IFSI Tours 2008

IFSI Tours 2008  –  CSS

Durée : 2 heures

L’environnement dans l’assiette

Cuisiner à la maison ne serait pas plus écologique que réchauffer un plat industriel au micro-ondes, selon les chercheurs danois.
Prêt à consommer Versus petit plat maison ; de la ferme jusqu’à notre assiette lequel est le plus écologique ?
Les avis sont partagés mais les résultats obtenus par les suédois ont de quoi surprendre. Ils ont comparé l’impact environnemental d’un même repas tout au long de la chaîne de production (boule de viande, pain carotte et lait) préparé de trois manières : à la maison, prêt à consommer, (congelé) ou semi préparé (patates en sachet et viande réfrigérée) et trouvé que cuisiner à la maison n’est pas plus “vert” que réchauffer un plat industriel au micro-ondes. Si le prêt à consommer est en effet plus gourmand en énergie, les émissions de gaz polluants et le gaspillage sont supérieurs pour le repas préparé à la maison, si bien qu’au final, les différences d’impact sont très minces.
Pour diminuer les coûts environnementaux, dans tous les cas, il faut privilégier une agriculture raisonnée (production et utilisation moindre d’engrais, consommation raisonnée de diesel) et le stockage-réfrigérateur dans les points de vente, qui utilise des technologies moins polluantes et consommatrices d’énergie.

Extrait de Sciences et avenir-Sept 2005

Question : Quelles sont les réflexions que vous pouvez apporter à la lecture de ce texte ?

Le bruit au travail gêne une personne sur deux

Bruits mécaniques, voix, téléphone et musique, circulation automobile sont dans l’ordre des nuisances sonores qui dérangent le plus les Français lorsqu’ils sont au travail.
C’est ce qui apparaît dans le sondage Ipsos, publié mardi 19 février, et réalisé à la demande de l’association Journée nationale de l’audition, qui aura lieu le 9 mars, et du groupe de retraite complémentaire et de prévoyence Méderic.
Selon cette enquête, un actif sur deux se dit gêné par un niveau sonore trop élevé au travail. Sans grande surprise, les catégories les plus touchées sont les agriculteurs et les ouvriers qui travaillent dans les ateliers. Les travailleurs des commerces arrivent derrière.
La moitié des personnes gênées par le bruit se plaignent de répercussions sur la santé : nervosité (58%), baisse de l’audition (36%), maux de tête, perte de mémoire, angoisse (29%).
Des protections auditives ne sont mises à la disposition que de quatre actifs sur dix. Parmi ceux-ci, 43% les utilisent systématiquement et 39% parfois.
En ce qui concerne le dépistage auditif, 43% des actifs peuvent en bénéficier dans le cadre des visites médicales.

Le Monde – 21 Février 2008

Question : Le bruit est un problème de santé publique en France : analysez cet extrait d’article et exprimez vous sur le sujet.

Cannabis et conduite automobile, des risques insoupçonnés

(…) Comme l’alcool, le cannabis est consommé dans tous les milieux sociaux, surtout chez les jeunes (dès 16 ans). Plus de 50% des jeunes de 19 ans disent en avoir consommé, dont un tiers régulièrement (20 fois par mois ou plus).
L’Académie nationale de médecine a mis en garde contre sa banalisation :
“La tendance actuelle à sa banalisation résulte d’une information tronquée ou partiale, occultant les sévères altérations de la santé que favorisent largement les changements récents, portant aussi bien sur les modalités de consommation de cannabis que sur les produits utilisés et leur concentration en principe actif.”
(…) En 1996, des experts de la circulation estimaient déjà que les excès de vitesse et la conduite sous l’emprise de stupéfiants constituaient les deux premières causes d’accidents de trafic. Dès 1991 une circulaire européenne (entrée en vigueur en France le 1er juillet 1996) indiquait les moyens légaux pour écarter de la route les conducteurs adeptes des stupéfiants. (…)
Outre les accidents du trafic et les délits routiers, le cannabis est impliqué dans les violences sexuelles et probablement dans certains accidents du travail (avec l’alcool).

