Concours d’ES- EJE de Rhône-Alpes ; session 2005
1. Expression (Coefficient 2 ; durée : 3 heures )
Nicole Pericone, pédopsychiatre, souligne que “nous vivons à une époque où les adultes jouent volontiers aux grands enfants.” Elle parle “d’un père en rollers, d’une mère qui s’habille comme une gamine”, de parents en proie, semble-t-il, à un “jeunisme” croissant.
Rapprochement des générations, confusion des générations ?
Dans quelle mesure avez-vous constaté ce phénomène ? Comment le comprenez-vous ? Qu’en pensez-vous ?
2. Questions à choix multiple (coefficient 1, durée : 1 heure 30 )
1. Lequel de ces pays est frontalier de l’Irak ?
a. L’ Egypte b. la Syrie c. Israël
2. Qu’est-ce qu’un CEF ?
a. un centre éducatif fermé.
b. un centre d’économie familiale.
c. un centre d’études financières.
3. Lequel de ces pays a, en septembre 2003, dit non à la monnaie unique (l’euro ) ?
a; la Suède b. la Norvège c. la Finlande.
4. En 2003, sur quel aéroport s’est posé le Concorde pour la dernière fois ?
a. Paris b. New York c. Londres
5. En 2005, l’Union européenne compte :
a. 13 pays b. 15 pays c. 25 pays.
6. Bernard Thibault est :
a. le secrétaire général de la CGT.
b. le patron de la firme automobile Renault
c. le secrétaire d’Etat à la Santé.
7. En mars 2003, une marche de femmes aboutit à une manifestation le 8 mars. Ce groupe de femmes s’appelle :
a. jeunes femmes insoumises.
b. ni putes ni soumises.
c. jeunesse maghrébine en colère.
8. Quel est le contraire de “intermittent” ?
a. occasionnel b. intermédiaire c. permanent.
9. Qu’est-ce que la KLM ?
a. une agence de voyages.
b. une compagnie aérienne.
c. une entreprise de construction d’immeubles.
10. José Bové est un dirigeant :
a. de la confédération paysanne.
b. de la confédération nationale des agriculteurs.
c. du cercle des jeunes agriculteurs.
11. Lequel de ces 3 hommes n’ a pas été ministre des affaires étrangères en France ?
a. Hubert Védrine b. Dominique Perben c. Dominique de Villepin.
12. Où se trouve le Parlement européen ?
a. Bruxelles b. Luxembourg c. Strasbourg
13. Quel prix littéraire a eu 100 ans en 2003 ?
a; Goncourt b. Femina c. Medicis.
14. Qu’est-ce que la présomption d’innocence ?
15. Quels championnats du monde ont lieu au Stade de France en 2003 ?
16. Qui a écrit et chanté La vie en rose ?
17. Qu’est-ce que la journée du patrimoine ?
18. Qu’est-ce qu’un service de soins palliatifs ?
19. Citez trois des dix pays qui sont entrés dans l’Union européenne en 2004.
20. En 2005, qui est le Premier Ministre britannique ?
3. Étude d’un texte argumentatif. (coefficient 2, durée : 4 heures )
Le sport abrite une vision du monde.
Plus que jamais, le sport sature notre espace et notre temps. Or, malgré ses centaines de millions de licenciés sur la planète, ses milliards de télespectateurs, son importance dans le commerce mondial, ses complicités politico-financières et son pouvoir hégémonique sur les corps, il est souvent présenté comme un jeu. Si l’on s’entendait une fois pour toutes sur la définition même du mot, si l’on arrêtait de confondre un match entre enfants tapant dans une boîte de conserve et une finale de Coupe du monde, ou un footing entre amis au bord de la Loire et une finale mondiale du 1500 mètres, la question du sport n’apparaîtrait plus si dérisoire et si innocente que ça. Car en lui s’investit une vision du monde. Le sport n’est plus ni un jeu ni une simple activité physique.
Hommes politiques, intellectuels et militants glissent sur l’institution sportive et sur ses fonctions, de peur de se désolidariser d’activités massives dites festives.
