effets sociaux des incivilités. Ses résultats semblent conforter l’idée que la mesure des incivilités affecte celle du sentiment d’insécurité”.
P. Robert atténue la portée des incivilités dans la réflexion sur l’insécurité : “l’invocation des incivilités ne sert guère une analyse globale de l’insécurité : celle-ci ne se limite pas aux “banlieues”, tant s’en faut ; les données disponibles sont trop récentes à l’échelle nationale, trop fragmentaires aussi et trop hétérogènes pour prétendre rendre compte globalement d’un phénomène dont l’irruption remonte maintenant à un quart de siècle”.
A l’heure actuelle, si l’on peut admettre le rôle joué par les incivilités dans le sentiment d’insécurité, les études de ce type ne permettent pas de répondre aux questionnements critiques de P. Robert : “entend-on que l’incivilité favorise la délinquance, ou bien qu’elle accroît la perception du risque délinquant (dans un quartier à l’abandon, on craindrait davantage l’agression ) , ou encore qu’elle produit directement de l’insécurité – celui qui affirme avoir peur de sortir le soir dans son quartier manifesterait (…) une préoccupation plus générale envers la médiocre qualité de son environnement local, ou enfin qu’elle agit simultanément sur le crime et sur la peur ? ”
Laissons au chercheur le soin de conclure sur le sentiment d’insécurité : “l’inertie des autorités publiques devant une délinquance en plein essor produit, on le constate, des efforts propres et directs – d’abandon chez les uns, d’impunité chez d’autres – en dehors et avant toute cristallisation d’un éventuel sentiment d’insécurité. Et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est aventureux de chercher à dériver de ce dernier toute l’analyse des problèmes criminels : l’insécurité est une conséquence (éventuelle) , pas un point de départ. Après avoir trop négligé l’étude de l’insécurité, on lui a peut-être accordé ces dernières années, une place trop centrale, ce qui a conduit à ne prendre qu’une vue approximative ou floue de paramètres bien plus importants”.
Violence, délinquance, incivilités, sentiment d’insécurité semblent donc étroitement liés, mais la nature même de ces liens, certes de mieux en mieux connue, reste floue, de grandes zones d’ombre demeurent. De plus, la cristallisation actuelle des discours politiques sur ce phénomène ne doit pas faire oublier que les indicateurs comparatifs, même imparfaits, font état d’un risque délinquant français qui “reste globalement dans une pâle moyenne européenne”. Néanmoins, la délinquance existe, tout comme le sentiment d’insécurité, et appelle une nécessaire mobilisation des pouvoirs publics. Prévention et / ou répression ? Cette question ouvre la voie à un autre débat.
Gilles MARCHAND ; Sciences Humaines ; hors-série numéro 39, décembre 2002 – janvier / février 2003
Questions :
1. En une dizaine de lignes, vous reformulerez les principales idées de ce texte (8 points) .
2. Quelles réflexions vous inspirent ce texte ? Vous développerez vos idées sous la forme d’un essai structuré de 2 à 3 pages. il ne s’agit pas de paraphraser le texte mais de donner votre point de vue (12 points)
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