La revue du soignant en santé publique – juin/juillet 2007

Question : La consommation de cannabis est un problème de santé publique en France ; analysez cet extrait d’article et exprimez vous sur le sujet.

Maître du chien, maître de soi

Depuis 1999, date de sa création, l’association calvadosienne OSCARE (Organisation Sociale Canine d’Aide à la Restructuration de l’Enfant) a accueilli quelque 400 jeunes.
Son objectif : promouvoir, par le biais de l’animal, le développement et la restructuration des enfants et des adolescents présentant des troubles du comportement ou rencontrant des difficultés d’insertion sociale.
A son arrivée, chaque jeune choisit un chien qui sera son compagnon et dont il aura la responsabilité tout au long du séjour (1 an).
L’animal est un support éducatif, sans prendre une place disproportionnée dans la relation triangulaire éducateur/enfant/animal.
L’enfant est chargé de s’assurer du bien-être de son animal, de le nourrir, de l’éduquer…
Durant les activités, l’animal fait tampon, devient une passerelle entre l’univers du jeune et celui de l’adulte. La communication devient plus facile car les messages passent par la médiation de l’animal.
Le chien n’obéit pas ? L’enfant qui comprend pourquoi et parvient à corriger ce comportement aura fait, sans en avoir conscience un travail sur lui même. “L’enfant se sent maître de l’animal et reçoit du respect, c’est très positif” analyse G. Francequin, psychologue.
L’animal aide aussi l’équipe à rassurer, à comprendre, à expliquer et à transporter certaines valeurs humaines ou certains évènements de la vie. Ainsi, le décès d’un chien en janvier dernier a-t-il été l’occasion de travailler sur les notions d’attachement et de deuil.

A.S.H. magazine N°26 – Mars/Avril 2008

Question : Que pensez-vous de cette démarche ?

Education et société

Le Point : Selon vous, plutôt que de les envoyer chez le psy, les parents auraient dû remplir leur rôle d’éducateurs, et ce dès la toute petite enfance. Mais pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? Que s’est-il passé ?
Aldo Naouri : En toile de fond de ce “défaut d’éducation”, il y a deux événements fondamentaux, et en tout premier lieu la maîtrise totale, dès 1975, de la contraception. Je m’en réjouis, évidemment. Mais elle change tout ! L’enfant n’est plus une conséquence involontaire de la sexualité des adultes, il est un pur produit de leur volonté, placé par conséquent au sommet de l’édifice familial. et puis nous sommes passés durant la même période d’une société de pénurie à une société d’abondance. Je m’en réjouis aussi ! Sauf que, dans une société de pénurie globale comme celle que nous connaissions avant les années 70, le message intrinsèque à l’éducation était : “tu ne peux pas tout avoir”. Un statut était donné d’emblée à la frustration, à ce que les psychanalystes appellent le manque, qui est selon moi essentiel à l’éducation d’un enfant dès son plus jeune âge.

Extrait de l’entretien “Aldo Naouri aux parents : soyez autoritaires” – Le point-mars 08

Question : Etes-vous d’accord avec la position d’Aldo Naouri ? Argumentez votre réponse.

IFSI Tours – Concours d’Entrée 2008
Corrigé de l’épreuve de culture générale

Réponse texte 1 :

Cette question, par son ouverture des plus larges, est le type de question le plus risqué. Pour pouvoir “apporter vos réflexions à la lecture de ce texte”, il faut déjà, en effet, que vous montriez au correcteur que vous avez saisi ce dont il parle.Ensuite une réflexion personnelle agrémentée de connaissances en CSS sur l’environnement notamment doit compléter votre réponse.

