AS ES EJE PACA 2009

EPREUVE COMMUNE AS / ES / EJE
IRTS PACA
SESSION 2009
Durée 3h30

[ … ] Sur le marché de l’emploi, les jeunes et les « vieux» vivent des situations qui ne sont pas si éloignées. Les forces centrifuges éloignent les salariés des deux extrémités de l’échelle des âges professionnels. Il est préférable d’être un homme, blanc, plutôt bien diplômé et dans le début de la trentaine. Et ce d’autant plus que le marché de l’emploi est concurrentiel car la France peine à transformer la croissance en emploi, comparativement à la plupart de nos partenaires de l’OCDE. Ce problème est notamment lié à l’articulation entre la formation et l’emploi, et à l’accompagnement du potentiel des salariés par une réelle formation tout au long de la vie. La frilosité de l’Hexagone à intégrer la diversité moderne, qu’elle se rapporte au genre, à l’origine ethnique ou à l’âge (jeunes et vieux), est assez singulière. C’est une culture qui imprègne aussi les représentations et les pratiques des acteurs politiques, sociaux et économiques. Je constate que la discrimination par l’âge est latente et plutôt bien tolérée dans notre pays. Les derniers travaux d’Amadieu sur les discriminations révèlent d’ailleurs que les plus fortes discriminations sur le marché du travail concernent les quinquagénaires

Julien Damon : Après ces échanges relatifs au diagnostic de la situation française, je voudrais que vous en veniez maintenant à des pistes d’action et à des recommandations d’ordre stratégique. Que proposez-vous de faire? S’il y avait des programmes publics ou des idées originales à défendre, pour soutenir les solidarités intergénérationnelles, ce serait lesquels selon vous?

Jean-Philippe Viriot-Durandal : Premièrement, il faut une vraie pédagogie des questions sociales. La méconnaissance de ces questions chez les jeunes comme dans la population en général est patente. L’ignorance sert la peur et l’absence de confiance la conforte. Il faut une didactique des questions sociales propre à faciliter un transfert de la connaissance au-delà des cercles d’experts, en utilisant tous les types d’outils possibles, à commencer par la radio, la télévision, l’école, etc. Deuxièmement, il faut rebâtir un contrat social autour d’un État donnant des opportunités et des chances tout au long de la vie, et n’axant pas uniquement son action sur la redistribution des revenus par des allocations. Je suis favorable à la mise en place d’une véritable politique d’activation, ce qui induit des moyens, en commençant par une plus grande efficacité des services d’orientation pour les jeunes et en prolongeant l’accompagnement dans le temps. Il s’agit de permettre à nos concitoyens de se projeter dans l’avenir, quel que soit leur âge. Il faut accompagner les reconversions individuelles en fonction des besoins du marché du travail, de la volonté des salariés et de l’allongement de leur durée d’activité. Nous avons besoin d’une pensée transversale qui prenne en compte l’ensemble du cycle de vie, plus que d’une analyse segmentée par cohorte. Il me semble également légitime de recentrer le débat sur la question du pouvoir et des limites du politique, et de sa capacité à agir sur les flux économiques et sur les situations sociales. L’État doit conserver un rôle en matière de redistribution des ressources mais aussi offrir des opportunités. On ne pourra pas bâtir de politique sociale si la France n’est pas compétitive à l’international et si elle ne crée pas de richesse. Tout ce que nous venons d’évoquer dans ce débat n’a pas lieu d’être si nous continuons à perdre des marchés, si nous n’investissons pas dans la recherche et si nous ne gardons pas notre matière grise tout en orientant mieux vers les métiers techniques. Sans cela, nous serons condamnés à gérer des stocks, à réduire la redistribution à des tours de passe-passe entre groupes sociaux. Plus la manne diminuera, moins les États pourront redistribuer et plus les relations seront tendues entre catégories d’intérêts. L’équité générationnelle suppose aussi que nous renforcions les mécanismes de garanties pour la retraite des jeunes d’aujourd’hui par le fonds de réserve notamment.

Ce texte est extrait du dossier « Les jeunes dans une société vieillissante» (Revue Horizons Stratégiques, n°4, avril 2007), et présente un débat sur “Qu’en est-il des rapports intergénérationnels en France”, entre trois personnes qui ont contribué, ces dernières années, par leurs réflexions et expertises, à renouveler l’approche des relations intergénérationnelles :

– Louis CHAUVEL, professeur des universités à Sciences Po Paris, chercheur à l’OSC et à l’OFCE et membre de l’Institut Universitaire de France, est l’auteur du Destin des générations (PUF, 1998-2002) et des Classes moyennes à la dérive (Seuil, 2006).

– Jean-Philippe VIRIOT-DURANDAL, maître de conférences en sociologie à l’Université de Franche-Comté, chercheur au GEPECS, Université Paris 5, et professeur associé à l’Université de Sherbrooke, a notamment produit Le pouvoir gris. Sociologie des groupes de pression de retraités (2003) et « les Politiques de la vieillesse et solidarités sous pression », in S. Paugam (éd.) Repenser la Solidarité au XXIe siècle (2007).

– Julien DAMON, chef du Département « Questions sociales » du centre d’analyse stratégique et animateur de ce débat, qui s’est déroulé le 16 janvier 2009.

CONSIGNES:

A partir du texte ci-dessus, répondez aux consignes suivantes en 5 pages maximum (1 feuille = 2 pages) :

Repérez les idées principales du débat présenté dans le document ci-joint, commentez-les en argumentant vos propos.

Choisissez une phrase de ce débat. Après l’avoir retranscrite, indiquez en quoi cette phrase résonne avec votre projet de formation en travail social.

CRITERES D’ÉVALUATION:

Analyse, synthèse, argumentation (10 Points) :
– Bon repérage des idées principales

– Apports de connaissances, références, exemples …

– Cohérence de ces connaissances, références, exemples avec les idées développées

– Pertinence du commentaire

Inscription en formation en travail social (5 points) :

– Justification du choix de la phrase

– Principe de réalité quant aux enjeux et missions du travail social

– Pertinence du choix de la phrase par rapport au projet du candidat

Organisation et expression écrite (5 points) :

– Respect des règles orthographiques, grammaticales, syntaxiques

– Présence d’un plan

– Présentation, soin apporté à la copie