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Sujet d’annales IFSI : Besançon 2012 Culture General Durée : 2 heures |
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1. ……………………… Pour ceux et celles qui n’auraient pas suivi, le docteur Dukan propose, entre autres, l’instauration d’une option « poids d’équilibre» au bac, Le principe est simple, il s’agit d’accorder des points aux élèves ayant un IMC (indice de masse corporelle) compris entre 18 et 25, soit la majorité des élèves, sur toute la durée du lycée. Pour cela, les élèves seront pesés deux fois par an durant trois ans (imaginez les élèves se rendant à l’infirmerie pour leur pesée bisannuelle … quelle horreur !), Mais ne nous trompons pas, « pour éviter toute discrimination, et même avantager ceux qui se trouvent en dehors de ces limites, une simple progression constante vers le poids d’équilibre (100 g par trimestre) » suffirait à faire gagner des points. Nous voilà rassurés, cette mesure n’est donc pas discriminatoire ! 2. ……………………… Ce qui me surprend le plus, c’est comment un homme intelligent et d’une telle réputation puisse proposer une mesure aussi aberrante et discriminatoire. Ça m’a aussitôt fait penser au film Bienvenue à Gattaca où seuls ceux qui ont un patrimoine génétique impeccable peuvent réussir professionnellement et personnellement. Certes la comparaison est un peu poussée puisque nous n’avons pas de prise sur nos gènes tandis que nous en avons (du moins pour la plupart des gens) sur notre poids, mais le principe de récompenser un poids corporel sain est le même. Bien que la génétique ne soit pas le principal facteur de l’obésité, il existe cependant, pour certains cas, un lien avéré entre hérédité et obésité. Des gênes favorisant l’obésité ont été mises en évidence. Certes nos génomes n’ont pas changé au cours des dernières années, donc l’augmentation constante de l’obésité et du surpoids est en grande partie due à nos changements d’habitude de vie (alimentation et sédentarité). Ce problème de santé publique doit donc encore plus être pris à bras-le-corps par les pouvoirs publics. L’objectif du docteur Dukan est d’éduquer les jeunes à la nutrition (il propose également six modules d’une heure de formation à la nutrition opérationnelle, la cuisine et l’activité physique). En soit cette idée est louable mais est-ce là vraiment l’éducation nutritionnelle que l’on veut leur donner? Il faut avoir un IMC compris entre 18 et 25 pour avoir un corps mince et en bonne santé. Le risque de réduire la nutrition à une notion de poids « correct» est de favoriser les troubles des comportements alimentaires, à un âge particulièrement sensible pour le développement de ces troubles. D’après un rapport de l’Académie nationale de médecine, l’anorexie « est en augmentation dans nos pays où le corps est affiché partout et où la minceur fait figure d’idéal ». Dans son rapport, datant de 2002 (il y a 10 ans, on peut donc imaginer que les chiffres ont augmenté depuis), l’Académie souligne que l’anorexie touche 1 % des adolescents avec une forte prédominance féminine (6 à 10 filles pour 1 garçon) et la boulimie 1,1 % des filles et 0,2 % des garçons. Bien que ces chiffres puissent paraître faibles par rapport à ceux de l’obésité – 31,9 % des Français de 18 ans et plus sont en surpoids (25 ≤ IMC < 30 kg/m²) et 14,5 % sont obèses (IMC ≥ 30 kg/m²) (enquête Obépi-Roche 2009) – il ne faut cependant pas les négliger. L’Académie de médecine rapporte également une fréquence élevée et en augmentation d’anomalies du comportement alimentaire, autres que l’anorexie et la boulimie. Aux États-Unis, 40 à 60 % des filles de 17-18 ans suivraient un régime et 13 % se font vomir ou prennent des laxatifs, diurétiques ou coupe-faims pour perdre du poids. La tendance est la même pour la France. 3. ……………………… Personnellement, ces tendances au développement des troubles alimentaires m’inquiètent tout autant que l’augmentation du surpoids, et sont à prendre en compte également par les pouvoirs publics. Enfin après les inquiétudes éthiques, discriminatoires et comportementales soulevées par cette proposition, j’en viens à une considération purement scientifique. Cette option « poids d’équilibre» serait basée sur le calcul de l’IMC, indice de masse corporelle. Pour rappel, l’IMC est le rapport de la masse totale (en kg) sur la taille (en m’), C’est un standard Le calcul de l’IMC considère la masse totale d’un individu sans différencier la masse musculaire de la masse graisseuse, ni la masse osseuse. Il n’est donc pas adapté à tous les individus, les muscles pesant plus lourds que la graisse, des sportifs peuvent donc être considérés comme en surpoids alors qu’ils sont en meilleure condition physique que la population générale. Le taux d’erreur de classification des personnes par l’IMC n’est donc pas négligeable. 4. ……………………… L’association entre le surpoids/obésité et la mortalité dépend de plusieurs autres facteurs qui ne sont pas non plus pris en compte par le calcul de l’IMC : le sexe, l’âge, l’appartenance ethnique, la distribution de la masse graisseuse etc. Un article publié en 2009 dans la revue Circulation fait le point sur les imprécisions du calcul de l’IMC et le risque de continuer à l’utiliser seul dans les études épidémiologiques. D’après l’ouvrage de Pierre Dukan, Lettre ouverte au futur président de la République |
Questions :
1. Reformulez la phrase en gras sans faire de paraphrase. (2 points)
2. Donnez un titre aux quatre parties et justifiez-les en 3 lignes. (6 points)
3. D’après votre opinion, résumez en 70 lignes les causes de ce culte de la minceur. (12 points)