Exemple de corrigé

Ce texte, issu du magazineScience et Avenir de Septembre 2005, nous révèle les résultats d’une enquête scientifique danoise. Celle-ci s’intéresse à la pollution suscitée par les différentes façons de préparer nos repas. Les différents procédés (cuisine traditionnelle, plats préparés ou semi-préparés ) sont donc comparés entre eux d’un point de vue strictement écologique. Les résultats des chercheurs (suédois, dit le texte!) sont assez surprenants, dans la mesure où ils obtiennent une égalité entre les différents modes de préparation. Cela après avoir étudié la confection du plat depuis le début jusqu’à son arrivée dans l’assiette. Le texte en conclut donc qu’il n’y a pas de méthode culinaire à privilégier de ce point de vue écologique et que les mesures les plus urgentes pour préserver l’environnement concernent les méthodes de production et la limitation des produits toxiques. En cela, ces chercheurs ont tout à fait raison. Le concept de “développement durable” largement employé ces temps-ci invite à préserver les ressources naturelles en vue de préserver les générations futures. La lutte contre la pollution et ses origines les plus importantes est donc une priorité. Or, nous savons que les nitrates par exemple, qui polluent les réservoirs d’eau souterrains, proviennent à plus de 60% de l’agriculture. D’où l’intérêt de les limiter. De la même façon, les CFC (chlorofluorocarbones) sont des gaz contenus dans les systèmes de refroidissement et leur effet est particulièrement nocif pour la couche d’ozone. Un changement s’impose donc ici également.

Une seconde réflexion nous vient également à l’esprit à la lecture de ce texte. Nous avions noté qu’ici les différentes manières de préparer un repas ne sont comparées entre elles qu’au point de vue de leur impact écologique. Or, les résultats obtenus de ce point de vue ne sont pas nécessairement valables du point de vue sanitaire et nutritionnel. Afin d’éviter les problèmes de santé, il est ainsi recommandé d’utiliser autant que possible des produits frais, qui ont l’avantage (sauf s’ils sont bouillis) de conserver leurs vitamines. De même, l’utilisation trop fréquente des plats préparés ou semi-préparés, surchargés en sucre,sodium ou produits conservateurs, peut avoir des conséquences déplorables sur la santé ( diabète, obésité…). La cuisine traditionnelle (à condition qu’elle soit équilibrée) possède donc un avantage sanitaire sur la cuisine préparée.

Réponse texte 2 :
Songez ici à bien ordonner votre réponse : d’un côté l’analyse du texte, d’un autre, votre expression accompagnée de votre connaissance du cours.

Exemple de corrigé
Le Monde nous rappelle ici, sous forme de résultats d’enquête, que le bruit est considéré comme une des nuisances au travail les plus importantes par les Français.Les différentes formes de pollution sonore sont ensuite classifiées selon leur origine. Cette enquête, organisée par une association et une caisse de retraite permet ainsi d’établir que 50 % des actifs considèrent le contexte du travail comme trop bruyant. L’enquête classe également ces plaintes par catégorie socio-professionnelle.
Cette enquête confirme alors le lien déjà connu entre le bruit et les problèmes de santé. Il a surtout des effets sur la nervosité. Or, n’existerait-il pas des moyens de se prémunir contre cette nuisance? Seulement 4 actifs sur 10 ont la possibilité de se protéger déclare l’enquête, mais parmi eux, moins de la moitié utilisent ces protections automatiquement.
Prévenir les conséquences sanitaires du bruit nécessiterait alors d’organiser des dépistages fréquents, par l’intermédiaire des visites médicales. Mais, là encore, il apparaît que moins de la moitié des actifs en bénéficie.
Que le bruit soit reconnu comme un danger et une cause de troubles physiques et psychologiques sans que soient mobilisés davantage de moyens pour lutter contre ce fléau peut paraître étonnant. En effet, nous pouvons constater l’importance de cette nuisance puisque l’OMS (organisation mondiale de la santé) a mis en place des procédés afin d’ y remédier. Ces derniers consistent en une prise en charge des problèmes liés à ce type de nuisance, d’une part ,et une diffusion de la documentation sur ce problème d’autre part. La loi oblige également les fabricants de machines bruyantes à réduire au maximum le nombre de décibels et les employeurs à mettre à disposition de leurs employés les moyens de se protéger du bruit. Cependant, comme nous l’indique l’enquête, cette mesure n’est pas respectée dans son ensemble. Un contrôle plus important de la part de l’inspection du travail, comme de la médecine du travail, pourrait avoir des effets positifs.
Nous pouvons conclure de cela que la lutte contre le bruit est une priorité qui doit présenter un aspect préventif (documentation, information, prise en charge…) un aspect répressif (diminution importante des causes de bruit par des contrôles) et un aspect pédagogique (faire prendre conscience du danger liés au bruit.)

