Annales du concours de Moniteur-Éducateur de Picardie ; session 2003
Épreuve écrite.
Durée : 1h30
Les vacances sont souvent l’occasion de rompre avec le quotidien, d’échapper à la routine, de prendre le temps de vivre, bref de se reposer et de se refaire une santé. Elles sont également un moment privilégié pour prendre de la distance et mûrir des décisions.
Ce temps libre est encore plus vital pour les personnes défavorisées qui supposent des contraintes matérielles et morales souvent pesantes. Le simple fait de changer d’environnement a enfin sa place et peut améliorer les relations à l’intérieur de la cellule familiale. ces moments éphémères ne sont pas vains car leurs effets peuvent être durables. d’autres liens, d’autres dispositions d’esprit permettent de rencontrer d’autres personnes, de changer son propre regard, d’être vu différemment par les autres et parfois de se transformer. les vacances sont souvent l’amorce d’un changement. il ne s’agit bien sûr que d’une étape dans le processus de réinsertion sociale. mais elle est parfois déterminante. la poursuite et la réussite de cette harassante recherche d’un emploi paraissent alors normales. Mais partir hors de chez soi semble incongru lorsque l’on dispose de peu de moyens. les pauvres ,souvent prêts à faire des démarches pour envoyer leurs enfants en colonies, envisagent rarement leur propre départ. il est donc essentiel de les y inciter. Mais le rôle du travailleur social ne s’arrête pas là ; il doit les aider à vaincre leurs appréhensions, celle, entre autres, de se faire voler le peu qu’ils possèdent.
Afin de rassurer les familles et d’éviter ces tensions latentes, les associations caritatives partenaires de l’ANCV préconisent une durée de vacances de deux semaines. Cette durée est suffisante pour se dépayser (pas de facteur, pas de facture ) ; elle permet aussi aux familles de se réadapter à leur cadre de vie sans difficulté.
Une fois l’idée du départ acquise, il s’agit de la mettre en oeuvre. les personnes défavorisées, souvent assistées, ont tendance à vivre au jour le jour. Il leur est généralemetn impossible de se projeter dans le temps. Si on ne les accompagne pas longuement on les “perd de route”. pour éviter cet abandon, il est indispensable que l’individu ou la famille s’investisse pleinement dans son projet de départ. L’établissement du budget des vacances, limité par les ressources de chacun, est essentiel.
Exprimer est un désir, c’est déjà sortir du fatalisme. Lorsqu’une personne réussit à prendre une décision, à mener un projet de bout en bout, elle commence à sortir en douceur de la logique de l’assistanat pour se prendre en charge. Elle a franchi un pas immense. Quand ces premières vacances se déroulent bien, adultes et enfants ont l’impression d’avoir vécu ensemble une véritable aventure. ils ont des souvenirs plein la tête, des histoires à raconter, comme les autres.
extrait de l’Ecole des Parents , juin 1996
1. Compréhension. (10 points)
Quelle est l’idée principale développée dans ce texte ? (15 lignes maximum )
2. Discussion (10 points)
Pour l’auteur, “exprimer un désir, c’est déjà sortir du fatalisme”. Que pensez-vous de cette opinion ? Commentez à partir d’une situation concrète (2 pages maximum).
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