(…) Est-ce donc mépriser le peuple que de chercher à réfléchir et à désenchanter le monde du sport ? Si l’on tient pour acquis que l’intelligence devient paresseuse lorsqu’une société devient consensuelle, on comprend mieux pourquoi le sport ne fait pas l’objet de connaissances mais de croyances, d’adoration aveugle ou de rejet irréfléchi.
Dans le sillage des champions, les journalistes authentifient les performances sans poser les questions de fond. Pourquoi le sport a-t-il pris une place aussi considérable ? Qu’est-ce qui fait courir les foules derrière des athlètes et des équipes ? Comment expliquer que tant de salariés s’identifient à des champions qui gagnent en trois mois ce qu’eux-mêmes ne gagneront pas durant toute leur vie ? Pourquoi les inégalités, les mensonges et la corruption, violemment condamnés ailleurs, sont-ils facilement tolérés dans le milieu sportif ? Pourquoi ce ” fait social total ” reste-t-il un impensé ?
Dès son origine, le sport est un spectacle relayé par la presse qui, autour de lui, bricole une dramaturgie, manipule le suspense, emphatise le drame commun des humains.
(…) La popularité du sport a plusieurs raisons : d’abord, il fait naître des émotions et nul doute que la chute d’une star sur la dernière haie suivie du réconfort de sa petite famille, mari et enfants rassemblés, fera pleurer dans les chaumières. Ensuite, il est un univers simple, binaire, immédiatement parlant : en athlétisme, chaque champion “vaut quelque chose” ( des centimètres, des dixièmes de seconde ) et personne ne viendra discuter cette hiérarchie parallèle sauf en cas de dopage avéré, ce qui est peu probable compte tenu de l’impossibilité d’avoir des contrôles efficaces. Enfin, selon le discours de la sociologie officielle, le sport ” théâtralise les valeurs fondamentales de notre société” (justice, mérite ), crée du lien social et résout le problème de la quête de sens. Même s’il n’en revêt pas tous les caractères, le sport est devenu la religion des temps modernes. Comme elle, il fonctionne suivant un pôle de valeurs indiscutables et un ensemble de pratiques à prétention universelle.
Au stade de France comme ailleurs, la fonction essentielle du spectacle sportif est la manipulation des émotions de masse. c’est par le jeu des identifications collectives, de la contemplation dormitive d’exploits, qu’opère l’”opium du peuple”. Dans son refus de s’engager, le supporter sportif se crée un paradis artificiel à l’intérieur même d’une société qui le déçoit. le sport console, apaise, volatilise la lutte des classes ; il est un “briseur de soucis” . Mais à quelle oeuvre féconde la foule sportive emploie-t-elle son activité ?
En se présentant comme une zone de neutralité et non comme une institution sociale complexe, le sport évacue un peu vite tout ce qui n’est pas directement sportif. Or, traversé par les enjeux d’une conjoncture historique donnée, il est toujours politique. Mais plus encore, il est un projet politique porteur de représentations du monde de valeurs inconsciemment incorporées.
(…) Analyser le sport c’est aussi analyser la société.
M. CAILLAT ; Libération, 9 septembre 2003.
Questions : (10 points)
1. Reformulez cette phrase avec vos propres mots : “le sport sature notre espace et notre temps. ” ?
2. En référence au texte, dites en quelques lignes comment vous comprenez : ” [la presse] bricole une dramaturgie, manipule le suspense, emphatise le drame commun des humains”.
3. Comment comprenez-vous les expressions suivantes :
– identifications collectives.
-contemplation dormitive.
– paradis artificiel.
4. L’auteur énonce, dans le sixième paragraphe, trois raisons pour expliquer la popularité du sport. Quelles sont-elles ?
5. Quelle est, selon vous, la thèse principale développée par l’auteur ?
Argumentation. (10 points)
Que pensez-vous de ce que dit l’auteur à propos du supporter ( “…, le supporter sportif se crée un paradis artificiel à l’intérieur même d’une société qui le déçoit.” ) ?
Argumentez votre point de vue dans un développement d’une ou deux pages.
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