Réponse texte 3 :
Vous devez ici vous attacher à déduire du texte les dangers sanitaires du cannabis dans un premier temps et ensuite, ouvrir des pistes de réflexion sur le problème que consitute ce produit.

Exemple de corrigéSi le bruit est considéré comme étant à l’origine de problèmes de santé publique, il en est de même du cannabis, comme nous le précise La revue de santé publique de juin, juillet 2007. Cet extrait commence d’ailleurs par préciser que le cannabis n’est pas spécialement consommé par une catégorie socio-professionnelle, mais que, chez les plus jeunes, il est particulièrement recherché (au même titre que l’alcool). Le cannabis a été essayé au moins une fois par la moitié de cette population, et s’avère même être une consommation quotidienne chez le tiers d’entre eux. La priorité semble donc de lutter contre l’aspect désinvolte que prend cette consommation.
Quelles en sont donc les causes? Selon l’Académie nationale de médecine, c’est la mésinformation qui est la raison principale de cette consommation généralisée. La plupart des consommateurs ignorent les dangers du cannabis, et en particulier les dangers sanitaires liés à la façon de le consommer et aux produits qui y sont ajoutés.
Mais, les dangers sanitaires ne sont pas les seules conséquences néfastes de cette consommation de drogue. Il y a plus d’une dizaine d’années, les experts établissaient déjà un lien important entre consommation de stupéfiants (dont le cannabis) et accidents de la route. Ce constat faisait d’ailleurs suite à une loi (entrée en vigueur en France la même année) interdisant la conduite routière sous l’emprise de ce produit. L’article conclut donc que le cannabis ne nuit pas qu’à son consommateur mais qu’il peut également nuire à autrui.
Tout cet article, nous semble-t-il, prend la juste mesure de l’ampleur du phénomène. Rappelons d’abord que le cannabis est considéré comme une drogue. Cette substance peut donc provoquer un phénomène d’addiction, quand bien même celui-ci serait très faible. A la longue,les effets psychoactifs du cannabis pourraient même paraître faibles à cette jeune population qui rechercherait ” l’évasion” par d’autres drogues plus dures. De plus, ce produit est, jusqu’à dernière nouvelle, illicite. Sa consommation généralisée multiplie donc également le nombre des infractions, que ce soit de la part des vendeurs comme des consommateurs. Or, cette habitude d’enfreindre la loi au quotidien et de façon quasi-revendiquée n’ a rien d’encourageant pour la citoyenneté. Nous préciserons donc un dernier danger de la consommation du cannabis dans une attitude qui accorde bien peu d’importance au civisme.

Réponse texte 4 :

Votre point de vue semble ici requis par la question. Cependant, n’oubliez pas que ce type de question demande implicitement que vous vous serviez des éléments apportés par le texte.

Exemple de corrigé

Ce texte, issu d’ ASH magazine, nous présente l’initiative d’une association qui propose d’aborder les problèmes psychologiques et sociaux de certains jeunes en faisant intervenir les chiens. Comme tout effort destiné à l’insertion des personnes en difficulté, cette tentative semble louable, d’autant plus qu’elle semble aborder les problèmes d’un nouveau point de vue, quasiment contraire aux méthodes traditionnelles. En effet, l’association OSCARE commence d’abord par confier à ces jeunes la responsabilité d’un animal. En les faisant choisir eux-mêmes leur animal. Ils doivent ensuite s’en occuper sur le long terme. Cette occupation concerne tout ce qui est vital pour l’animal.
L’enfant n’est donc pas considéré d’emblée comme en état maladif et inapte à la responsabilité. Il est à l’inverse encouragé à “oublier” ses troubles en se concentrant sur l’entretien de son animal. Mieux encore, c’est aux problèmes que l’animal peut rencontrer qu’il va s’intéresser. Il est ainsi amené à se poser des questions, à chercher à comprendre ce qui peut faire défaut dans la communication lorsque le message entre lui et l’animal ne passe pas.
Néanmoins, l’éducateur n’est pas effacé pour autant: c’est à lui que l’enfant pourra exprimer tout ce qu’il a à dire sur son animal. Cela reprend bien sûr toutes les difficultés qu’il pourra rencontrer dans son occupation (animal refusant d’obéir, ne voulant pas manger…). L’animal permet donc à l’enfant d’avoir un thème de discussion et d’échange avec l’éducateur qui l’accompagne. L’exemple final est également des plus parlants. Lors de la mort d’un chien, un des événements de la vie a pu être abordé, alors qu’il est généralement assez difficile au quotidien (et d’autant plus avec ces jeunes) d’aborder de tels sujets. Tout en passant par l’intermédiaire de l’animal, il est ainsi possible d’ouvrir un dialogue des plus essentiels avec ces jeunes et de leur faire aboder l’existence au-delà des troubles dont ils sont atteints.

