Annales concours Infirmier. Limousin 2014. Epreuves de Culture Générale


Concours Infirmier 2014

Epreuve de Culture Générale

Ifsi Limousin

Durée : 2 heures

PROFESSIONNELS NON BACHELIERS 2014

Éloignement, décès, problèmes familiaux, de nombreux enfants sont privés de grands-parents. L’association Grands-Parrains met en relation des enfants qui souhaitent retrouver des papis et mamies de coeur bénévoles.

L’association Grands-Parrains

Quand les grands-parents font défaut

Cela peut être du Grand-Parrainage classique, de proximité, pour un soir ou un après-midi par semaine. Ou bien du Grand-Parrainage épistolaire. Ou encore du Grand-Parrainage de vacances. Du Grand-Parrainage francophone, lors d’échanges scolaires. Du Grand-Parrainage à temps choisi. Et pourquoi pas de l’Arrière-Grand-Parrainage !

Les grands-parents qui allaient chercher les enfants à l’école, le pépé et la mémé qui les accueillaient pendant les vacances scolaires, ceux qui refilaient une petite pièce en échange d’une course, le papi qui vous apprenait à être un homme et la mamie qui consolait les dernières tristesses, terminé.

Enfin presque. La grand-mère travaille ou est en voyage, la cellule familiale s’est dispersée aux quatre coins, et les réunions de famille sont rares. Les relations grands-parents enfants sont parfois, aujourd’hui, devenues difficiles. Souvent d’ailleurs parce que les relations entre les parents et les grands-parents sont détestables.

Depuis les années 1990 cette difficulté a trouvé une réponse : offrir des grands-parents de substitution. Cette dynamique a été actée par les pouvoirs publics en 2005 avec la mise en place d’un comité national du parrainage et de l’adoption d’un contrat modèle.

L’association Grands-Parrains existe depuis 1998, a essaimé dans de nombreux départements, s’appuie sur une éthique et des bénévoles, ne vise aucun but lucratif. Elle répond à une demande de façon sérieuse tout en gardant une dimension artisanale (300 parrainages engagés).

Effet double

Être Grand-Parrain et apporter une aide, un réconfort, une écoute, de l’amour à un enfant, c’est aussi rompre un isolement, retrouver une utilité, contacter les nouvelles générations. En aidant des petits-enfants, le Grand-Parrain s’aide lui-même. Sans doute cette raison est importante dans la détermination de Michelle Joyaux-North quand elle a décidé de s’engager dans cette voie.

L’association apporte le plus grand soin aux choix des familles pour réaliser des grands-parrainages. Une commission examine les demandes des Grands-Parrains et des familles des enfants afin de faire des choix. C’est que les relations entre un enfant et des grands-parents de substitution dépendent de nombreux paramètres, dont certains sont contrôlables, d’autres non : l’image des grands-parents portée par les parents : l’âge, l’état de santé, l’énergie, la capacité d’écoute du futur Grand-Parrain, son propre rapport avec ses propres enfants.

En l’absence des parents, le Grand-Parrain va exprimer l’autorité. Cette expression doit être cohérente avec celle des parents n’en déplaise à Super Mamy.

Réfléchir avant de s’engager

La mise en relation mérite donc d’être réfléchie. L’association, c’est son rôle, rencontre les uns et les autres, cerne les besoins qui s’expriment, s’assure des garanties de moralité des Grands-Parrains. Cette fonction de l’association est conforme à la charte du comité national du Parrainage. La charte précise que l’intérêt de l’enfant doit être apprécié, tout comme la candidature du parrain doit être examinée lors de deux entretiens dont l’un mené par un professionnel du social et de la santé.

La mise en oeuvre de la rencontre entre l’enfant et son Grand-Parrain ne doit pas être brutale mais préparée et progressive. Elle résulte d’une convention. Un accompagnement est organisé. Une évaluation annuelle est obligatoire.

Comme le disait une mère : «Je cherche pour mes enfants des personnes qui feraient office de grands-parents. Cela leur apporterait d’autre repères, d’autres modèles de référence. Et ça peut aider des personnes âgées à se sentir utile et à les sortir de leur isolement affectif. »

Michelle Joyaux-North

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