Annales concours Infirmier – Paris / Île de France 2016. Sujet 1
Proposition de corrigé de l’épreuve de culture Générale
Sport sur ordonnance
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Question 1 : La nouvelle loi santé va permettre aux médecins de prescrire de l’activité physique aux patients atteints de maladies chroniques. Bien que plébiscitées par l’HAS depuis 4 ans, ces ordonnances alternatives ont été peu exploitées car elles nécessitent un suivi personnalisé. Depuis 2012, la ville de Strasbourg a mis en place un projet d’avant-garde qui assure l’encadrement et le suivi par des professionnels de personnes souffrant de maladies métaboliques ou de longue durée. Les quelque 900 bénéficiaires du dispositif reconnaissent le rôle déterminant qu’a joué pour eux la prescription médicale pour débuter – et continuer – la pratique du sport. Les bienfaits sur la santé sont probants, et les médecins strasbourgeois enthousiastes. Mais ce n’est pas le cas partout : les médecins restent majoritairement réticents à ce type de prescription qu’ils ne maîtrisent pas, alors qu’elle s’imposerait dans la prise en charge des victimes d’infarctus ou pour les malades du cancer. Mais pour être réellement bénéfique, l’exercice physique doit être très régulier et sur le long terme. Reste à convaincre aussi les patients pour qui « convalescence » ne rimerait pas avec « sport ». S’il réduit la fatigue, les rechutes et améliore le bien-être, le sport ne fait pas de miracle. Il a surtout un coût, ce qui constitue un écueil important pour les plus pauvres, ce à quoi la nouvelle loi ne propose pas de solution. |
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Question 2 : L’étude révèle que ce sont les Franciliens qui arrivent largement en tête du classement des Français ayant l’activité physique la plus importante avec seulement 20,3% de part de sédentaires sur son territoire. La région Île-de-France devance le Rhône-Alpes (27,6%) et le Nord Pas-de-Calais (29,8%). A l’inverse, les Corses sont parmi les Français qui ont l’activité physique la plus réduite avec 40,8% de part de sédentaires dans sa population, suivis des Limousins (37,1%) et des Poitou-Charentais (35,4%). Ces disparités entre les différentes régions ne peuvent que s’expliquer par les différences de mode de vie. A Paris et dans sa banlieue, les gens se déplacent beaucoup plus en transport en commun. Ce qui implique monter des escaliers, et finir le trajet à pied. Tandis que dans les régions sédentaires, plus rurales, les transports en commun sont moins denses, les trajets souvent plus longs et la plupart des déplacements se font donc en voiture. Par ailleurs, les structures sportives sont moins nombreuses et le niveau de vie plus bas, d’où un accès plus difficile aux activités de loisirs de façon générale. Enfin, la population y est peut-être moins réceptive aux messages de prévention. |
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Question 3 : Pour ceux qui l’ont déjà mis en place, les bénéfices du « sport sur ordonnance » sontindiscutables. Pourtant la frilosité des médecins reste présente dans la plupart des régions de France. Ce projet initié à Strasbourg devrait-il être mis en place à l’échelle nationale ? Le texte le montre bien, les bienfaits du « sport sur ordonnance » sont nombreux. Pour les malades atteints de maladies cardiovasculaires, de cancers, la pratique d’une activité sportive très régulière permet à long terme d’éviter les risques de rechute, elle favorise aussi le mieux-être physique et moral. Elle incite aussi le patient à devenir acteur de sa guérison et l’aide à se réapproprier un corps que la maladie peut avoir transformé ou fragilisé. Le sport peut venir en complément d’un traitement médicamenteux- ou parfois s’y substituer, fait important dans notre pays où nous en consommons à outrance, avec les conséquences économiques que cela implique. De plus, il peut conduire le patient à améliorer son hygiène de vie sur le long terme, puisque 70% des personnes ayant bénéficié de cette initiative ont effectivement continué leur pratique. Enfin, il est prouvé que la sédentarité nuit fortement à la santé, et le sport constitue à ce titre la meilleure des préventions. Cependant la mise en place d’un tel projet à l’échelle nationale requiert de nombreux moyens. Il faut former les professionnels : médecins, peu enclins aujourd’hui à rédiger ce type d’ordonnance, parfois assaillis par les industries pharmaceutiques, mais aussi éducateurs sportifs puisque la pratique doit être minutieusement encadrée. La généralisation impliquera aussi des lieux d’accueil et de pratique de proximité pour permettre à chacun de s’y rendre plusieurs fois par semaine. Enfin l’information devra passer auprès des patients eux-mêmes. La généralisation de ce projet à l’échelle nationale est souhaitable, elle est même un impératif de santé publique, mais elle nécessite une réelle volonté politique pour être menée à bien, avec des investissements importants et une prise en charge réelle pour qu’elle ne creuse pas encore les inégalités en matière de santé. |