Réponse texte 5 :

Pour pouvoir répondre à la question, il va de soi que vous devez déjà montrer aux correcteurs que vous avez correctement saisi ce que dit Naori. Il s’agit donc d’énoncer sa thèse et ses arguments pour ensuite les approuver ou les contredire de façon raisonnée. (et à l’aide de vos connaissances en CSS.)

Exemple de corrigé

Le texte, sans que le thème soit précisé au préalable, parle des défauts de l’éducation actuelle des enfants. Le Point exprime donc dès la première ligne ce qui semble être la position de l’auteur. Cette dernière pourrait se résumer ainsi : l’augmentation de consultations des enfants auprès de psychologues ou autres spécialistes a pour origine un défaut dans l’éducation parentale. L’auteur, Aldo Naouri, est un des pédiatres les plus réputés de France. Il pense que ce défaut d’éducation a deux causes principales. La diffusion et la maîtrise de la contraception est la première cause. Précisons que Naouri n’y voit pas un mal en soi. Il dit simplement qu’ à cause de ce moyen, l’enfant est considéré par ses parents comme le pur produit de leur volonté, et non plus comme un accident naturel. Ce “produit” est alors chéri comme aucun autre. L’enfant devient aux yeux des parents une réussite à laquelle ils ont tendance à accorder de l’importance outre-mesure. Or, nous sommes d’accord avec l’auteur pour considérer qu’il n’est aucunement bon pour l’enfant d’être sans cesse vu comme un “être suprème”. Cela donne lieu, en effet, au phénomène dit de “l’enfant-roi” , auquel les parents finissent par obéir aveuglément, alors que ce sont eux qui devraient occuper “le sommet de l’édifice familial”. L’autorité parentale, et a fortiori l’éducation, ont donc tendance à échouer sur cette volonté de vouloir combler toutes les volontés de l’enfant.
La seconde cause aggrave la première. En effet, les volontés capricieuses de l’enfant se démultiplient sous l’influence d’une société d’abondance et de consommation. Cette dernière véhicule le message que les individus ont droit à tout. Alors qu’une société plus difficile invitait à se battre pour avoir quelque chose tout en sachant que nous n’aurons pas droit à tout, la société de consommation insiste sur la possibilité de combler n’importe quel caprice. L’éducation était auparavant animée d’un manque : parents et enfants savaient et apprenaient que leur satisfaction serait toujours limitée, quoi qu’ils fassent. Le raisonnement de l’auteur nous paraît ici aussi tout à fait juste.Comme les parents revendiquent eux-mêmes ce droit à tout, ils ne peuvent pas l’interdire aux enfants. Leur éducation se fonde donc davantage sur le marchandage, les contrats, la négociation, et tout un tas de stratégies visant à séduire l’enfant pour qu’il les apprécie.Or, des séducteurs ne peuvent incarner ni l’autorité ni les normes et encore moins les repères nécessaires à la formation de l’enfant et à son insertion sociale. Encore une fois, cette politique d’éducation risque de faire se développer un nombre important de petits capricieux individualistes qui seront en grande difficulté lorsqu’ils auront à se prendre eux-mêmes en charge. D’où le conseil judicieux, selon nous, de Naouri qui invite les parents à sauver leurs enfants en insistant sur leur autorité. (cf titre de l’ouvrage de l’auteur.)

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