Annales concours Infirmier 2014. Auvergne sujet 1. Proposition de corrigé.



Annales concours Infirmier – Ifsi Auvergne 2014. Sujet 1


Proposition de corrigé de l’épreuve de culture Générale

Les entreprises face au fléau de l’illettrisme

Question1 :

Le sujet de cet article de Laurence N’Kaoua est extrait du journal Les Échos paru le 05/10/20010. L’auteur évoque les problématiques liées à l’illettrisme au travail. Ce terme désigne la situation de personnes, qui, bien qu’ayant suivi une scolarité, ne maîtrise ni la lecture ni l’écriture. Il se différencie donc de l’analphabétisme, terme qui s’applique à des personnes n’ayant bénéficié d’aucun apprentissage.

Laurence N’Kaoua montre bien que les personnes concernées par l’illettrisme ne peuvent pas évoluer dans leur emploi ou s’adapter à un cycle de formation qualifiant. L’illettrisme conduit le salarié à l’isolement au sein de l’entreprise d’autant que l’avouer reste honteux et humiliant.

Cependant, il n’y a pas de fatalité et dans une société fondée sur la communication, l’écriture et l’image, certains ont réussi à dépasser le tabou de l’illettrisme pour évoluer dans leurs carrières ou reconversions.

Question 2 :

L’article évoque la souffrance inhérente à l’illettrisme dans le monde du travail. En effet, les salariés cherchent à cacher leurs faiblesses dans des acquisitions basiques que sont la lecture et l’écriture ou la maitrise du calcul, en trouvant certes, des subterfuges, mais qui aggravent leur sentiment de honte.

Les salariés sont donc freinés dans leur évolution professionnelle alors que par ailleurs leurs compétences techniques sont reconnues.

Ils compensent leurs lacunes par un excès de zèle donnant l’image extérieure de salariés motivés mais se bloquant à l’idée d’évoluer dans leur poste.

Un double problème apparaît alors : gérer l’illettrisme du salarié sans entacher l’image de l’entreprise. Cela est possible comme le confirment les témoignages de Marie-Thérèse Geffroy présidente de l’ANLCI qui refuse toute stigmatisation et celui de Jacques Demers, ancien entraineur de hockey, qui a su dépasser son illettrisme en écrivant sa biographie.

Question 3 :

L’article est riche en informations chiffrées. Selon l’INSEE, 3,1 millions de français seraient concernés par l’illettrisme alors que 57% d’entre eux sont salariés. De plus certains secteurs professionnels sont plus touchés que d’autres : le traitement des déchets 18%, le transport14%, la métallurgie12%, les travaux publics 10%. Les chiffres sont lourds pourtant des mesures peuvent être appliquées pour tenter d’endiguer ce fléau.

En premier lieu, on sait que l’illettrisme augmente malgré l’allongementde la scolarité obligatoire et l’élévation du niveau général d’instruction.

Il faut donc revoir les failles dans l’acquisition de la lecture en variant les supports pédagogiques, en multipliant les heures d’accompagnement scolaire et en s’adaptant au rythme d’apprentissage des enfants.

On peut imaginer également une fréquentation plus fréquente des lieux culturels tels que les bibliothèques municipales qui proposent des ateliers de lecture ou d’écriture. Les familles doivent être investies également en permettant par le biais d’abonnements par exemple la pratique de la lecture. L’usage du boulier peut permettre aussi une meilleure visualisation des règles de calcul en permettant la visualisation des opérations.

Enfin, une évaluation à tous âges et dans tous les secteurs, enseignement primaire, secondaire, supérieur, technologique et technique, y compris dans le monde du travail et dans les associations de réintégration (structures pénitentiaires et suivis post détention par exemple) ,devraient permettre d’éradiquer l’illettrisme et les ravages à la fois sociaux mais aussi psychologiques qu’il induit.

Le rôle de l’école est donc primordial et l’alphabétisation doit être obligatoire pour permettre l’accès de tous au savoir sans distinctions de classes ou d’origines. N’est-ce pas l’idée même d’égalité qui est en jeu ?