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Epreuve : ECRIT Vendredi 7 février 2014 de 14h à 17h
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2 sujets notés chacun sur 20 – Total sur 40 (note inférieure à 20 éliminatoire) |
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Le candidat dispose d’une seule copie pour traiter les 2 sujets de cette épreuve. Le candidat doit traiter obligatoirement les 2 sujets : le sujet 1 et le sujet 2. Sujet 1 : Facebook, accusé emblématique des réseaux sociaux Critiqué, comme Wikipédia ou les Anonymous, le réseau social le plus partagé au monde, offre des « amis », comme les « vrais ». Les « amis » de Facebook ne sont pas de vrais amis, aime-t-on penser. (…) N’est-il pas paradoxal de chérir une conception exclusive et élective de l’amitié alors que nous constatons que nos existences sont aujourd’hui construites par la multiplicité de nos rencontres ? Nous faisons payer à nos « amis » Facebook la quête insatisfaite de relations sociales « pures ». Ce culte de l’ami authentique est la solution que nous avons trouvée pour soustraire quelques rares élus du flux des relations sociales ordinaires de plus en plus soumises aux logiques du calcul, de l’accélération et de l’efficacité. Pour interpréter ce paradoxe, il faut rompre le partage si rassurant entre vie numérique et vie réelle. Car l’inquiétude sur l’authenticité de nos relations sépare beaucoup moins le réel et le si mal nommé « virtuel », qu’elle ne traverse l’ensemble des pratiques contemporaines de sociabilité. Les amitiés digitales et celles de la vie « réelle » sont étroitement enlacées. La conversation numérique ne fait, bien souvent, que prolonger des discussions ou des bavardages commencés avec la famille, les amis, les collègues. Cependant, si les « amis » en ligne sont à peu de choses près les mêmes que les amis hors ligne, les enquêtes montrent que ce ne sont pas les liens amoureux et familiaux, ceux qu’on dit « forts », qui sont au cœur des échanges sur internet. Et les réseaux sociaux signent moins la fin de la vie privée qu’ils ne sont le théâtre de nouvelles formes expressives dans lesquelles le personnel fait l’objet d’une mise en scène calculée. Ce que les réseaux sociaux transforment le plus dans la sociabilité des individus n’est ni le contact aventureux avec des inconnus ni l’échange intime avec les proches. Les réseaux sociaux ouvrent un espace désinhibé qui donne à ces relations une nouvelle chance. (…) Les classes supérieures, et c’est ce qui les caractérise, ont toujours eu un carnet d’adresses plus riche, plus diversifié, plus cosmopolite que celui des classes populaires. (…) or c’est justement ceux qui ont toujours su adroitement entretenir leur capital social sur l’air du plus grand désintéressement qui se mêlent de mépriser les pratiques calculées et insincères des nouveaux entrants dans l’ère du social networking. Comment ne pas voir que les réseaux sociaux numériques offrent à ceux qui n’ont pas les mêmes ressources de mobilité la possibilité de rendre leur vue plus excitante ? La conversation numérique avec les liens faibles décloisonne l’espace relationnel des individus. Elle leur permet d’échapper, même dans des marges très limitées, aux assignations identitaires et à la tyrannie des liens forts. Elle ouvre la fenêtre sur certaines opportunités sociales et culturelles en périphérie de leur cercle d’affinité. Comme toute conversation détendue entre proches, la plupart des échanges sur Facebook paraissent souvent futiles, conformistes ou narcissiques. Mais, comme l’a montré le « printemps arabe », il suffit de porter dans la conversation ordinaire des aspirations, des curiosités ou des désirs nouveaux, pour que de liens faibles émergent un mouvement collectif. (…) Dominique CARDON, sociologue/10 Novembre 2011 Extrait des « dossiers et documents » N°419 Le Monde mai 2012 |
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Le candidat dispose d’une seule copie pour traiter les 2 sujets de cette épreuve. Le candidat doit traiter obligatoirement les 2 sujets : le sujet 1 et le sujet 2. |